Cassis

 
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 14. À corriger

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Freya


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MessageSujet: 14. À corriger   Mar 21 Déc - 21:52


Atsuaki s'installa dans un fauteuille en baillant contre le revers de sa main. Dans l'autre, il tenait le script d'une pièce de shakespear. Une scène que leur petite troupe était sensé apprendre et refaire sur scène. Et attention, ils devaient après tous les rôles de la scène... Les féminins et les masculins d'ailleurs. Parce que les rôles seraient déposé dans un petit chapeau et chacun piocherait le sien au hasard. Le but ? Il ne savait pas... Composer dans un rôle qu'on n'attendait pas peut être ? Leur professeur devait bien avoir ses raisons, même si elles étaient toujours un peu obscure. Pas plus que l'homme qui enseignait justement notez bien. Atsuaki était parmit les élèves les plus grands de leur établissement. Il l'était parfois même plus que certains de leurs professeurs... Et celui là reussissait quand même à l'être un peu plus que lui, bien que peu ! Il semblait d'un abord difficile, le genre un peu snobinard sur les bords et gardait une certaine distance avec les élèves.

En même temps, on ne pouvait pas vraiment reprocher au professeur d'art dramatique Shinji Ninomiya de se méfier de ces élèves, parents d'élèves et même parfois professeur qui lui avait fait une sorte de chasse aux sorcières en apprenant ses penchants homosexuels... Et c'était pourtant tout ce qui avait attiré l'attention d'Atsuaki au départ. C'était même par curiosité pour ce professeur sur lequel beaucoup de filles fantasmaient qu'il s'était inscrit au début de la nouvelle année, au club de théâtre, qui dispensait d'ailleurs plus réellement des cours qui avaient leur poids dans leur scolarité qu'autre chose. De fait, Atsuaki avait été un peu frustré d'apprendre que le professeur Ninomiya serait absent toute l'année... Mais ça ne l'avait pas empêché de s'être un peu amusé et d'en tirer une source de moquerie sans cesse grandissante lors de conversation outrageuse et putisante avec Katsuo alors...

De fait, l'adolescent c'était réinscrit cette année et ô joie, Shinji Ninomiya avait reprit son rôle...! Et s'il vous plaît, ce prof était juste à tomber ! Et ce n'était pas Atsuaki qui allait se formiliser de ce petit air sombre que le professeur arborait souvent. Pas très souriant, sauf quand il était sur scène pour jouer un rôle, c'était un homme qui semblait vouer une véritable passion pour sa matière. Et les cours étaient donc tous plutôt divertissant et intéressant. L'amphithéâtre commençait à se vider doucement de la 15aine d'élèves mais Atsuaki ne bouge pas, restant assit, attrapant une bouteille d'eau dans son sac et en vidant une longue gorgée. Non seulement parce qu'il fallait bien s'gydrater quand il faisait chaud, tout le monde le disait, mais aussi parce que ça servait de coupe faim et qu'avec les beaux jours, même s'il voulait garder sa peau diaphane, il voulait pouvoir mettre sa silhouette des plus en valeur... C'était une petite compétition, tous les étés, entre Katsuo et lui d'une certaine manière...

Le professeur était près de la scène, rangeant quelques unes de ses affaires et Atsuaki se relève, venant se poser près de lui, laissant le script sur la scène et lui faisant un petit sourire avenant.

- Ninomiya-san ! Je me demandais ce que notre club allait faire pour la présentation de fin d'année...?

Shinji rangeait sagement le matériel qu'il avait sortit pour ce cours-ci. Ils en étaient à présent au dernier cours théorique. Du moins, ça l'avait été. Il était fini. Les notes étaient prises, les cahiers fermés et pour le prochain cours, ses élèves devraient démontrer tout leur talent pour chauffer la scène. Shinji Ninomiya était professeur de théâtre dans un lycée public comme on en croise souvent. Malgré tout, des trois lycées de Shizuoka, celui-ci était de loin le meilleur. De toute façon, Shinji ne se serait pas permis de travailler pour un lycée en milieu difficile. Il voulait la crème de la crème et cette école faisait parfaitement son bonheur. Enfin... le faisait. Car depuis plus d'un an, tout était partit en cacahuète. Ça avait commencé par deux garçons de l'équipe de basketball qui l'avaient vu main dans la main avec son copain de l'époque. Et c'était devenu du n'importe quoi... Il avait été insulté, harcelé...

