Cassis

 
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 6. À corriger

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Freya


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MessageSujet: 6. À corriger   Sam 1 Jan - 18:20


Etsuya était... traumatisé. Oui, enfin... C'était une façon de parler, mais ce n'était pas loin de la réalité. Il était présentement debout, dans la salle de bain et observait son visage à la mine choquée. Il ne se détendait même pas en le faisait, alors qu'habituellement, les traits de Miya se superposaient aux siens, lui donnant la force nécessaire pour se ressaisir. Oh, certes, il voyait toujours bien son frère en lui. Mais cette fois, ça ne le calmait pas... Parce qu'il avait vu le beau visage de son jumeau dont les traits étaient déformés par la colère. Il avait entendu sa voix habituellement si douce devenir un vrai poison. Et il l'avait vu user d'une violence dont il ne le croyait même pas capable. Le jeune homme fini par se détourner de la glace. Il ouvre l'eau froide pour en déposer sur ses yeux rougits par les larmes, puis les sèche doucement avant de se refarder. Il fini d'appliquer un crayon noir autour de ses yeux plus étirés que la majorité japonaise, puis quitte la salle de bain.

Son regard se pose sur le salon qui est une réelle zone sinistrée. Des fragments de verres traînent ça et là. Les vestiges d'un vase qu'il avait offert à Miya était également en morceaux, ce qui passe près de faire remonter les larmes à ces yeux qui devaient pourtant rester sec. Ce n'était sûrement pas le moment de se laisser aller à ses émotions... Il aurait tout donné pour être avec Miya présentement, mais son jumeau lui avait affirmé qu'il voulait être seul. Et lorsque Miya prenait ce ton, Etsuya savait qu'il désirait réellement ce qu'il demandait. Aussi était-il resté ici... Encore heureux qu'il n'ait pas assisté à toute la scène. Il aurait réellement eu du mal... Un petit soupir s'échappe des lèvres sur lesquelles un peu de gloss rosé venait d'être déposé. Superficiel ? Pas présentement. Il devait être à son meilleur. Ne pas semblé abattu. Il fallait bien que quelqu'un soit fort. Et pourtant, il ressentait si bien la colère et la détresse de son frère que garder tout son bon sens était terriblement douloureux.

Finalement, après un dernier regard pour cette triste scène, Etsuya se dirige vers la chambre à coucher. Là il y trouve Sebastian. Appuyé tout contre la tête du lit, il semble être exténué. Etsuya n'a pas un sourire pour l'homme. Comment le pourrait-il ? Certes, il avait vu la violence de Miya... mais aussi celle de cet homme qui, au premier abord, semblait pourtant si doux ! La porte est refermée derrière le petit nippon qui avance jusqu'au lit, sans pour autant s'y poser. Un silence éloquant place un moment au-dessus d'eux avant qu'il ne soit rompu.

- Vous êtes de parfaits imbéciles. Des gamins à la fierté mal placée.

Sebastian était... Epuisé. Et c'était aussi bien moral que physique. Miya avait été surprit de le voir arriver en avance et son mari n'était pas le genre d'homme que ce genre de surprise savait facilement détendre. Pourtant il avait semblé ne pas trop mal prendre la nouvelle et le couple s'était plus ou moins retrouvé. Il y avait eu quelques uns de ces baisers enflammés qui ne semblaient appartenir qu'à eux, des caresses explicites qui n'avaient fait que les mettre dans une situation d'impatience terrible... Mais rien de plus. Le frère de Miya était là et effectivement, l'attention de son homme était souvent posé sur lui. Pourtant, quand ce dernier avait finit par s'absenter et qu'ils s'étaient retrouvés seuls, Sebastian avait réellement cru qu'ils allaient pouvoir enfin se retrouver. Et au fond, il était à peu près certain que Miya aussi l'espérait. Mais les choses ne se passaient jamais comme prévu entre eux. De quoi la dispute était partit ? D'une allusion simple et qui se voulait au départ amusante. Les proportions qu'elle avait prise n l'étaient pas du tout, elles...

