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 4. Haine et Désir

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Kurika
Shut up and Calm down...


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MessageSujet: 4. Haine et Désir   Dim 26 Déc - 23:36

   
Yû venait tout juste de remettre les pieds dans l'entrée de son bloc appartement. Pas de maison pour lui... À quoi est-ce que ça pourrait bien lui servir, après tout ? Il n'était jamais en ville... Toujours partit en tournée. Certes, il jalousait un peu Etsuya sur ce point. Et il était évident que bientôt, ce serait à son tour. Seulement, il ne savait pas si ce "bientôt" était pleinement satisfaisant ou encore trop lointain pour seulement oser l'espérer. Disons que pour le moment, Aoi s'en tenait à son appartement et n'abordait le sujet sous aucun prétexte. Il était sortit assez tard, chose qu'il ne faisait généralement que pour aller à une petite sauterie organisée par Etsuya ou encore dans un bar quelconque. Mais ce soir, c'était pour décompresser qu'il était sortit. Et ça avait partiellement fonctionné. Pour le moment, il était surtout assez retourné par les aveux que lui avait fait Miya. Pas par ceux le concernant, mais par ceux concernant Etsuya... Aoi n'était pas certain de savoir comment gérer le fait que son meilleur ami semble avoir de forts sentiments pour lui. Trop forts..
   
Il savait cependant faire la part des choses. Ils étaient des hommes maintenant : pas question de s'enfuir face à ce genre de responsabilité. Aussi, en revenant chez lui, il avait convenu d'appeler bientôt son meilleur ami pour mettre les choses au clair, même s'il ne voulait pas vraiment le faire. C'était essentiel... Et il en était convaincu. Du moins, jusqu'à ce qu'il trouve, devant la porte close de son appartement, Miya. C'était lui à n'en point douté : Aoi n'avait jamais eu de mal à différencier les deux jumeaux. Le guitariste cligne des yeux, comme si ça pouvait faire disparaître cette vision, mais non. C'était bel et bien Miya. Qu'est-ce qu'il foutait là ? Yû fronce les sourcils, s'approchant du jeune homme qui tambourinnait à sa porte.
   
- Je peux t'aider, peut-être ?
   
Il lève son trousseau de clés pour que Miya le voit, puis le bouscule légèrement, sans trop de casse toutefois, pour aller déverouiller la porte. Et comble de l'effort suprême, il invite Miya à entrer avant de le faire lui-même !
   
- Etsuya va mieux...?
   
Miya avait tracé tout droit depuis chez son frère à chez Aoi. Pas bien difficile pour l'adresse, il avait une bonne mémoire et le guitariste l'avait donné devant lui au chauffeur de taxis l'autre soir. Il avait réfléchit, tout au long du trajet, à sa conversation avec Etsuya, à ce qu'il allait dire à Yû, comment... Avait songé au fait qu'ils pourraient se disputer une énième fois et se sentait déjà fatigué à cette idée. Et lorsqu'il avait frappé, il y songeait toujours. Sauf que la porte ne s'ouvrit pas... Mais Yû se présenta pourtant à ses côtés, le surprenant, le laissant un peu bête le temps d'une seconde, tant et si bien qu'il gronde à peine lorsqu'il se fait un peu bousculer sur le passage. Il est malgré tout sur le point de protester, presque par habitude, lorsque Yû l'invite à entrer en réclamant des nouvelles de son frère. Bon... Il pouvait faire un effort... Pour Etsuya, parce qu'il avait promit...
   
Alors il ravale sa fierté et entre dans l'appartement de l'homme, observant rapidement autours de lui puisqu'il n'était jamais venu avant ce soir.
   
- Il va beaucoup mieux, mais je lui ai promit que je viendrais te parler. Tu as du temps pour moi ?
   
Ca lui faisait très étrange de poser cette question...
   
Yû entre dans l'appartement à la suite de Miya. Peut-être n'a-t-il pas le temps d'avoir une maison, mais c'est un joli petit cocon qu'il a là quand même. C'est décoré avec goût, avec une masculinité qui a de la classe et surtout, c'est assez aéré. Aussi, de là, on voit un peu la cuisine dont le cadre de porte est très grand et qui ne possède pas du tout de porte. La table est à l'intérieur de cette cuisine et le salon est tout autant un bureau où traînent quelques guitares et beaucoup de feuilles emplies de mélodies ou de paroles lyriques. La télévision est modeste, tout comme le petit portable qui traîne sur la table du salon et on pourrait croire que c'est un homme lambda quoi qu'un peu mélomane qui vit ici. À la question de Miya, Yû a un regard étonné pour le jeune homme. Néanmoins, il se reprend rapidement, verrouillant la porte derrière eux par habitude avant de finalement faire quelques pas chez lui une fois ses souliers laissés dans l'entrée.
   