On s'était moqué de lui, on avait inventé des rumeurs à en faire rougir une nymphomane et pour finir, on avait trouvé son adresse et on y avait envoyé lettres d'insultes qui l'avaient achevées pour de bon. Il n'avait jamais courbé l'échine devant ces attaques. Shinji Ninomiya était un homme fier comme on en fait encore peu de nos jours. Plus que la moyenne japonaise, ce qui était déjà assez impressionnant. Mais personne n'avait été dupe lorsque le jeune professeur au mieux de sa carrière avait momentanément posé un congé d'un an pour "voyage à l'étranger". Ça aurait pu faire du bruit, mais Shinji a encore bon espoir qu'on ait pas fait le lien entre son départ et la démission de l'ancien directeur... Directeur qu'il avait traîné en justice pour diffâmation. Ce procès, il l'avait remporté haut la main et le directeur n'avait pu que rendre les armes. C'en était suivit une rupture avec son copain de longue date à cause d'une dépression nerveuse et une batterie de test avant de l'envoyer chez quelques psychologues réputés. Shinji avait cru ne jamais s'en sortir. Et pourtant, il était là.

Là, à Seigaku, son pire cauchemar. Et pourtant, ce n'est pas Shinji qui aurait changé de métier. Cependant, la rentrée avait été un stress si intense pour lui que son psychologue lui avait conseillé de prendre une autre année sabatique. Mais non... L'enseignant était revenu et après quelques jours, voyant que tout ce qu'il récoltait c'était murmures et regards torves, il s'était calmé et était redevenu maître de lui-même. Et à présent, il était à la fin de son douzième cours, à raison de deux groupes qui ont chacun deux cours avec lui par semaine. C'était sa troisième semaine et elle tirait sur la fin. D'ailleurs, ça c'était plutôt bien passé. Les groupes étaient petits et les étudiants faisaient du théâtre depuis deux ans au minimum. Il en avait même reconnu quelques uns qui, pour la plupart, n'avaient rien à se reprocher dans cette histoire, heureusement. Même qu'un groupe de filles lui avaient ammené des fleurs à ce cours-ci et il les avait soigneusement déposée dans un vase sur une petite table d'appoint dans un coin de la scène. Ça lui avait fait drôlement plaisir...

Shinji était perdu dans ses pensées lorsque soudainement, une voix se fait entendre. Il se tourne vers l'intru. Oui, intru... car l'élève aurait déjà dût être dehors ! Il observe un moment ce grand jeune homme qui répondait au doux nom d'Atsuaki avec insistance. À sa question, il arque les sourcils.

- Personne ne le sait encore, Takeshima-kun. Tu n'es pas dans le secret des dieux.

Il fait un petit sourire au jeune homme avant de se tourner vers ses feuilles pour continuer à placer une à une les pages d'un script entre quelques feuilles glacées et transparentes.

- C'est tout ce que tu voulais savoir ?

Humpf... Pas dans le secret des dieux ? Il était un peu insulté là. Quand il y avait une rumeur, il était TOUJOURS au courant. En fait, bon nombre étaient même probablement lancées par les deux langues de vipères qu'ils pouvaient être avec Katsuo... Mais Atsuaki ne dit rien, ne perdant pas de sa superbe et se penchant légèrement pour observer un peu les papiers que le professeur avait dans les mains. Il n'avait jamais eu sa langue dans sa poche et c'est sans faux complexe qu'il demande donc :

- Il paraît que vous étiez à l'étranger pendant un an ? Vous êtes partit où ?

Shinji a un faux mouvement assez conséquent qui lui fait déchirer une des feuilles qu'il tient sur une petite longueur à la question de son élève. Il se redresse, ne se départissant pas de son assurance naturelle même si pendant quelques secondes, une lueur incertaine avait brillé dans ses yeux. Ce garçon était au courant de quelque chose, forcément. Peut-être même qu'il était de ceux qui avaient envoyé des lettres, non ? Effectivement, Shinji avait développé une forte tendance à la paranoïa ces deux dernières années... comme si on pouvait le lui reprocher ! Son ton se fait plus tranchant alors qu'il fait remarquer :

- Tu es bien curieux, Takeshima-kun. C'est un bien vilain défaut.

