Cassis

 
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 13. À corriger

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Freya


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MessageSujet: 13. À corriger   Mer 29 Sep - 18:41


Haku soulève le clapet de son cellulaire pour observer l'écran lumineux. Il compose un numéro qu'il avait apprit par coeur la veille mais son pouce ne vas pas presser la touche d'appel. Depuis le début de la journée, c'était au moins la 10ème fois qu'il avait ce geste. Et jamais il n'avait appelé, se contentant d'observer le numéro inscrit, se remémorant sa soirée et se demandant s'il devait le faire ou bien pas. D'ailleurs, avoir autant la tête ailleurs l'avait un peu gêné aujourd'hui. Il avait eu du mal à se concentrer et avait renoncé à un petit coup qu'il montait. Tant pis, il attendrait une autre occasion... A la place ses mains avaient été de poche en poche, sans jamais éveiller les soupçons et le voleur s'était servit. La journée n'avait pas été très très bonnes... Mais elle serait sûrement "suffisante" puisque pour le coup, il allait renoncer à payer son loyer quelques temps. Il n'avait même pas pu parler ni à Ryo ni à Natsuki pour leur dire qu'il squattait. Il avait juste investit une des chambres où deux personnes déjà dormaient et puis il comptait renouveler ça ce soir.

Finalement, Haku referme le clapet de son cellulaire, toujours sans appeler. Il fallait qu'il se sorte Yori de la tête deux minutes, juste histoire de décompresser. Sauf que sur le chemin de la maison, alors qu'il n'est plus qu'à quelques rues, il s'arrête brusquement. Et il ne s'arrête pas pour rien. Quelqu'un à surgit juste devant lui. Et il reconnaîtrait ce regard entre mille. Hiroshi. Dire qu'il se félicitait justement de l'avoir si subtilement évité toute la matinée à la maison pour tomber sur lui maintenant. Haku fait un pas sur la gauche pour passer mais Hiro l'imite, lui barrant à nouveau le passage... Petit pas à droite... Et à nouveau, l'homme se dresse sur son chemin. Agacé, Haku lui renvoie un regard noir avant de rebrousser chemin, s'assurant d'un regard par dessus son épaule qu'il ne le suivait pas. Il préférait encore éviter la confrontation avec ce type là qui semblait particulièrement content qu'on lui résiste. Pas la peine de lui donner ce qu'il voulait, ça pouvait même l'exciter... Connard...

Sauf qu'alors qu'il tourne à un angle, pensant simplement faire le tour du pâté de maison, une main le saisit brusquement à l'épaule pour l'attirer à nouveau dans la ruelle. Haku en a le souffle coupé : rapide... Il dégage son épaule, poussant sur Hiroshi pour s'en désolidariser :

- Bordel sale con tu cherches à me donner une attaque ?! T'as rien de mieux à faire ?

Hiroshi s'emmerdait grave. Oh, il avait bien occupé sa journée. Un règlement de compte par-ci pour Ryo. Une course rapide par-là pour Natsu... Il avait fait les squats de drogués aussi pour fournir quelques petits vendeurs qui les aidaient un peu. Mais maintenant, c'était le calme plat. Il trainait dans le coin de la maison depuis près d'une heure sans qu'il ne se passe rien du tout. Son frère était injoignable - quoi que Hiro se doutait que Shinji ne répondait tout simplement pas au téléphone en voyant son nom sur l'afficheur... vive l'esprit de famille ! - et tous les autres semblaient être bien occupés. C'était vraiment emmerdant... Et alors que Hiro songeait à aller mater sur la rue d'à côté - il n'avait pas l'argent pour payer ces putes, hein... - il tombe sur... Haru. Grand, des jambes infinies, des lèvres bien perverses. Un petit sourire apparaît sur le visage de l'homme. Un peu vieux selon ses goûts, mais pas trop non plus. Ça le ferait .PArce que c'était d'un autre genre de plaisir qu'il avait besoin présentement !

Le plus drôle, ce fut probablement de voir ce garçon marcher admirablement bien dans "son piège". Rien de bien élaboré... Il voulait juste lui faire un petit peu peur. C'était pas bien méchant, quoi ! Haku s'éloigne. Hiro lui laisse de l'avance avant de le rattraper, l'attirant un peu brusquement dans une ruelle qu'il savait très peu fréquentée. Aux paroles d'Haku, il rigole.