- Oui... oui entre. Tu peux t'assoir au salon si tu veux. Tu... veux quelque chose à boire ?
   
L'habitude n'y était visiblement pas... et ils étaient probablement tous les deux très mal à l'aise. Mais Aoi faisait son possible.
   
Miya hoche légèrement la tête de bas en haut, défaisant ses souliers, hésitant au début et y allant plus franchement alors que Yû lui propose de boire quelque chose.
   
- Je prendrais la même chose que toi si tu prends quelque chose.
   
Finalement il passe au salon, observant l'endroit, jetant un coup d'oeil sans toucher à une parition, n'y voyant qu'une rythmique mathématique pour sa part, ce qui cassait un peu l'ambiance propre à cet appartement qui, définitivement, était beaucoup plus sobre qu'il ne l'avait imaginé. Beaucoup plus personnel, plus chaleureux. Disons qu'il avait probablement des préjugés au départ... Bref... Miya finit par se poser sur le canapé, élevant légèrement la voix pour que Yû l'entende depuis l'endroit où il était.
   
- Je lui ai promit qu'on allait essayer de se parler sans se battre, je vais vraiment essayer de m'y tenir alors si tu te sens de quelques efforts pour lui faire plaisir...
   
Yû pousse un petit soupir alors qu'il passe à la cuisine en même temps que Miya sous-entend qu'il ferait bien de se tenir à carreau. Néanmoins, il sait tenir sa langue quand il le faut et si souvent il ne se force pas pour le faire, cette fois, il fait des efforts. Pour Etsuya, comme Miya l'a si bien dit... Il ouvre le frigo, observe un moment les divers alcool qui y traînent soit... pas grand chose mis à part quelques bouteilles d'Asahi et une bouteille de vin déjà ouverte probablement bonne pour la poubelle. Il ferme plutôt la porte du frigo avant de se tourner vers sa machine à perfusion. Il prend un petit contenant dans ses mains pour l'y installer avant de finalement demander :
   
- Café colombien, vanille française, chocolat chaud ? Heum... J'ai aussi ... Un genre de café lambda que je ne te conseille pas...
   
Miya s'installe en tailleurs sur son coin de canapé, observant un petit fil qui dépasse sur le rideau, en haut, se donnant probablement un air un peu gamin mais n'y songeant pas vraiment, concerné par plus important que ça.
   
- Comme toi, ça m'ira très bien, vraiment. Je lui ai promit qu'on allait se parler sans se battre mais je lui ai promit de te parler aussi. De ce que je t'ai dit sur msn. Mais je vais attendre que tu reviennes, là c'est vraiment pas pratique...
   
Yû ferme un moment les yeux. Il se fichait royalement de ce que MIya allait ingurgiter, vraiment. De fait, il ne savait même pas ce qu'il aimait. Alors va pour vanille française. Il aimait le café sucré, mais sans que ça rappelle le sucre blanc en arrière goût. Bref... Il pose la première capsule dans la machine, puis glisse une tasse à l'endroit approprié. Il essayait surtout de gagner du temps ,c'était vrai... Et lorsque finalemnent les deux cafés sont prêts, Yû revient au salon un peu à reculons... Il tend sa tasse à Miya, un petit sourire en coin légèrement moqueur alors qu'il remarque le maintient gamin du jeune homme, mais ne disant rien. Puis, il s'installe ... juste à côté de lui ! Pas très près, mais tant qu'à faire des efforts...
   
- Tu ne crois pas que c'est mieux d'attendre qu'on en parle entre nous, lui et moi ? Ce n'est pas pour t'offenser... mais j'ai l'impression que ça ne te regarde pas vraiment.
   
Miya récupère sa tasse de... heu... Sa tasse quoi. Il remercie Yû d'un petit mouvement de tête avant de venir observer le liquide sombre dans sa tasse, n'y touchant pas au départ, attendant qu'il refroidisse un peu.
   