Néanmoins, il se radoucit légèrement pour continuer :

- Je suis allé en France.

Ce qui n'était pas faux... Or, il n'y avait passé qu'un mois.

Atsuaki a un petit sourire avant de se mettre dos à la scène, y prenant appuit pour venir poser ses fesses dessus, croisant les jambes dans ce petit air digne, voir autain qu'il arborait souvent. Son regard observe un long moment le physique attrayant du professeur qui semble ne pas savoir s'il lui veut du bien ou du mal. Ca aussi il pouvait comprendre et s'il ne trouvait pas aussi triste d'avoir été persécuté comme il paraissait qu'il l'avait été, Atsuaki trouverait ça drôle.

- La France ? Alors vous parlez un peu français ? Vous y avez fait quoi ? Vous y donniez des cours ?

Un petit sourire glisse sur les lèvres de Shinji alors que l'autre prend place sur la scène, drapé dans toute sa fierté, visiblement. Et le pire, c'est que ça lui semblait naturel. Eh bien, ils étaient deux... Shinji se redresse, observant son élève de haut.

- Ma grand-mère maternelle est Française. J'ai toujours parlé français avec elle.

Il a un petit mouvement de la main avant de se pencher à nouveau sur ses feuilles.

- Et en quoi ça t'intéresse, ce que j'ai pu y faire ?

- Ca ne m'intéresse pas, je fais la conversation.

Non vraiment, pas la langue dans sa poche. Mais ce genre d'effronterie les amusait toujours beaucoup avec son meilleur ami... Finalement, venant passer le bout de ses doigts sur le script qu'il avait posé un peu plus tôt, il se lance un peu plus, testant peut être un peu les limites de son professeur...

- On dit que vous êtes partit à cause d'une rumeur qui aurait couru sur votre sexualité.

Shinji en a des sueurs froides alors que loin de respecter son autorité, Atsuaki aborde directement le sujet qu'il redoutait le plus, armé d'une attitude hautaine. L'homme lui lance un regard noir avant de lever un bras pour pointer en direction de la grande porte à présent fermée.

- Je ne sais pas ce que tu me veux, mais la porte est juste là. Il ne te reste plus qu'à la franchir. À mercredi, Takeshima.

Son ton est cassant et froid. Non... pas de ça encore une fois. Ces trois semaines s'étaient magnifiquement bien déroulées. Il voulait que ça continue...

Oups, visiblement, la limite était courte et la porte lui est désigné. Le pire, c'est que ce petit regard noir et cet air froissé lui allait plutôt pas mal hein... Atsuaki a un petit signe de la main qui ballait l'air, comme si ça n'avait pas d'importance.

- Ne vous fâchez pas. Je me disais que ça pourrait être une jolie revenche de faire une pièce de fin d'année sur ce thème...

Shinji arque les sourcils. Il pousse un petit soupir, se détendant néanmoins un peu tout en retournant aux feuilles du script du Marchand de Venise, celui de cette première session.

- La vie ne fonctionne malheureusement pas par revenche, Takeshima-kun.

Il lève un regard songeur sur son élève, le détail rapidement de la tête aux pieds, s'attardant cependant sur les traits tous en courbes de son visage, notamment à ses yeux, puis s'en détourne finalement pour s'occuper de son matériel.

- J'aurais dût m'en douter...

Ce garçon était gay, non ? Ça paraissait. Il se trompait peut-être... mais ce genre de chose, il les sentait presque...

- Alors quel genre de pièce aimerais-tu jouer dans cet optique ?

Un petit rire amusé franchit les lèvres d'Atsuaki qui décroise les jambes pour les croiser dans l'autre sens. Il hausse les épaules à la question, comme si ça n'avait pas d'importance.

- C'est vous l'expert vous savez. Encore que, il y a quelques garçons dans ce cours que j'aimerais beaucoup voir dans le rôle d'une demoiselle, à faire les yeux doux à un autre garçon. Je crois bien que ça leur ferait les pieds, en plus de me faire beaucoup rire. Et puis, c'est vous qui nous avait dit qu'à une certaine époque, les femmes ne pouvaient pas jouer et que les hommes qui les jouaient étaient souvent castra, voix oblige... Ca ramène aux sources en quelque sorte.