- Oh allons... Tu n'as sûrement pas grand chose à faire. Je t'ai vu rôder sans but précis toute la journée. Alors, qu'est-ce qu'il y a ??

Tout en parlant, il appuie le jeune homme contre un mur, son sourire ne disparaissant pas.

Haku donne un coup d'épaule en grognant pour faire comprendre à Hiroshi que lui, il n'avait pas du tout envie de jouer en sa compagnie. Il n'avait pas des gamins à aller emmerder ? Ok, ça craignait comme genre de réflexion mais pour le moment il aurait préféré qu'Hiro soit en train de jouer ailleurs. Le pire c'est ce petit regard suffisant qu'il aborde. Qu'il crève. Et ceux qui le laissait vivre impunément n'auraient peut être pas toujours mérité mieux même s'il les admirait la majeur partie du temps.

- Vas jouer ailleurs Hiroshi. Je rentrais, je dois voir Ryo... T'aimerais pas que j'aie à me plaindre je suppose ? On dirait qu'il perd patience avec toi.

Hiroshi donne un petit coup à la palette de la casquette d'Haku pour la faire tomber au sol, dévoilant une flopée de cheveux blonds. Il fait un petit clin d'oeil au jeune homme, amusé.

- Ryo est trop occupé avec sa catin. Mais moi, j'en ai pas, de catin... C'est triste, n'est-ce pas ?

Dieu qu'il aimait les sentir fougueux sous ses doigts. Ça lui donnait que plus envie... Et présentement, l'envie était bien présente.

- Allons, c'est qu'un peu de ton temps... Je te promet de ne pas te faire mal.

Sa casquette va s'échouer sur le trottoir et Haku grince des dents, envoyant un regard noir à Hiroshi qui ne voulait pas lâcher l'affaire. Ryo ne lui serrait pas assez la bride ! La preuve, il n'en avait pas peur, tout ça à cause de cette putain qu'il avait ramené et qu'Haku aurait bien frappé, juste pour se soulager -et parce qu'il avait moins de chance d'avoir du répondant...-. Il hoche négativement la tête à la "proposition" d'Hiroshi.

- Je ne suis pas intéressé, va plutôt mourir quelque part...

Il le bouscule pour se désolidariser du mur en vue de partir, son rythme cardiaque faisant quelques envolés alors qu'il se penche rapidement pour récupérer sa casquette avant de partir.

Hiroshi laisse Haku le repousser. Juste pour dire que le jeune homme puisse croire qu'il allait réussir à s'en tirer... Mais c'était trop tard. Il avait un oeil sur lui depuis un petit moment. Et maintenant, c'était sa chance de goûter à cette peau blanche qu'il supposait être divinement sucrée. Haku se penche. Hiro lui met une main aux fesses, l'autre à la gorge, restant derrière lui. Il le force à se redresser pour l'appuyer sauvagement contre le mur en béton, histoire de le sonner juste assez pour qu'il ne puisse immédiatement se défendre. Sa main glisse dans le cou blanc... et il arrête une seconde ou deux, peut-être un peu surpris. Son doigt glisse sur le suçon que le jeune homme a dans le cou... Il presse un peu plus Haku contre le mur, ses lèvres se posant sur la marque. Il n'aimait pas qu'on marque ainsi ses petites victimes...

- Eh bien... Qui t'as pris, Haku ? Il a fait ça comment ? Peu importe. Je vais te le faire oublier... Et avant, je vais effacer cette marque pour y déposer la mienne, plutôt, kokoro...

Un sursaut surprend Haku quand une main vient derechef se poser sur ses fesses mais pas le temps de réagir réellement qu'il se retrouve brutalement la tête contre le mur. Même que l'arcade sourcilière à éclaté sous l'impacte. Ce n'est rien de grave, vraiment, mais ça le sonne. Et ses jambes fléchissent légèrement alors qu'il tente de récupérer équilibre et aplomb. Il sent les doigts dans son cou, qui lui semble froid, un peu comme la pierre du mur contre laquelle sa joue est encore collé et un gémissement terrifiée franchit malgré lui ses lèvres en sentant les lèvres d'Hiroshi venir se poser là où il sait être le suçon que Yori lui a fait. Et Hiroshi se met à parler plus ou moins tout seul, avec des mots insolents mais pas que... Il réutilise ce "kokoro", sans le savoir, que Yori lui avait déjà servit la veille. Sauf que son coeur ne bat pas soudainement encore plus vite pour les mêmes raisons...