- Etsuya a besoin de passer un petit peu de temps seul. C'est lui qui m'a demdandé de te le dire. Il voudrait que vous ne parliez pas immédiatement. Il a dit qu'il t'adorait, que tu étais son meilleur ami... Mais il a besoin de prendre un peu de recule, il va vite revenir. Et j'ai pensé que tu voudrais quand même savoir. Je lui ai dit que je t'en parlerais et il est d'accord. Maintenant, tu peux aussi ne pas vouloir...
   
Yû lance un petit regard blessé à Miya lorsque celui-ci lui assure que pour le moment, Etsuya ne tient pas à le voir. Ses mains tremblent. Il pose sa tasse sur la table basse du salon, non sans y avoir glissé un sous-verre, puis demande sur un ton ferme, mais pas brutal :
   
- Dis-moi que ce n'est pas toi que lui ai suggéré de ne pas me parler pendant un moment et j'aurai cette conversation avec toi...
   
Parce qu'il n'était pas con... Il savait un peu à quoi s'en tenir avec Miya, depuis le temps ! Et c'était tout sauf quelque chose avec quoi il voulait jouer, l'amour fraternel...
   
Miya a un petit regard surprit pour Yû... Puis il fronce les sourcils, pour le moins vexé avant de faire remarquer :
   
- Depuis le temps, si j'avais voulu demander quelque chose de ce genre à mon frère, je l'aurais déjà fait tu ne crois pas...?
   
Néanmoins, toujours vexé par cette réflexion, il poursuit donc :
   
- Aujourd'hui les choses ont changés. Etsuya éprouve toujours de l'amour pour toi, mais plus fraternel, moins "physique" je dirais. Tu comptes pour lui, mais votre relation lui plaît telle qu'elle existe. Et il ne l'a pas dit pour me le faire croire. Etsuya et moi, on ne se ment pas... Pas comme ça. Mais il voulait... Je sais pas trop ce qu'il s'est dit... Il a pensé que j'avais plus de chance pour une raison que j'ignore et il nous adore tous les deux alors ça le faisait un peu rêver...
   
Yû pousse un petit soupir. Il glisse une main dans ses longs cheveux noirs, pas tant pour remettre de l'ordre dans les longues mèches volages que pour se réconforter à les caresser. Il ne retient pas le ton outré de Miya, tentant vraiment de mettre toutes les chances de leur côté... et finalement, dans un froncement de ses minces sourcils, Aoi ne peut qu'avouer :
   
- Je ne comprend pas... Je ne comprend rien, en fait...
   
Il lève les yeux au ciel, se laissant retomber tout contre le dossier du canapé pour finalement tourner la tête vers Miya,
   
- À quoi ça rime, tout ça ? Il ne se voit pas avec moi alors il veut qu'on soit ensemble toi et moi ? Je... non vraiment, ça me dépasse...
   
- Tu crois que je trouve ça beaucoup plus logique ? Je suis comme toi, mais après je ne suis pas dans la tête ni dans le coeur de mon frère.
   
Miya soupire avant d'admettre :
   
- Et puis pour moi, tu as toujours été le garçon trop proche de mon frère qui allait me l'enlever alors...
   
Yû gronde, un peu à la manière du chat qui rage, ajoutant vivement :
   
- Eh bien toi aussi, tu sauras, mais avec bien plus de possibilités de me l'arracher que moi !
   
Miya se contente d'un petit regard légèrement désapprobateur envers Yû alors que celui ci sort un peu les griffes. Ca lui fait penser qu'il n'a pas vu son fameux chat tien. Bref...
   
- C'est mon frère. Et plus encore, c'est mon frère jumeaux. Il y a quelque chose de très fort entre nous. Je te demande pas de comprendre, mais je me suis vraiment sentit menacé. Toi aussi, ok, j'ai comprit. Je cherche pas à compter les points, je t'explique...
   
Yû lève les yeux au ciel. Il s'en faut de peu pour qu'il se lève carrément lui aussi, mais il reste sagement sur le canapé.
   
- Et si tu savais à quel point il ne me parle que de toi ! Il faut vraiment aimer Etsuya à la folie pour compenser le fait d'entendre continuellement parler d'une personne qui nous déteste, crois-moi.
   
Yû soupire, observant sa télévision éteinte présentement.
   
- Et je n'échangerais aucune de ces discussions pour tout l'or du monde, pourtant...
   
Miya se tait, revenant observer le liquide auquel il n'avait toujours pas touché.
   