Puis avec un sourire toujours aussi amusé et entendu il demande, bien que sachant déjà les réponse :

- Alors ? Les rumeurs disaient vrai ?

Shinji soupire. Ce garçon avait de la suite dans les idées, c'était un fait. Néanmoins, il avait déjà choisis ce que serait la pièce en question. Enfin... "choisis". C'était vite dit. Le projet serait plus prenant que ça, cette année. Ce serait les élèves qui seraient chargés d'écrire le script, sous sa supervision. Il ne savait pas encore comment il allait répartir les tâche, alors forcément, il avait besoin d'un peu plus de temps pour péparer le projet. Néanmoins, ce serait intéressant et il n'en démordrait pas. Mais si ça pouvait emballer Atsuaki de se faire des plans sur la comète... Néanmoins, à la question qui suit, Shinji soupire à nouveau. Cette fois, il n'est cependant pas sur la défensive, mais bien las. Il se tourne vers le jeune homme, croise les bras, puis pose une fesses sur le bord de la table sur laquelle ses affaires étaient posées.

- Qu'est-ce que tu me veux ? Et sincèrement... Je ne vois vraiment pas ce que tu fais ici à me poser ces questions indiscrètes qui ne te concernent en rien.

Roh, il n'était pas drôle le professeur d'art dramatique ! Ouais, d'ailleurs il portait bien son titre quoi ! Atsukai soupire en levant les yeux au ciel avant d'avoir une petite moue boudeuse mais décidée.

- Mais ça m'intéresse figurez vous ! Tenez, aujourd'hui un de mes amis va voir "l'homme de sa vie". Il n'est pas vraiment discret vous savez, je me demandais donc si le lynchage était bien dût à ce que je crois.

Mensonge. Il voulait juste avoir la réponse à sa question... Katsuo savait très bien défendre ses intérêts tout seul.

Shinji arque les sourcils. Heu... certes. Il hausse finalement les épaules, se demandant si cet ami, ça ne serait pas plutôt Atsuaki lui-même. C'était fréquent, à cet âge, que de se mettre dans la peau d'un "ami" pour exposer ses propres problèmes. Il fini de glisser les quelques feuilles pour son cours qui n'avaient pas été utilisées dans une chemise prévue à cet effet. S'en suis rapidement le script, un ordinateur portable et une bouteille d'eau dans un autre compartiment, puis l'homme passe la bandouillière du sac sur une de ses épaules.

- Eh bien s'il n'est pas discret, c'est qu'il ne craint pas les représailles, ce qui est une bonne chose en soit. Et techniquement, l'homme de sa vie devrait bien pouvoir le soutenir moralement !

Pas question de répondre à la question d'Atsuaki, non. Cependant, il en profite pour ajouter, un peu sèchement :

- Ce ne serait pas plutôt le tient, d'homme de ta vie ? Tu es assez grand pour ne plus mettre tes problèmes sur le dos d'un quelconque ami, il me semble...

Bon là, Atsuaki commence à perdre patience... Il n'aimait pas beaucoup qu'on lui résiste de cette façon et en jouant sur le même tableau de distance que lui d'ordinaire ! Relevant légèrement le menton, fier, et croisant ses bras dans un petit air de défis il nie donc :

- Pas du tout. Je n'ai personne dans ma vie, mes études me prennent du temps. Ca ne m'empêche pas de reconnaître la beauté quand je la vois notez bien.

Sur ce, il a un petit clin d'oeil amusé dans la direction de son professeur.

- Pourquoi vous ne voulez pas me répondre ? Je vous fait peur ?

Shinji s'approche d'Atsuaki pour s'arrêter juste devant lui. Il croise les bras, un air sévère sur le visage. Nul doute que ce garçon devait en imposer énormément à à peu près n'importe qui dans son entourage. Mais avec lui, ça ne prenait pas. Il n'avait pas un caractère de merde pour rien, merci bien ! D'ailleurs, il ne cille même pas lorsque le jeune homme lui avoue sans pudeur aucune qu'il le trouve beau. Car c'était carrément cet aveu, mais tourné différemment... D'une façon poétique que Shinji ne manque pas d'apprécier et qui lui donne déjà une idée de pièce. D'ailleurs, son regard passe rapidement de la pièce à Atsuaki et ainsi de suite pendant une trentaine de secondes. Et finalement, il ouvre son sac rigide, y cherche quelque chose et en sort quelques feuilles. Il les feuillette un moment avant de trouver un marqueur et de sous-ligné quelques passages. C'était une pièce peu connue, voire inconnue, qui mettait en scène un jeune prostitué. Peu valorisant ? Ah mais non... Au contraire, pour un acteur, c'était le must. Les émotions de cettes pièces étaient intenses.