Il pousse mollement sur ses bras, encore groggy, tentant de se dégager, fermant un oeil alors qu'un peut de liquide coule sur sa paupière et un grognement passe encore ses lèvres, parce qu'il est trop sonné pour réellement hurler. Il donne un coup en arrière, plus ou moins dans le vide et finalement il réussit enfin à gonfler ses poumons d'air, ne cherchant même pas à discuter avec son agresseur, utilisant cet oxygène pour hurler, des fois qu'avec un peu de chance, des membres du clans soient dans le coin :

- A l'aide ! Au secours ! Quelqu'un !

Yori marchait lentement et avec précaution. Il était dans le quartier des Kikikan. Et il savait fort bien que si plusieurs têtes ici lui étaient complètement inconnues, d'autres sauraient qui il était et voudraient lui faire payer ses actes passés. Et aujourd'hui, Yori n'avait pas du tout la tête à se battre contre ses anciens frères. Il était encore sonné par sa rencontre d'hier. Et surtout, par ce qui avait suivit pour lui faire payer son échec cuisant face à un simple gamin de 25 ans. Mais Yori savait que ce n'était pas qu'un "simple gamin". C'était Haku. Son Kokoro. Il avait accepté d'être puni sans sourciller. Et aujourd'hui, un large bandage recouvrait une main blessée, traversée de part et d'autre par un couteau (-)). La mutilation était devenue trop voyante dans un monde où les Yakuza avaient de plus en plus de mal à se faire une place. Pas à cause du Japon, mais plutôt à cause de ces autres pays qui croyaient pouvoir faire leur loi ici... Bref... L'homme réajuste son veston, passant près d'une ruelle sombre. Il devrait bientôt tourner les talons.

Il était trop près de la maison. Mais, il devait trouver ce Hiroshi dont lui avait parlé Haku. Ce connard ne semblait pas sortir souvent, huh ? Néanmoins, alors qu'il tournait les talons, une voix bien connues, très claire, lui parvient de la ruelle qu'il venait de dépasser. Le coeur de l'homme accélère, mais il ne perd pas son sang froid, s'engageant sans plus tarder dans la ruelle, sortant son pistolet de son veston. Arme au point, il étrécit les yeux, tentant d'y voir quelque chose... et le spectacle qu'il a sous les yeux lui glace le sang. Les mains d'un homme glissent sur le corps svelte et tout en courbes d'Haku, visiblement contre la volonté du jeune homme. Il les voit glisser sous son gilet. Il le voit poser ses lèvres sur la marque que lui-même avait déposé dans le cou d'Haku la veille. Et surtout, oh surtout, il l'entend l'appeler "kokoro"... Yori franchit la distance qui le sépare de l'homme pour lui donner un puissant coup de la crosse de son arme sur la joue, laissant une profonde entaille à ce niveau, la peau ayant fendue, rien de moins.

Les yeux du Yakuza brillent d'une colère pure. Sans attendre que l'autre soit dans de meilleures dispositions, il se défait de son veston, le laissant carrément tomber sur le sol.

- Toi et moi, on a à se parler.

La voix est dure et grondante.

- Premièrement, cette petite marque rouge, c'est moi qui l'ait déposé là et elle y restera. Deuxièmement, Haku n'est appelé "Kokoro" que par moi. Et troisièmement, tu vas crever. Des questions ?!

Ca avait toujours eu ce petit côté jouissif que de toucher ce qui était défendu... Hiro avait toujours aimé ça, d'aussi loin qu'il se souvienne... Et quand il sentait la peau frémir sous ses doigts ou sous ses lèvres, comme maintenant, il se souvenait pourquoi il aimait tant ça... Pourquoi ça lui manquait quand il essayait d'avoir une "vraie" relation comme on dit. Il aimait les entendre supplier, crier et pourtant n'être que de pauvre petites choses frémissantes entre ses doigts experts. Ca donnait une saveur toute particulière aux choses. Et il aurait pu se repaître à satiété de sa nouvelle petite cible si sortant de nul part, quelque chose n'était pas venu le frapper de façon violente à la joue. Il a un cri de douleur, titubant en arrière, manquant même de tomber là où Haku finit lui même à genoux, visiblement aussi sonné que lui et plus par la surprise que par le coup... Hiro porte une main à sa joue blessé où un filet de sang s'échappe tout en envoyant un regard meurtrier à celui qui l'a interrompu.