Simplement une boutade à propos d'Etsuya. Il avait raconté à Miya la méprise de son arrivée... Visiblement, il n'aurait pas dût. Sans qu'ils s'en rende compte, le ton était monté. La tension entre eux n'était plus tant sexuel qu'électrique et aucun d'eux ne parvenait à endiguer cette situation qui, comme d'habitude, allait les laisser meurtrie et agonisant l'un comme l'autre. Incapable de se comprendre, de se parler, de s'écouter... Des objets avaient volé dans la pièce. Sebastien avait reçu un vase contre l'épaule et nul doute qu'un beau ble devait saigner cette zone. Lui même avait envoyer une gifle singlante à Miya... Et c'était à peu près là dessus qu'Etsuya était revenu à la maison. Enfin, à peu près à l'épisode du vase. Sebastian en avait profité pour quitter le salon en direction de la chambre, aussi dévasté qu'à l'ordinaire si ce n'est plus et sachant bien que Miya serait dans le même état. Mais quoi faire ? Ca ne marchait jamais...

La porte de l'entrée avait claqué et alors qu'il imaginait que les deux jumeaux avaient tous les deux dût quitter l'appartement, il en est un qui entre dans la pièce. Pas le sien, il a tôt fait de le repérer cette fois. Sebastian ne dit rien quelques longues minutes, las, et quand un reproche lui est fait il prend un air un peu plus grave.

- Si tu crois qu'on est pas assez brisé là tout de suite, je t'en prie, continu... Miya est partit ?

Etsuya renvoie un regard noir à Sebastian. Oh... mais il avait du culot, quand même ! Le jeune homme pose ses mains sur ses hanches, n'ayant visiblement pas du tout envie de céder quoi que ce soit à Sebastian présentement. Et sincèrement.. ils auraient la même conversation avec Miya ! Parce que ça n'avait aucun sens !

- Oui, il est partit. Ne joue pas les victimes, Sebastian. Vous êtes de parfaits idiots, l'un comme l'autre. Vous êtes comme ces adolescents débiles qui se pensent suicidaires mais qui, finalement, se complaisent dans leur douleur ! Il vous faut quoi au juste pour vous faire comprendre que c'est peine perdue ?! Que l'un de vous deux se retrouve à l'hôpital ?!

Sebastian claque sa langue contre son palais, levant les yeux au ciel un instant avant d'en revenir à Etsuya, ferme.

- Si je t'ai donné à un quelconque moment, l'impression que j'avais envie de parler de ça avec toi, je m'en excuse parce que ce n'est pas le cas. On ne se connait pas assez pour que ta morale et tes conseils aient un impacte réel. Va plutôt voir Miya, que ça intéresse et touche.

Ouais, il était encore un peu de mauvaise humeur malgré tout et n'appréciait pas trop s'en faire compter par Etsuya...

- Non mais je n'y crois pas ! Quel gamin absurde et borné ! Tu as quel âge, bon sang ?! Tu penses quoi ? Que je vais passer te dire coucou avant d'aller faire mes courses ?! Tu as giflé mon frère !!!! Je l'ai vu t'agresser ! Tu n'as pas DU TOUT compris qui j'étais, Sebastian. Ça me concerne, aussi insensé que ça puisse paraître !

Il lance un regard noir à l'homme, dégoûté par ce comportement de brute bornée et idiote. Comment pouvait-il ne pas voir que c'était fini avec Miya ?! Ils ne pouvaient PAS continuer comme ça !

- Je vais discuter avec Miya à son retour. Et toi, tu vas aller à l'hôtel pendant quelques jours.

Sebastian grogne... Mais ne s'emporte pas. A croire que seul Miya était capable de le faire sortir de ses gonds. Il ne bouge pas de sa place, jambes allongées devant lui, légèrement écartées et bras à présent croisés négligement sur son ventre. Son regard quitte Etsuya des yeux, parce que malgré tout, ça faisait mal de le voir et se pose sur la fenêtre. A l'hôtel ? L'idée ne le séduisait pas du tout pour être honnête.

- Pourquoi à l'hôtel ? Tu n'as aucune idée de comment les choses se passent. Miya va revenir et nous nous entendrons à nouveau très bien. Jusqu'à la prochaine dispute. Tu ne trouve pas ça triste Etsuya ? On ne s'est pas vu depuis trois mois, on pourrait tuer pour se retrouver et faire l'amour encore une fois... Mais un tout petit rien... Et tout disparaît...