- Tu es sûr de ne pas avoir plus d'amour qu'amicaux ou fraternel pour Etsuya ?
   
Aoi lance un petit regard confus à Miya avant de finalement soupirer.
   
- Je me le suis déjà demandé. Comment est-ce que ça pourrait être autrement ? Etsuya a toujours eu un charme fou, autant physiquement que moralement...
   
Une longue hésitation suit ces paroles. Visiblement, Yû pesait le pour et le contre et présentement, le contre lui semblait drôlement alléchant. Mais finalement, il avoue dans un murmure :
   
- Mais j'ai compris que ce n'était pas le cas la première fois que j'ai eu envie de toi...
   
Gros silence. Et gros coup au coeur aussi qui se met à battre la chamade alors que les doigts de Miya s'agitent nerveusement autours de sa tasse. Il porte l'objet à ses lèvres mais avant même qu'elles n'en touche le rebord, il éloigne l'objet avant de tourner la tête vers Yû. Et autant qu'il en profite parce que Miya pliait rarement sur son orgueil :
   
- Je suis désolé. D'avoir été insupportable, de ne pas avoir sû partager l'amour de mon frère, de t'avoir repousser de toutes mes forces et de ne pas être capable de beaucoup de tact. Je pensais vraiment que les choses avaient changé entre nous l'autre soir sur la plage. Je passais vraiment une bonne soirée...
   
Yû a un petit sourire mi-embarrasé, mi-amusé, même s'il est loin d'avoir envie de plaisanter. Il soupire avant de finalement tendre une main pour glisser ses longs doigts sur la peau fine d'un poignet de Miya, y caressant l'épiderme chaud.
   
- Eh... je n'ai pas dis que je suis tombé amoureux de toi. Pour ça, il faudrait que tu arrêtes de me maltraiter, pauvre petite bête que je suis...
   
Il fait un petit clin d'oeil à Miya avait de continuer plus sérieusement.
   
- Quand on était ados, c'est vraiment passé proche, à un moment... Peut-être que j'aurais pas dût me retenir ? Ça aurait pu changer beaucoup de choses, tu crois...?
   
Miya rougit violemment, comme ça lui arrivait une fois tous les dix ans avant de se défendre, bredouillant plus ou moins :
   
- C'est pas ce que j'ai voulu dire... J'ai pas insinué... Enfin je voulais dire... C'est pas...
   
Il grogne légèrement, se rendant compte qu'il patauge et retenant un "tu m'énerves" qui aurait pu être mal intérprêté. Pour lui qui ne cumulait pas les amis et qui avait passé son adolescence à se disputer avec Yû, c'était vraiment le genre de révélation choque. Finalement, toujours aussi peu habile il constate :
   
- Tu as un petit côté maso alors parce que j'ai vraiment pas été sympa quand on était gamin.
   
Yû, qui n'était jamais embarassé avec ce genre de sujet, hausse seulement les épaules. Il force le jeune homme à renverser sa main sur sa cuisse pour venir y caresser la paume, songeur.
   
- Peut-être que j'ai un "petit côté maso", comme tu dis. Mais on en a tous un de toute façon... Ça me plaisait bien que tu ne me laisses pas te marcher dessus. Ils étaient trop peu nombreux à le faire aussi brusquement. Je ne dis pas que je n'en ai pas été blessé... au contraire. Et pas que je me fasse ta victime, c'est loin d'être le cas. Mais ça avait un côté un peu excitant que je n'ai pas su exploité parce que j'en avais trop peur.
   
Miya observe sa main et celle de Yû qui y dessine quelque chose d'imaginaire. Il se passe la langue sur les lèvres avant de venir y porter sa tasse. Il peut enfin goûter et noter ce dont il s'agit. Vanille française visiblement finalement. Et peut être à cause du cocon de douceur et de calme, peut être à cause de l'aspect intime de la conversation, Miya n'a qu'une brève hésitation avant de venir coller ses lèvres chaudes sur la joue de Yû, s'en écartant avant de soustraire sa main aux caresses, revenant la poser contre le bord de porcelaine.
   
- Je ne crois pas que chercher à l'exploiter aurait été plus fameux tu sais. J'avais vraiment d'autres préocupations et si je te reconnais beaucoup de charme aujourd'hui, autant dans le caractère que dans le physique, à l'époque les choses étaient un peu différente... Peut être qu'on a eu la relation la "moins pire" qu'on pouvait. Et peut être qu'on peut essayer de repartir sur quelque chose de plus sain. pas seulement pour Etsuya mais pour notre satisfaction personnelle.
   