Pas la moindre idée de qui est ce type qui se targue d'avoir fait le suçon sur le cou d'Haku et d'être le seul à pouvoir lui adresser des mot d'amour. Ha bon il va crever ? Ce type le prenait pour un débutant ou quoi ?! Hiroshi se redresse convenablement, surplombant ce nain de sa taille (aucune idée de sa taille) et avec la rapidité qui lui est caractéristique et avant que l'homme ne s'y attende, il se rue sur lui, repérant vite la main bandé pour venir taper dessus de toute ses forces. Au diable les coups bas... Il le saisit fortement, cognant sa main armée contre le mur pour le faire lâcher l'arme en question, laissant haku à son sort qui semble toujours hébêté.

- Connard ! T'es sur mon territoire ici, c'est toit qui va crever !

Ce type avait des réflexes.. De très bons réflexes même. Après tout, pas Kikikan pour rien non plus, hein ? Mais jamais au grand jamais il n'aurait laissé en vie un homme qui ose toucher à ses ouailles ! Ryo était un connard et lui aussi allait finir par payer. Mais pour le moment, il devait s'occuper de ce garçon. La douleur à sa main déjà blessée est fulgurante. Ses yeux en piquent, mais il ne proteste pas. Les Yakuza savaient souffrir en silence... Il ne jure même pas lorsque son arme tombe sur le sol. Il n'a pas le temps de s'attarder à la frustration du début de cette bataille. Alors, sans plus attendre, il saute sur l'homme à son tour, donnant un bon coup dans son ventre. Problème : il n'avait pas songé à sa main gauche blessée et c'est toujours elle qu'il utilise. Un gémissement de douleur, cette fois, franchit ses lèvres. Mais il ne reste pas longtemps sur le banc de touche, faisant un bond sur le côté, observant avec attention l'homme. Lui avait l'expérience derrière lui et surtout, une vraie formation au combat...

- Je n'en serais pas si sûr si j'étais toi... J'étais justement ici pour te faire la peau. Et maintenant, j'ai même une raison de plus pour le faire.

Hiroshi étouffe un cri de douleur en se prenant un coup dans l'estomac qui lui coupe une minute le souffle. Il se recule, plié en deux une seconde, manquant de tomber à genoux tant pendant un instant il lui semble qu'il manque d'air. Mais il finit par se redresser, le regard revolver. Ce que dit ce type l'interpelle forcément. Ici pour lui faire la peau ? Mais c'était qui ce type ?

- T'es qui ? Un pro ? On t'a payé ?

Un petit rire un rien dément franchit ses lèvres :

- Dis moi son nom. Une fois que je t'aurais tué, j'irais voir ce gars qui croit qu'il peut m'envoyer des vieux handicappés pour me faire la peau...

Des vieux handicapés ?! Non mais !! Yori pince les lèvres, fusillant ce connard du regard. Vraiment, il y en avait qui avaient oublié leur bonne manière dans le ventre de leur mère ! Le "vieil handicapé" ne l'avait pas pris du tout celle-là !

- Un pro pour te tuer ? Tu te surestimes. Disons que je venais faire le ménage c'est tout .Et toi, t'es la saleté qui a toujours été mise sous le tapis. Je viens t'en déloger, c'est tout.

Il se tait. Aucun sourire au visage, plus aucune parole. Il est là pour tuer et il n'a pas son arme ; il faudra faire comme dans le bon vieux temps... Avec un peu plus de grâce. Les entraînements d'arts martiaux, ça aide... Et l'autre con le sous-estimait à cause de son âge. C'était très stupide. Mais qu'il continue ! Ça lui simplifiait la tâche ! Yori ferme les poings, se plaçant cette fois réellement en position de combat. Il attend un court instant, puis, finalement, franchit la distance qui le sépare d'avec l'homme pour le frapper d'un coup de poing dans l'estomac. Mais ça ferait son temps... l'autre allait probablement répliquer... et surtout, il n'était pas vraiment blesser, lui...