Etsuya pousse un petit soupir alors que l'homme détourne le regard. Il s'approche de lui, contourne le lit pour venir s'assoir sur le bord de celui-ci, se faisant une petite place en repoussant légèrement Sebastian. Il se tourne vers l'homme, puis entreprend de déboutonne sa chemise, du moins le haut. Il lance un regard noir à Sebastian pour l'empêcher de répliquer quoi que ce soit et découvre une épaule sur laquelle un grand bleu s'étend déjà. Soupirant, il dépose la paume d'une main froide sur la blessure.

- Ce n'est pas parce qu'il y a de la passion qu'il y a de l'amour...

Il hésite un moment avant de finalement ajouter, un peu malgré lui :

- Ce n'est pas quelque chose dont je suis convaincu... Mais je crois que ça correspond un peu à votre réalité, dans le fond. Je ne dis pas que vous vous détestez... Mais parfois, la passion est très destructrice.

Etsuya revient se poser devant son regard et Sebastian est tenté de le détourner à nouveau, ce qu'il ne fait pas. Le haut de sa chemise est déboutonnée, il s'apprête à retenir les mains qui s'affairent dessus mais Etsuya l'en dissuade, venant poser une main froide sur son épaule douloureuse, le faisant grimacer avant qu'un petit rire amer ne franchisse ses lèves. Avant de répondre, il constate :

- Encore une chose que vous avez en commun... J'ai l'impression que Miya à toujours froid... Les extrêmités froides, impossible de le réchauffer naturellement...

Il soupire puis inspire profondément avant de ré-ancrer son regard à celui de jumeaux de son homme.

- Je lui ai expliqué ma méprise en arrivant ici. Le fait que je t'avais prit pour lui de dos dans la cuisine. Je ne pensais pas que ça prendrait ce genre de proportions... Vraiment pas...

Etsuya fronce les sourcils aux paroles de Sebastian. Il retire sa main, comme si cette comparaison lui avait soudainement fait peur. Il hausse ensuite les épaules, posant une main à plat sur le matelas, près d'une cuisse de l'homme. Celui-ci reprend la parole et à ce qu'il ajoute, nouveau froncement de sourcils de la part d'Etsuya.

- Moi non plus... Oh... Il ne l'aurait pas bien pris. C'est toujours un peu chiant ce genre de méprise. Mais il n'aurait pas dût tempêter plus que moi à ce sujet. Déjà, entre nous, c'est moi le "mauvais jumeau" !

Il laisse échapper un petit rire triste, comprenant que pour Sebastian, ce n'était visiblement pas le cas...

- Qu'est-ce que tu vas faire, Sebastian ? C'est important de trouver enfin une solution, une vraie cette fois.

L'accent d'Etsuya frise un peu sur ce qu'il ajoute, rendant sa phrase particulièrement exotique (non elle se fait pas plaisir la fille -)) :

;p

- Et maintenant que tu nous as vu dans la même pièce, ensemble... tu me désires toujours ? Ou bien la sensation étrange est passée...?

Sebastian ne peut que soupirer à ce qu'Etsuya lui dit, ne sachant plus trop quoi croire, quoi faire. Il observe le faciès si semblable et pourtant si différent de celui qu'il connait de l'homme en face de lui. L'américain en appréciait chaque courbe, des yeux aux bords des lèvres... Chaques petit soin apporter au maquillage, à la tenue. Et cet accent qu'il n'avait plus réellement entendu depuis longtemps.

- Tu veux la réponse franche ? Elle ne va pas te faire plaisir : oui, toujours autant. En fait, peut être même plus. Ce n'est pas de la méchanceté envers Miya... Mais outre le fait que lui et moi nous soyons prodigieusement chauffé avant de nous disputer... Tu as un tempérament qui dan une situation comme celle présente, me semble sécuritaire, voir salutaire.

Etsuya bat une ou deux fois des paupières, comme s'il s'attendait à ce que Sebastian disparaisse soudainement lorsqu'il rouvrirait les yeux pour de bon. Mais non. L'homme est toujours là à l'observer avec un soin qui, habituellement, lui plairait mais qui, cette fois, ne réussi qu'à le mettre mal à l'aise. Il déglutit avec difficulté, détournant le regard pour le poser à son tour sur la fenêtre qui donne sur un fond déjà noir. La nuit était tombée depuis un moment...

- Tu... ne crois pas qu'avec Miya, ça puisse être... une attirance physique très très forte...?