Il lève les yeux au ciel avant de reconnaître, plus assuré :
   
- Je me doute qu'on a pas finit de s'engueuler hein... On pourra pas changer des années de disputes du jour au lendemain...
   
Yû entrouvre les lèvres, surpris alors que les lèvres chaudes de Miya se posent sur sa joue. Il tourne la tête vers lui, confus, mais le jeune homme ne semble pas relevé le geste et continue plutôt à parler, ce qui trouble encore plus le guitariste. Ce garçon avait vraiment des réflexes bizarres... Il en était pire que Etsuya, chez qui au moins ça semblait normal... Néanmoins, Yû fini par mettre l'événement de côté, préférant ne pas en reparler, au cas où ça mettrait le feu aux poudres encore une fois.
   
- On peut essayer...
   
Oui bon... son ton n'est peut -être pas empli d'espoir, mais c'est un début ! Yû hésite avant de finalement se relever. Il rejette ses longs cheveux dénoués pour une rare fois derrière son épaule, replace ses jeans, puis fait quelques pas dans la pièce.
   
- Tu penses qu'on voulait toujours se sauter dessus UNIQUEMENT parce qu'on se jalousait Etsuya ? Ça n'a pas de sens, non ?... On a bien vu après toutes ces années qu'Etsuya n'allait pas nous laisser pour l'autre....
   
Miya remonte ses jambes contre son torse, coinçant la tasse entre ses mains et ses genoux, observant sans rien dire Yû qui se lève, s'étire, fait quelques pas dans la pièce. C'était difficile pour tout un tas de raison d'accepter de reconnaître qu'à présent, quand il le regardait, il voyait un bel homme dont il appréciait plus qu'il n'aurait dût/voulu le charme.
   
- Tu suggères quoi ? Qu'il y a eu du désire ? Qu'il y en a encore ? Si c'est le cas, on dirait mon mariage, je t'assure que c'est une très mauvaise direction.
   
Et de totue évidence, cette information était lâchée de bien mauvaise grâce, mais pour maintenant, il avait déjà tout déballé à Yû à ce sujet alors...
   
Yû fronce les sourcils aux paroles de Miya. Son mariage ? Ah, mais il ne voulait pas être comparé à une autre relation qui allait mal ! Déjà que niveau sentiments, ça n'allait pas fort chez lui, valait mieux laisser les mariages foireux aux autres...N'est-ce pas ?
   
- Je ne suis pas l'homme que tu as épousé. Je ne pense pas comme lui, je n'agis pas comme lui, je ne fais pas l'amour comme lui et je n'ai pas l'intention d'avoir une relation sérieuse aussi hasardeuse. Et je ne dis pas ça pour t'offenser. Ce serait probablement idiot, puisque je suis un cas désespéré en amour, de toute façon...
   
Miya en revient à sa tasse, ne dissant rien, ne comentant pas, n'ajoutant pas un mot pendant un long moment. Il réfléchit. Et finalement, un peu perdu dans cette conversation il admet :
   
- J'y comprend rien. Je ne te suis pas du tout. Je me sens toujours complètement largué quand on commence à parler entre les lignes et je dois reconnaître que je ne te trouve pas très clair sur tes dernières réflexions...
   
Aoi se tourne vers Miya, songeur. Il ne savait trop comment reformuler ce qu'il avait dit... Peut-être parce que lui-même était perdu dans ses affirmations ? Néanmoins, il prend déjà le temps d'y penser, ce qui est plus qu'il n'avait jamais fait pour Miya. Même qu'il revient s'assoir près de lui, de l'autre côté cette fois, son regard glissant sur les traits si connus et pourtant encore étrangers.
   
- Je ne sais pas si mon désir à ton encontre va au point de vouloir faire un bout de chemin avec toi. Par contre... je sais que j'ai envie de ton corps plus que jamais et ça me perturbe énormément. C'était... assez clair ?
   
Bien. Heureusement qu'il est assit en tout cas hein. Yû venait de lui clouer le bec en une minute comme il n'avait jamais su le faire en 15 ou même 20ans. Il se passe la langue sur les lèvres, observe son breuvage dont il n'a toujours bu qu'une seule gorgée puis tourne finalement la tête vers Yû, songeur, pensant de façon désordonné à Yû... A Sebastian.. A Yû... A Etsuya... A Yû... Il devenait un peu trop fréquent dans ses pensés, ses envies, ses désires. Et comme il se sentait plus à l'aise malgré tout de parler sans détours, il finit par répondre plus rapidement que précédemment.
   