L'homme blablate avant de finalement adopter une vraie position de combat. Ha oui... Il avait peut être de bon restes finalement... Un petit sourire glisse sur le visage d'Hiroshi alors qu'il adopte lui même quelques positions de son choix. fallait pas croire, il avait beaucoup d'ennemis et s'il était toujours vivant, il le devait pas à son bon karma. Il se prend un coup alors que le type fond sur lui mais réussit à amortir plus ou moins le coup alors qu'il réplique, saisit l'homme au colet avant de lui balayer les jambes d'un coup de pied. Ses doigts affirme la prise sur le col mais les boutons sautent, le tissu craque et il est obligé de reculer plutôt que de porter le second coup tout de suite. A côté, il entendu Haku et tourne rapidement les yeux vers lui. Il perçoit des bribes de mots bredouillés mais note très clairement le "Yori" qui est adressé à son adversaire. Et il fait le lien très vite, peut être par chance. Il se jette à nouveau sur l'homme au sol et lève le poing dans le but avoué de venir le lui mettre dans la figure. Il prend néanmoins une seconde :

- Bordel, Ryo va beaucoup m'aimer après ça...

Yori pousse un cri de colère lorsque l'homme saute sur lui à son tour, lui donnant un bon coup dans les jambes qui le déstabilise. Il sent le tissu de sa chemise craquer sur son dos lorsque l'homme le saisit par le collet. En profitant pour s'éloigner d'un bond, il laisse tomber ce qui reste de sa chemise sur le sol... et soudainement, il se sent beaucoup plus libre de ses mouvements. Cette chemise était confortable... pour tout sauf le combat. Maintenant il pourra se battre. Réellement. Yori fait abstraction de tout ce qui l'entoure. Il entend à peine Haku, se concentrant uniquement sur ce Hiroshi. Et celui-ci semble justement se féliciter. Quoi ? Il savait qui il était ? Peu importe... À nouveau, l'homme fond sur lui. Yori lève un bras, bloquant le coup qui lui était destiné et, se retournant vivement à 180 degrés, il vient donner un puissant coup de pied dans le ventre de l'homme, le forçant à reculer. Il n'attend pas que l'autre reprenne son souffle, se ruant vers son arme à feu. Lorsqu'il se redresse, c'est pour en tirer le chien, pointant le pistolet sur le connard en chef.

- Une dernière parole, peut-être ? J'ai de l'honneur, contrairement à ce que certains pensent. Je te laisserai bien ça.

Cette fois Hiroshi tombe à genoux. Il crache du sang par terre suite à ce coup violent dans l'estomac et ce dernier lui fait si mal qu'il en oubli la douleur fulgurante de son épaule à moitié désarticulé par Yori. Il pose une main par terre pour se soutenir et lève un regard torve sur l'homme à demi dénudé et dont les tatouages on ne peut plus visible à présent lui confirme ce qu'il avait pensé. Ses yeux se posent sur le canon de l'arme, presque trop calme avant de remonter sur l'homme qui le tien.

- Vous tarderez pas à me suivre... Va mourir, connard... Et emmène ta putain avec toi.

Yori reste de marbre aux paroles d'Hiroshi. Elles ne comptaient plus. Lui ne comptait plus. Il tire. La balle traverse tout simplement le front de l'homme qui tombe mollement sur le sol. Une bonne chose de faite... Un salopard de moins sur la terre, ça ne faisait jamais de tort. Yori ne bouge pas pendant un long moment. Et lorsque finalement il semble revenir à lui, il baisse le regard sur sa main gauche, dont le bandage est à présent plus rouge que blanc. Soupir aux lèvres, il lève la tête vers le joli blondinet qui attend toujours dans son coin.

- Ça va aller, Kokoro ?

Le Yakuza glisse son arme dans sa ceinture, derrière son dos, avant de se pencher pour récupérer sa chemise craquée. Ce sera bon pour les poubelles, n'est-ce pas ? Mais pas ici...

Haku avait finit par se remettre debout après plusieurs tentative. Ho le choc du coup était passé... Mais celui de voir Yori arriver, sortant de nul part, alors qu'il appelait à l'aide, ça ça l'avait complètement ébranlé. Et la bagarre qui avait suivit entre les deux hommes l'avait complètement tétanisé, n lui permettant de façon régulière que de prononcer quelques "Yori" paniqué et inquiet à le voir prendre des coups. Finalement ça se termine par un coup de feu, le corps d'Hirosho retombe mollement sur le sol et Haku blêmit légèrement. A la question de Yori il quitte le cadavre des yeux pour les poser sur l'homme. Des tatouages colorés et immense couvrent une large superficie de son corps... Il n'arrive pas a en détacher ses yeux de suite, légèrement hypnotisé par eux et finalement il rebranche, épongeant d'un revers de manche son arcade abîmé avant de noter la main de Yori.