L'américain hausse les épaules avant de reconnaître à moitié :

- Peut être bien que c'est ça oui. Peut être qu'on est physiquement compatible mais spirituellement complètement opposé. Néanmoins, même si j'arrivais à accepter qu'on s'est trompé durant tout ce temps, ces années... Tu crois que Miya pourrait vivre avec le fait que je demande le divorce lui ? Tu sais comme moi que socialement, il est vraiment à la bourre... Il a du mal à gagner les gens et vit vraiment la déception comme jamais quand une personne s'éloigne. Même si on se déchire et qu'on est violent l'un envers l'autre... L'affection que je lui porte est réelle et immense. Je ne peux pas encore imaginer le blesser à ce point.

Etsuya prend le poignet de Sebastian entre ses doigts fins. Il glisse le bout de ceux de l'autre main sur la peau fine à cet endroit tout en murmurant lentement :

- Tu sais ce qu'on dit aux enfants qui portent un pansement adhésif depuis quelques jours déjà, mais qui ont peur de l'enlever alors qu'il le faut ?

Il mime alors ce qu'il dit, comme si Sebastian en avait un lui aussi.

- On leur dit le prendre un des bords... et de tirer très fort très vite. Ça fait mal ! Mais moins longtemps... et on l'oublie plus vite... Les larmes nous viennent une fois seulement, par pendant cinq minutes pendant lesquelles on souffrirait...

pas pendant

Sebastian observe les mains dans la sienne mimer comme s'il pouvait risquer de ne pas comprendre le contenu des propos d'Etsuya. Il déglutit, les larmes aux yeux, pas réellement convaincu. Il savait que c'était la meilleure solution... Mais il avait le coeur qui battait la chamade.

- Ca me manquerait. Le voir dans le labo où nous nous sommes croisé pour la première fois... Je ne lui ai même pas adressé la parole ce jour là mais je l'ai dévoré du regard tout le temps que ça a duré. Il était là, juste à quelques paillasses de moi et je "savais" que c'était lui. Alors ce n'était peut être que physique, mais cette impression, je ne peux pas m'en débarasser. Surtout pas quand je parle avec toi.

- Je ne suis pas Miya, Sebastian...

Etsuya glisse une main sur ses yeux, baissant le regard pour les cacher un moment à la vue, histoire d'en chasser les larmes qui les innodaient. Lorsque c'est chose à peu près faite, il se lève pour se diriger vers la fenêtre. Il y prend appuie, observant l'extérieur avec douleur. Il n'aimait pas entendre ces mots à son encontre alors que c'était avec le mari de son frère qu'il parlait. Il n'aimait pas ça parce qu'il se sentait chamboulé... et peut-être un peu jaloux. Il aurait aimé être Miya, dans le laboratoire, qui était dévoré des yeux par quelqu'un qui, aussitôt qu'il l'avait vu, avait nourrit une passion dévorante pour lui. Il voulait avoir cette chance ! Néanmoins, il se ressaisit assez pour reprendre la parole.

- Regarde moi... Nous sommes si différents. Et les gens les plus près d'un d'entre nous le savent plus que jamais, habituellement. Nous n'avons pas du tout le même caractère... Je... Même physiquement, on ne nous confond pas tellement nos styles sont différents...

Il aurait aimé lui hurler d'arrêter de le désirer ! Mais comment hurler sur cet homme ? Pour le moment, il en était incapable... Et ce n'était pas la première fois qu'il se faisait la réflexion.

C'était vraiment mal... Il en avait conscience... Non seulement vis à vis de Miya, de leur couple... Mais aussi vis à vis d'Etsuya qui semblait pour le moins perturbé par chacune de ses interventions. Et pourtant, c'est plus fort que lui. Peut être parce qu'ils parlaient de ce qui n'était qu'une attirance physique avec Miya alors qu'il appréciait la personnalité d'Etsuya plus qu'il ne devrait ? Peut être parce qu'il n'était, aussi, qu'un homme avec des envies et que ce corps certes différent sur la forme était vraiment semblable sur le fond à celui qui lui était permis de désirer...? En tout cas, Sebastian se lève, s posant derrière la petite silhouette. Il se penche juste asseez pour sentir l'odeur du parfum et du shampoing et sa main se lève, effleurant à peine le dos droit et une hanche étroite, glissant avec honte mais délice à quelques centimètres des fesses rondes et prisent dans le tissu d'un pantalon qui les mettait si bien en valeur.