Il tend trois feuilles à Atsuaki. Un monologue.

- Tu me fais ça ? Je veux te voir à l'oeuvre... On m'a un peu parlé de toi. Ton ancien professeur. Maintenant, sois tu me prouves ce que tu vaux, sois tu sors d'ici sur la seconde. Je ne le proposerai pas deux fois.

Il n'y avait qu'un moyen de réellement gagner Shinji... Et ce monologue pendant lequel le jeune prostitué racontait ses déboires et ses peurs était probablement des plus impressionnant joué par quelqu'un qui avait le talent ET la beauté nécessaire. Atsuaki avait peut-être les deux... c'était à voir. Si seulement il savait faire taire son caractère dominant deux secondes...

Atsuaki fronce légèrement les sourcils alors qu'une idée semble germer dans la jolie petite tête du professeur... Il l'observe sortir un feuillet de sa sacoche, surligner de longs passages et finalement le lui donner. D'un petit mouvement sec, Atsuaki récupère les feuillets pour lire un peu ce que Ninomiya voulait le voir jouer. Et c'était pas tant une proposition qu'un ordre visiblement. Le regard de l'adolescent glisse rapidement sur les lignes, ses sourcils se fronçant un peu plus à chaque passage. Ha ouais... La complainte d'un prostitué, carrément ?

- C'est vraiment un test artistique ou c'est une façon de parler d'humilité ?

Shinji a un petit rire légèrement moqueur aux paroles d'Atsuaki.

- Tu as le physique pour être acteur. Et à ce que ton ancien professeur m'a dit, tu as aussi le talent, si seulement tu voulais bien y mettre un peu plus d'effort. Si ça ne t'intéresse pas, rends-moi ce script et retourne chez toi, tu ne m'intéresse pas non plus dans ce cas.

Atsuaki vient serrer contre lui le script, mettant au défis son professeur d'essayer de le lui reprendre. Rapidement, il se redresse, restant sur la scène tout en observant les lignes surlignées. Encore un petit regard un rien furibond pour l'artiste non loin et il retire finalement sa veste scolaire, sa cravate et vient passer une main dans ses cheveux pour se décoiffer un peu avant de tirer sa chemise de ses pantalons et de... Retirer ses chaussures. Ben quoi, il avait le droit de se mettre à l'aise non ? Ou plutôt, de se glisser un minimum dans le rôle ! C'est qu'il n'aimait pas arborer l'air négliger hein ! Encore un coup d'oeil au professeur, puis au texte pour en mémoriser autant que possible même s'il lui faudra forcément y revenir plusieurs fois et finalement il se lance. Dans un sens, il adorait les complaintes, il était très bon acteur quand il s'agissait de se faire plaindre en général...

Il commence d'une voix forte, observant son professeur comme s'il était le client auquel le prostitué parlait, presque colérique... Et au fur et à mesure il se fait plus petit, venant se recroqueviller un peu sur la scène, laissant sa voix se briser légèrement alors que ses yeux s'embuent réellement... Il n'en devient pas pour autant inaudible et même si la composition pouvait certainement mieux faire, il s'en sortait pas si mal non...? Encore un petit coup d'oeil au texte et intérieurement, il bout de devoir se rabaisser à ce point en expliquant à quel point il était misérable. Aussi au jeu se prête sa propre colère, ce qui quelque part, donne peut être une dimension un peu différente au personnage. Et quand finalement les derniers mots meurt, il se targue même d'une petite larme qui lui roule sur la joue et qu'il vient essuyer du dos de sa main, sortant très vite du rôle en grognant.

- C'est malin, mon rimel va couler maintenant...