Il a un petit cri en venant lui saisir le poignet pour mieux voir et finalement, après un nouveau regard autours d'eux, il l'entraîne ailleurs, lui faisant signe de réenfiler sa veste.

- Vient, il ne faut pas qu'on te voit ici. Et il faut soigner ça. Qu'est ce qui s'est passé ?!

Non pas de "merci". Parce que tout ce à quoi il songeait, c'était à ce qui arriverait si on les surprenait. Et ce qui pouvait bien être arrivé à la main du yakuza...

Yori gronde alors que Haku se rue sur lui... ou plutôt sur sa main. Il soupire, se penchant pour récupérer le veston qu'il enfile rapidement. Ce n'est pas nécessaire pour cacher les tatouages sur son ventre, mais peu importe. Il ne prend même pas la peine de l'attacher. Chemise en main, il suit docilement Haku. Cette petite rencontre n'avait pas été prévue... Et ça le rendait un peu grognon. Parce qu'il devait disparaitre de la vie d'Haku et ça, il le savait.

- C'est déjà soigné. Je vais refaire le bandage en rentrant à la maison. Et c'est ce que je compte faire maintenant, Haku mon coeur.

Il s'arrête de marcher, glissant une main - celle encore saine - sur la joue d'Haku pour le forcer à le regarder. Cette fois, la colère qui brillait dans ses yeux fait place à la peur qu'il avait ressentit en le voyant avec cet homme.

- Il aurait mérité de souffrir plus que ça... Et Ryo aussi, malgré tout ce que tu peux en penser.

Haku reste un moment placide, observant les billes noirs inquiètes du regard de Yori et finalement il soupire, se détachant de l'homme pour avancer dans la rue :

- Très bien, on va chez toi pour soigner ça. On prend ta voiture, je conduis.

Se disant, il regarde la clef qu'il venait de barboter dans la poche de Yori pour voir la marque de la voiture. L'air de rien, et pressant un peu l'homme il demande :

- T'es garé où ?

C'est pas vrai... Yori gronde, rattrapant Haku pour le bousculer un peu, l'attrapant par l'épaule et le secouant, comme quand il était gosse et qu'il avait fait une bêtise.

- Tu fouilles systématiquement dans les poches de tous ceux que tu rencontres ?! Ça se fait pas, bordel...

Il gronde, tentant la main pour ravoir ses clés.

- Je n'ai pas besoin qu'on conduise pour moi, merci. Et puis as-tu seulement ton permis ?!

Se reprenant, il dit un peu plus calmement :

- De toute façon, Haku, tu sais tout aussi bien que moi que je dois sortir de ta vie... Nous ne faisons pas partis du même monde.

Le voleur ignore superbement la dernière réflexion de l'homme et, insolent, cherchant à l'agacer peut être encore un peu, parce que ça le détendait de le voir lui faire encore et toujours moral, il lui montre son portefeuille, lui aussi habilement volé... On se refait pas hein...

- Non j'ai pas mon permis. Mais j'ai le tien. Et moi j'ai deux mains.

Finalement il hausse les épaules, montrant la rue d'un signe de tête :

- Alors, c'est laquelle ? Et si tu crois que tu vas sortir de ma vie maintenant que t'as tué un type qui a essayé de me violer dans une ruelle, tu te met le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. De toute façon j'ai ton numéro de téléphone, ton nom... C'est qu'une question de temps avant que je trouve ton adresse... Alors soit tu me l'a donne... Soit je te la vole...

Il fixe les prunelles sombres, une détermination totale dans le regard. Cette fois il ne fléchirait pas, que se soit clair...

Haku l'aurait bien giflé ce gamin pour lui manquer de respect à ce point. Mais, il se retient. L'envie lui manque... et il faut avouer qu'à l'idée d'avoir Haku chez lui, il se sent étrangement... bien. Il soupire, se dirigeant vers sa voiture en maugréant, tirant Haku derrière lui. Ils s'arrêtent devant une jolie BMW coupée sport et surtout, blindée, d'un noir brillant. La voiture, la maison et même le chalet en montagnes... En treize ans, Yori avait su rouler sa bosse. Il ne lui manquait qu'une personne avec qui tout partager. Mais ça, c'était une autre histoire... Néanmoins, il tend la main à Haku.