- Je ne peux pas nier que tu me fais de l'effet et qu'en d'autres circonstances, ça m'aurait plût de passer la nuit avec toi ce soir ou un autre soir. Mais il y a Sebastian, il y a Etsuya... Et puis il y a toi et moi et la haine qu'on s'est vouée si longtemps. Peut être que le sexe n'est qu'un exutoire de plus ? Enfin j'en sais rien... Etsuya était déjà retourné de savoir que les deux baisers sur la plage étaient factices, alors s'il apprenait un truc pareil... Je sais pas trop ce qu'il dirait pour le coup...
   
Yû s'était attendu à tout... sauf à ça. Voilà qu'en plus de ne rien lui reprocher, Miya lui affirmait ressentir pour lui un désir qui aurait pu aboutir si ça n'avait pas été de son alliance. D'ailleurs, Yû baisse la tête pour voir cette même bague qui ne lui était franchement pas sympathique pour le coup...
   
- Si j'étais de mauvaise foi, soit si cette soirée était comme les autres, je croirais que tu es marié seulement pour me pourir la vie... Mais ce soir j'ai décidé qu'il n'en était rien...
   
Il a un petit rire peut-être pas aussi amusé qu'il le voudrait avant d'avouer :
   
- Je suis vraiment chiant... C'est vrai. Mais sache qu'avec moi, un seul coup signifierait la rupture définitive... Mais les doux sentiments ne se marchandent pas, n'est-ce pas ?
   
Miya se lève finalement, déposant sa tasse sur un petit rond en carton prévu à cet effet. Il se redresse, observe Yû une seconde avant de venir observer sa main gauche et l'anneau qui y brille. Dire que dans ce pays, son mariage n'était même pas reconnu... Finalement il se passe une main nerveuse dans les cheveux, commençant à ne plus trop savoir quoi faire, quoi dire pour rendre la situation et la conversation moins électrique. C'était jamais très bon de parler sexe avec une personne qu'on désirait sans pouvoir franchir le pas n'est ce pas ? Et la remarque sur Sebastian... Enfin sur "eux". Parce que bon, Miya trouvait un peu horrible qu'on prenne son mari pour un homme qui le battait alors que leurs disputes étaient violentes des deux côtés... Sans que pourtant, séparément, ils le soient. C'était juste comme ça "entre eux". Une mauvaise alchimie sans doute...
   
- Tu sais quand je suis arrivé en Amérique, tout était très différent. J'étais ambitieux, volontaire et j'avais toujours mon caractère pas facile, un accent anglais vraiment à pas piquer des hannetons au départ...! Sebastian, ça a été mon premier havre de paix, avant d'être un enfer. On s'aime, on se déteste. C'est comme si y avait une erreur dans l'équation. On sait tous les deux que c'est voué à l'échec, on aimerait juste sauver les meubles. On aimerait pouvoir se dire que ce mariage décidé en catastrophe n'était pas une des nombreuses erreurs faites au cours de notre vie. C'est important, ça aussi, tu comprends...?
   
Il soupire avant de poursuivre à propos de l'Amérique :
   
- C'était... Je me sentais tout petit, aussi bien au premier qu'au second degrés. Etsuya me manquait cruellement, le Japon me manquait cruellement. Je crois que je dois à Sebastian d'avoir supporter ces 4 et quelques années loin d'ici. Et en même temps, c'est l'impression que tout ce qui nous lie est faux et de fait, l'amour s'épuise. On est typiquement pas capable de se quitter sans se déchirer il me semble.. Et on ne veut pas rompre tout contacte...
   
Yû se lève. Il écoute néanmoins avec une attention loin d'être feinte les paroles de Miya même si décidément, non, il ne peut pas tout comprendre. Doucement, l'une de ses mains se pose dans le bas du dos du jeune homme. Il vient poser sa tête contre son épaule, restant derrière lui tout en finissant de l'écouter. Et finalement, un petit soupir se fait entendre alors que Yû avoue :
   
- Je ne peux pas tout comprendre... Mais je crois que je saisis l'essentiel. Je... ne sais pas ce que tu attends de moi, par contre. Parce que je suis bien piètre juge dans le domaine, pas tant parce que je n'y connais rien à l'amour que parce que je te connais très mal malgré tout.
   