Shinji ne parle pas. Il observe. Et il aurait pu y avoir une explosion nucléaire qu'il n'aurait probablement pas cessé de regarder Atsuaki en ce moment. Son regard est perçant, froid, inexpressif. Et pourtant, ce n'était qu'une façade, cette fois. Il ne voulait pas que le jeune homme voit un sentiment positif dans ses yeux, qu'il s'en serve comme tremplin. Il voulait d'un Atsuaki qui actait pour l'art seulement, pas pour la lueur de plaisir qu'il trouverait au fond de son regard. Et l'expérience est des plus plaisante. Pendant ces longues minutes, le jeune homme lui prouve qu'il a le talent et qu'il ne reste plus qu'à l'exploiter. Et il n'y avait pas mieux pour plaire à Shinji ! Ce dernier se redresse lorsque finalement, Atsuaki arrive sur la note finale du script. Il applaudit légèrement, comme tout bon critique de théâtre saurait le faire. Et encore une fois seulement pour le tester, il commente, très sérieusement :

- Tu dois incarner un prostitué de la rue. J'avais l'impression d'avoir une poule de luxe devant moi. D'ailleurs, tu devrais peut-être surveiller ta ligne, même l'hiver. Tu n'élèves parfois pas assez la voix. On doit t'entendre jusqu'au fin fond de la salle. Tes yeux se perdaient trop souvent sur moi. Tu dois regarder tout le public. D'ailleurs, tu n'aurais peut-être capté que l'attention des néophytes. Les autres seraient déjà partis.

Il s'interrompt un instant avant de conclure :

- Tu as du talent. Et je veux l'exploiter.

Atsuaki est déjà debout, ayant laisser le script par terre et il remet sa chemise dans ses pantalons avant de réenfiler veste et chaussures. Aux critiques du professeur, il siffle tout bas mais ne commente pas pour l'heure. Il putiserait avec Katsuo quand il le verrait par contre ! Parce que contrairement à ce que l'homme disait, dans la vie, la vengence prenait beaucoup de place et son orgueil n'aimait pas tant en prendre plein la tronche. D'ailleurs, le regard qu'il lui envoi n'est pas rempli de reproche mais uniquement de défis, comme toujours. Et lorsqu'il finit sur un... Compliment ? Atsuaki réplique en haussant les épaules un peu brusquement.

- Moi l'art dramatique ça m'intéresse juste pour la présence sur scène. Je ne veux pas être acteur.

Puis avec un sourire confiant et orgueilleux il ajoute :

- Moi je suis musicien. Et un jour, je n'aurais même pluss besoin de regarder la foule, parce que c'est elle qui me regardera.

Puis descendant de la scène et se mettant en face de Shinji, maussade un instant il demande, visiblement beaucoup plus soucieux et intéressé :

- Il y a un problème avec ma ligne ?!

SHinji a une petite mine écoeurée lorsque Atsuaki blasphème. Il voulait donc gâcher ce beau talent ?! C'était probablement le cauchemar d'un enseignant... encore pire que celui qui n'avait pas une goutte de talent et se croyait digne de Broadway ! Néanmoins, il n'argumente pas. Ce n'est pas comme s'il pourrait réellement parvenir à quelque chose avec cette tête de linotte, soyons sérieux un instant. Il a un petit rire lorsque Atsuaki lui assure qu'il veut devenir musicien. Ouf... le gros projet ! Ces ados... tous les même ! À ce qui suit, cependant, Shinji a un réel sourire, terriblement amusé.

- Non, tu as la ligne que tout mannequin devrait avoir, selon moi. Mais ce n'est qu'un avis personnel, prend-le pour ce qu'il vaut. Je voulais te faire réagir, un peu...

Il soupire, demandant néanmoins :

- Tu ne veux vraiment pas devenir acteur...?

Un petit air satisfait revient flotter sur les lèvres d'Atsuaki. Ca le faisait toujours ce genre de compliment, de la part d'un homme qui aimait l'art et qui, cerise sur le gâteau, savait de quoi il parlait puisqu'il était gay !

- Et vous ? Vous ne vouliez pas devenir acteur ? Pourquoi professeur ?

Atsuaki plante son regard dans celui du professeur avant de constater :

- C'est dommage, ça veut dire que vous êtes intouchable ça ?

- Intouchable ?

Il arque les sourcils, mais n'en rajoute pas, songeant seulement à ce que lui avait précédemment demandé Atsuaki. Il hausse finalement les épaules, convenant :

- Je préfère enseigner à de jeunes acteurs en devenir que l'être moi-même. Je joue, parfois. Mais je préfère les petites pièces aux grandes productions. Néanmoins, ça paie mal. Il y a toujours l'enseignement pour survivre adéquatement...