- Mais je te regarde justement. Et c'est probablement là toute la source de mon trouble présent...

Etsuya observe un court moment la silhouette de Sebastian qui se réflète dans la fenêtre de la chambre alors qu'il se lève. Il suppose, pendant un court instant, que l'homme va partir. Peut-être qu'il espère même qu'il se rende directement à l'hôtel où il pourrait prendre un peu de recul. Où ils pourraient tous prendre un peu de recul... Mais il n'en est rien. Sebastian s'approche de lui, à son plus grand damne. Et lui, en vrai imbécile, il ne bouge pas d'un seul centimètre, se contentant d'observer cette grande silhouette qui se courbe vers lui pour humer l'air à ses côtés. Une main se pose dans son dos et il sursaute presque, les larmes aux yeux. Comme si ça ne dépendait non pas de lui, comme si lui-même ne pouvait pas se dégager, il murmure, d'une voix étranglée :

- Ne fais pas ça... C'est... C'est mal. Il ne faut pas...

Mais lui-même ne bouge pas, terrifié et terriblement tenté... C'était si mal. Et il souffrait comme il n'avait jamais souffert alors que l'image de son frère, l'homme de sa vie, se superpose à son reflet dans la fenêtre. Miya...

La main de Sebastian se pose sur la hanche étroite de façon un peu plus ferme, glissant de quelques centimètres sur le ventre plat. Deux doigts de sa main s'aventurent même sous le haut griffé, caressant la peau si douce et si tiède alors qu'il ferme les yeux, venant poser ses lèvres près d'une oreille effilée, sans la baiser mais y poussant un petite soupire qui parlait pour lui avant de murmurer, le coeur battant à tout rompre.

- Je sais. Je le sais vraiment Etsuya... Mais je n'arrive pas à m'en empêcher... Tu es là et c'est comme si tout ton corps et tout ton être m'appelait... J'ai beau vouloir résister, il ne m'appelle que plus fort. Alors si tu n'as aucun désir pour moi, si tu es plus fort que moi... Je ne te retiendrais pas...

Etsuya ferme un court moment les yeux pour ne plus voir son frère qu'il s'imaginait maintenant le regarder avec haine, chose qu'il ne pouvait endurer sans mourir à tout petit feu. Il ferme les yeux, mais ne devrait pas. Car la main chaude qui glisse sur son ventre l'électrise complètement. Ses hanches ondoient un court moment avant qu'il ne s'agrippe que plus fortement au bord de la fenêtre, se penchant pour y déposer le front. Et lorsque finalement Sebastian lui laisse les cartes entre les mains, il laisse s'échapper un petit sanglot. C'était injuste... tellement injuste ! Il savait toujours su se tenir droit, repousser lorsqu'il le fallait et céder lorsqu'il le désirait. Mais présentement... C'était différent. Sa main glisse doucement sur celle qui est posée sur son ventre dans le but avoué de la retirer... mais il ne fait que la caresser doucement, à sa plus grande honte.

- Sebastian...

Il hoche encore une fois la tête de gauche à droite, mais aucune négation ne suit ce geste, pourtant...

- Tu... tu es... Je comprend pourquoi il t'a épousé... Mais.. mais jamais nous n'avions éprouvé un désir brûlant pour le même homme. Si tu savais à quel point c'est douloureux... si seulement tu savais...

Sebastian n'est pas idiot au point de ne pas comprendre les doutes qui assaillent Etsuya... Lui même ne serait pas vraiment fier de lui quand il serait l'heure de faire face à Miya... Et pire : à Miya et Etsuya dans la même pièce. Il n'en était pas moins vrai cependant que tout le désir qu'il ressentait présentement etouffait la honte et, c'était triste à dire, l'homme à qui il était marié. En fait, il s'écoute même complètement, forçant le jeune homme à se retourner pour lui faire face, glissant son visage près de celui de l'asiatique jusqu'à sentir son souffle sur sa peau... Il n'a même pas à rougir de savoir que son corps de tend et que son anatomie sit parfaite le mouvement rien que de l'avoir si près, de le sentir, de le toucher...

- Je "sais" Etsuya. Et crois moi je ne vous confond plus du tout à l'instant... Et je suis à tes pieds crois moi... Attentif à ce que tu peux dire, demander, réclamer... Et j'en meurs. J'ai envie de toi. De "toi", Etsuya. Pas de la copie de Miya...