Il a un petit sourire triste avant de murmurer doucement à l'oreille de Miya :
   
- J'en ai découvert plus en une soirée que pendant une quinzaine d'années...
   
Miya ne bouge pas. Pas qu'il soit figé pour une raison ou une autre. Il ne se sent simplement pas menacé, pour une fois, alors qu'il s trouve avec Yû. En fait, sa compagnie lui fait même du bien alors qu'il s'embrouille tout seul à essayer de faire le point sur son mariage. Chose qu'il ne pouvait pas, il le savait, faire en une seule soirée et seul. Etrange que l'oreille qui l'écoute ce soir soit Yû. Plus qu'étrange même : improbable.
   
- Je suis une personne fidèle Yû. Et si je ne peux pas l'être envers mon mari quand je pense à toi comme maintenant, je peux au moins l'être envers moi même. Et je ne suis pas le genre d'homme à pouvoir s'embarquer dans l'assouvissement d'un désire aussi brutale qu'incomprit après l'avoir déjà fait une fois en voyant le résultat catastrophique. J'aimerais. Mon corps entier aimerait. Mais j'ai le coeur plus fragile qu'il n'en a l'air. C'est bien un point commun que nous avons avec Etsuya.
   
Yû comprend très bien qu'il est en train de se faire repousser. Et ça le blesse. Il avait toujours cette fierté qui l'obligeait à développer maintes tactiques pour ne pas faire percer à jour ses faiblesses et cette fois, de se faire prendre ainsi de cours alors qu'il n'avait dans le fond même pas proposé ce à quoi il pensait le troublait. Il relâche Miya. Même qu'il fait quelques pas vers l'arrière pour éviter d'être près du jeune homme, comme si ça pouvait y changer quoi que ce soit alors que ce n'était clairement pas le cas.
   
- Retournes chez Etsuya, Miya... Je... crois qu'on s'en est assez dit pour ce soir.
   
Miya hoche la tête de façon positive. Il aimerait ajouter quelque chose... Mais en fait, ça n'arrangerait pas la situation. Yû et lui venaient de passer, en une seule soirée, de la haine au désire. Et c'était sûrement aussi violent pour l'un que pour l'autre. Ils n'y étaient pas préparé, ça il en était certain... Ni l'un, ni l'autre. Néanmoins, plutôt que de partir comme un voleur, Miya revient près de Yû une seconde, se hissant légèrement sur la pointe des pieds pour revenir baiser, comme ce soir là sur la plage, la commissure de ses lèvres. Et il ne peut finalement pas s'empêcher de constater en reculant doucement mais sûrement vers la sortie :
   
- C'est idiot. On aurait dû avoir cette conversation beaucoup plus tôt.
   
Il tourne finalement les talons, soupirant, se demandant ce qu'il allait pouvoir raconter à Etsuya exactement.
   
- Et tâche de passer une bonne soirée malgré tout...
   
Yû ferme les yeux, accueilliant ce petit baiser comme un homme perdu dans le désert accueillerait une goutte d'eau. Il fait un pas vers Miya, un geste comme s'il essayait de le retenir, puis ses bras retombent le long de son corps.
   
- J'ai l'.impression de faire une bêtise en te laissant partir alors que pour une fois, ça semble marcher entre nous...
   
Dernier arrêt dans l'encadrement de la porte pour s retourner, hochant négativement la tête.
   
- Non. Parce que cette fois on part sans se hurler dessus et sans l'envie de ne plus jamais se revoir. Je reviendrais.
   
Aoi opine brièvement, même si pendant un moment, il semble en douter fortement. Et finalement, il a un petit signe de la main pour Miya avait de se laisser tomber dans un fauteuil près de l'endroit où il se tient, le coeur battant, un mal de crâne horrible comme seul compagnon. Il gronde, peu ravit d'être dans cet était pour Miya... et lorsque finalement la porte d'entrée claque doucement, un petit "Miaou !" se fait entendre. Son gros matou vient se frôler contre ses jambes, sortant visiblement tout juste de la chambre. Brave bête... Aoi se penche pour prendre le matou dans ses bras, le serrant fortement contre lui. Il avait besoin de réconfort... et pour la première fois depuis tant d'années, Etsuya n'était pas là pour le lui donner.

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