Atsuaki ajuste le noeud de sa cravate correctement, se montrant intéressé :

- Vous jouez en ce moment ?

Shinji observe un moment l'étudiant avant de trancher :

- Je suis en train d'apprendre un scénario, mais ce n'est pas avait un moment les pratiques. Qu'est-ce que tu voulais dire par "intouchable" ?

Intouchable ? Ha oui ! Il avait dit ça ! Avec un petit sourire charmeur -parce que le charme aussi il savait le jouer !- Atsuaki hoche la tête de façon positive, confirmant le mot alors qu'il s'explique :

- Fréquentable, sortable. Un verre, un flirt, une aventure, une histoire... Il y a beaucoup de mot qui irait pour expliquer, lequel vous préférez ?

Shinji arque les sourcils. Il pousse un petit soupir, hochant la tête de gauche à droite. Et le pire, c'est que si Atsuaki n'avait pas été un élève... bref !

- Je préfère "néant". J'ai déjà eu assez d'ennuis ainsi. Pas la peine de courir après de nouveaux, aussi séduisants soient-ils.

C'était un compliment ça non ? Atsuaki le prend comme tel, ce qui lui fait totalement esquiver le "néant". Il se contente de rire, signalant :

- Ca veut donc dire que vous êtes célibataire en tout cas. Et que je vous plaît. C'est plutôt bon pour moi non ? Il paraît que dans le métier d'acteur, on gagne pas tant les rôles pour nos talents sur scène qu'en dehors...

Shinji hoche lentement la tête de gauche à droite, réajustant la couroie de son sac contre son épaule. Il tend la main pour réclamer le script qu'il avait prêté à Atsuaki... et finalement la ramène à lui avant de récupérer les feuilles.

- Garde les feuilles et pratique un peu. J'aimerais quand même voir ce que ça va donner. Pour le reste, tu peux toujours rêver... on dit que ça fait vivre.

Oui... de la confiance en soi et de l'arrogance. Ça ne faisait pas toujours bon ménage.

Atsuaki rigole, regardant par dessus son épaule pour observer le script. Et finalement, alors que son professeur semble sur le point de partir il demande, pétillant :

- j'ai le droit d'offrir le type de prestation que je veux ? Sous la forme que je veux je veux dire ?

Shinji fronce les sourcils, penchant légèrement la tête sur le côté, songeur.

- Qu'est-ce que tu as derrière la tête...?

C'était pas dangereux de lui dire "oui" ? Il avait un mauvais préssentiment...

Atsuaki se mordille la lèvre inférieur, s'imaginant déjà ce qu'il pouvait faire avec une guitare et une tenue suggestive. Ou pas de tenue du tout ? Il était certain que Katsuo serait prêt à l'aider... Le plus ardu serait de composer un morceau qui colle à l'ambiance du texte et sur lequel il pourrait réciter le tout, jouant une fausse pudeur dissimuler sous son instrument... En fait, il avait une idée très précise de ce que ça pourrait donner et pour les détails, katsuo l'aiderait non...? Ils étaient très fort malgré tout dans ce genre de domaine... Et puis se serait un pied de nez à Ninomiya non...? Ouais ! Il allait faire ça, même pas peur !

- Si je vous le dit, ce ne sera plus vraiment une surprise !

Shinji pousse un long soupir las. Il lève les yeux au ciel, puis fait un geste de la main vers Atsuaki pour signifier que ça lui importait peu. Sur ce, il se tourne vers la porte qu'il franchit tout en élevant la voix :

- Fais ce que tu veux, tant que c'est intéressant et artistique. Et applique-toi, pour l'amour de dieu... cette pièce, c'est un vrai chef-d'oeuvre. On se voit mercredi. Bonne fin de journée, Takeshima-kun.

Atsuaki entend à peine son professeur sortir. En fait, il a déjà saisit son cellulaire. Le côté artistique ? Il le voyait déjà tout à fait, autant dans la musique que dans l'image. Le texte mettait à nu un prostitué ? Il allait lui donner la parole, l'accompagnerait de quelques accords de guitare et lui donnerait un corps à cacher... Mais qui attirerait ? Que demander de plus ?!
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