Etsuya rouvre les yeux alors que Sebastian le force à se retourner vers lui. La situation était d'autant plus excitante qu'elle était interdite. Et si ses dernières barrières ne fondent pas comme neige au soleil, elles en sont néanmoins fortement ébranlées. Il observe l'homme avec désir et tendresse. Doucement, alors que le visage de celui-ci se pose près du siens et qu'il rouvre la bouche, Etsuya vient caresser une joue du caucasien, en appréciant la douceur et la chaleur. Les paroles de l'homme font glisser une larme le long d'une joue fardée alors que le jeune designer fini par franchir lui-même la petite distance qui les sépare encore. Ses lèvres se posent presque chastement sur celles de Sebastian alors que son coeur bondit violemment dans sa cage thoracique.

- Aide-moi à résister, Sebastian... Pour Miya... fais-le pour Miya, s'il-te-plait.

Loin d'obéir au départ, Sebastian accueille les lèvres chaudes et glossées, les baisant à son tour, un peu plus fermemant. Il les caresse des siennes, vient en happer une, y glissant sa langue, goûtant au delà du rouge l'arôme si différent de celui de Miya mais tellement aphrodisiaque. Ses deux mains se posent à présent sur les hanches, glissant avec désir dans le dos, au creux des reins, puis se posant sur les fesses rondes, venant souder leurs deux bassins, prouvant à cette occasion que niveau aide pour résister, il aurait lui même beaucoup de mal à faire machine arrière. D'ailleurs Sebastian approfondit ce baiser sucré et qui faisait comme un vrai baume sur ses plaies. Dieu, ce petit corps entre ses bras était une bouée de sauvetage, une passion interdite, un appel vivant au crime, une source de chaleur inépuisable. Sebastian quitte les lèvres rosées, descendant dans le cou d'Etsuya, venant laper avec sensualité la peau blanche avant de venir souffler doucement dessus. Il peine à garder toute sa lucidité alors qu'il hoche la tête de façon positive, demandant néanmoins :

- C'est vraiment ce que tu veux ?

Sebastian est... oh combien parfait ! Etsuya a un petit gémissement d'envie alors qu'il se fait marionnette dans les mains d'un homme pour la première fois de sa vie. Et dieu qu'il aime ça... Ce baiser qui s'enflamme, ces mains si chaudes sur son corps, ces lèvres à présent posées dans son cou... et cette érection pressée tout contre son bassin. Une érection comme il n'en avait jamais sentie, sans frimer. Sebastian lui promettait ainsi un plaisir comme il n'en avait sûrement jamais partagé. Une passion comme lui seul semblait pouvoir lui donner. Etsuya perdait la tête... mais il en avait au moins conscience, en quelque part, bien qu'il soit envahit par les quelques brumes de sa passion. Ses mains glissent sur le torse si bien dessiné. Et impatient de savoir, curieux comme pas un, l'une de ses mains vient immédiatement se poser sur le membre tendu de l'homme qu'il découvre au travers du tissu de ses jeans. Une petite exclamation en japonais lui échappe, un "oh mon dieu" terriblement excité.

Mais il retire sa main, posant les deux à plat sur le torse de l'homme, comme s'il s'apprétait à le repousser. Un nouveau sanglot s'échappe d'entre ses lèvres et finalement, il relève le regard vers Sebastian pour le plonger dans le siens.

- Non. Non Sebastian. Ce que je veux, c'est sentir tes lèvres sur mon corps. Ton sexe entre mes reins. Je veux mourir entre tes mains... Mais Miya... Mon petit Miya... Je t'en pris... Je... je reviendrai... Mais... Miya. Je dois le voir... Je t'en pris...

Ouch... Cette main sur son entre-jambe l'oblige à remuer légèrement les hanches pour la sentir plus fort encore. Il pourrait lui faire l'amour là, contre le mur ou même contre l'appuit de la fenêtre, il en brûlait littéralement de l'intérieur et ça devait se sentir à l'extérieur. SOn coeur bat la chamade, son désir lui en est douloureux et quand Etsuya sanglote, li affirmant qu'il en avait au moins autant envie que lui avant de lui demander la permission de parler avec Miya d'abord, il doit faire preuve de trésors de retenu pour ne pas chercher à le déshabiller. Comme il est néanmoins sur le point de se laisser sur la béquille il signale, un peu mal à l'aise mais encore hésitant quand à ce qu'il devait faire : le laisser partir ou insister.

- Je suis dans un état d'exitation à la limite d déraisonnable... Tu me met dans un état terrible... J'ai vraiment envie de toi... Et si tu veux vraiment t'en aller, ok. Je te crois si tu dis que tu vas revenir. Mais même toi tu ne peux pas en être certain, admet le.

Etsuya opine brièvement, le coeur douloureux, l'âme en peine. C'était bien vrai... Il ne pouvait rien lui assurer. Et la conversation qui suivrait avec Miya le démolirait tellement qu'il n'aurait pas la force de revenir ce soir. Cependant...

- Mais... mais qu'est-ce que tu me propose ? Tu... Non, je ne peux pas faire l'amour avec son mari avant d'aller voir mon frère. Bastian...

Il glisse ses bras tout autour du cou de l'homme, fermant les yeux alors qu'il hume ce parfum viril qui lui faisait tellement, mais tellement perdre la tête ! Il appuie son bassin contre celui de l'homme, lui prouvant ainsi qu'il n'est pas le seul à crever de désir. Dieu... il avait eu mille chances de glisser d'entre ces bras et il en était incapable !!

Sebastian écoute mais n'en ramène pas moins Etsuya juqu'au lit, l'y faisant basculer avant de se glisser par dessus lui, récupérant encore sa chaleur, son parfum, son goût dans un baiser passionné comme s'il craignait -et se serait peut être le cas- que se soit le dernier. Ses reins ont un mouvement éloquent tout contre celui d'Etsuya et ses mains se faufilent sous ses vêtements... Et dans un petit cri rageur, il se désolidarise de l'homme, se reversant sur le lit aux côtés de l'homme, observant le plafond une seconde en le fusillant du regard avant d'amener ses deux mains sur son visage pour tenter de se redonner une contenance. Et son sexe qui pulsait de façon tellement douloureuse... Il allait mourir de frustration ce soir, avant de mourir de honte ou de culpabilité, assurément.

- Rien, je n'ai rien à proposé, fais ce que tu pensees avoir à faire, tu as probablement raison. Mais si tu restes, je ne serais pas capable de me retenir alors... Pars maintenant si tu pars.

Etsuya sent son coeur se briser et pourtant battre réellement pour la première fois en même temps alors que Sebastian le renverse sur le lit. Dieu... C'était mieux que tout ce qu'il avait pu connaître jusqu'à maintenant ! Mieux que ce que n'importe quel homme avait pu lui faire ! Et son coeur n'avait jamais battu aussi fort pour Yû... Pendant un instant, Etsuya est certain qu'il va goûter à cette passion brute plus rapidement qu'il ne le croit. Et finalement... Sebastian se laisse tomber à ses côtés. Etsuya a un mouvement vers lui pour le reprendre dans ses bras. Et avec honte, il fait un bond vers l'arrière lorsqu'il comprend ce qu'il est en train de faire. Il se redresse tant bien que mal, les deux pieds à nouveau au sol, le souffle coupé, les joues rouges.

- Je... je pars... Je vais revenir. Je ne sais pas quand, ni comment, ni pourquoi.. Mais je ne peux pas faire autrement...

Il fait un pas vers la porte, puis un autre... et un autre. Et avant de sortir pour de bon, il gémit :

- Tu me plais... ce n'est pas que physique...

Sebastian ne dit rien. Il garde les mains résolument sur son visage tandis qu'Etsuya, après une marque d'hésitation, quitte la chambre. Quand il reprend la parole, Sebastian retire enfin ses mains pour lever les yeux sur lui, affirmant avec applomb :

- C'est tout sauf physique.

Parce que si c'était physique seulement, il y avait Miya. Il n'ajoute plus rien, laissant l'homme partir, revenant observer le plafond, tentand de calmer son corps qui semblait ne pas vouloir rennoncer. très bien... Dans quelques minutes il irait prendre une douche. Il glisserait ses mains lui même sur son corps pour ôter une infime partie de cette envie qui le dévorait... Le plus dur allait être de faire taire sa conscience si, comme il le croyait, le prénom qu'il gémirait ne serait pas de son époux mais bel et bien de son frère...
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