- Tu viens, mais c'est moi qui conduit. Tu pourras la conduire lorsque tu iras chercher ton permis, pas avant.

Haku grogne un peu, pour la forme, mais comme il obtient d'accompagner Yori il se fait plus docile, rendant portefeuille et clefs de voiture au yakuza. Quand les portières sont ouvertes, il se pose à l'intérieur, un petit sifflement admiratif franchissant ses lèvres devant le côté super classe de la voiture. Il pose encore un regard légèrement inquiet sur la main de Yori mais ne commente pas, ils verraient ça chez l'homme.

- Tu as tenu ta promesse.

Il quitte le profil agréable de Yori pour fixer la rue à travers le pare-brise.

- Pour Hiroshi je veux dire. Oui parce que c'était lui.

Yori ignore la blessure à sa main qui, malgré tout, le fait drôlement souffrir. Il deverrouille les portières de sa voiture, puis monte rapidement à l'intérieur. Les vitres sont teintées et il s'en félicite. Parce qu'au moment où il ferme la portière, un homme apparait dans son champ de vision. Et cet homme observe la voiture avec un petit air visiblement envieux, mais rien de plus. Petit, blond, tatoué mais sûrement pas de la même manière que lui... Ryo aurait tué s'il les avait vu tous les deux dans la même voiture. Néanmoins, Yori l'ignore, restant de glace alors qu'il démarre sa voiture. Il opine aux paroles d'Haku, s'engageant dans une rue dans le but de rejoindre l'autoroute. Il n'habitait pas dans la ville...

- Je m'en doutais. Mais j'aurais pu arriver trop tard...

Haku se fait tout petit dans son siège, rajustant sa casquette sur sa tignasse blonde et en abaissant la visière alors qu'il voit quelqu'un qu'il connait rôder autours de la voiture. Les vitres ont beau être teinté, il est mal à l'aise. heureusment Yori ne reste pas les bras croisés et bientôt la voiture démarre, quitte son stationnement, et s'élance réellement. Le volur observe dans le rétroviseur les bâtiments s'éloigner et un petit soupire franchit ses lèvres tandis qu'il se tourne à nouveau vers Yori. ce dernier à les cheveux légèrment en bataille et la veste par dessus son torse nu... Ca lui donne un petit côté sauvage carrément pas dégeux...

- C'est la mafia ? Ta main je veux dire.

Yori hésite à la question du jeune homme. Il hoche la tête d'haut en bas... puis de bas en haut. Soupirant, il tourne sur l'autoroute, s'éloignant ainsi du centre-ville.

- C'est moi qui l'ai fait. Pour l'Oyabun. J'aurais pu ne pas le faire. Mais je voulais lui prouver que je regrette d'avoir échoué.

L'homme lance un petit regard aigu à Haku, demandant rapidement :

- Ne juge pas sans savoir, Haku. Ça ne regarde que moi.

Un frisson parcours l'échine d'Haku alors que Yori lui affirme s'être lui même infligé une blessure. Il s'apprête à s'indigner lorsqu'il se fait devancer d'un regard et de quelques mots impérieux. Le voleur répond à ce regard par une petite oeillade noir avant d'aller regarder par la fenêtre de sa portière, bras croisé, un rien boudeur. Et en plus il a mal au crâne et s'avalerait bien un tube entier d'aspirine.

- N'empêche que je trouve ça barbare... Tu te rends compte ? t'aurais pu te sectionner un nerf ou quoi... Et t'aurais plus jamais pu te servir de ta main... T'es vraiment trop con.

A son tour d'envoyer un regard aigu à l'homme pour l'empêcher de le sermoner parce qu'il ne lui disait que la vérité à son avis.

- Je les aime pas tes nouveaux "copains".

Yori soupire. Cependant, plus sage que le joli blondinet, il répond seulement , dans un premier temps :

- Moi aussi je m'inquiète pour toi, Kokoro. Mais je ne te traite pas d'idiot pour autant.

Il glisse une main sur ses yeux, battant rapidement des paupières pour chasser un brouillard passager de ses yeux. Malgré tout, il se reprend rapidement. 43 ans, mais toujours en santé, quand même ! Il lance un petit regard à Haku, heureux de pouvoir le voir dans la lumière du jour. Détournant les yeux, il murmure :

- Tu as à peine changé. J'ai peut-être été un peu choqué par ce blond mais... Ça te va bien.

Haku fronce les sourcils et se tien prêt, à tout hasard, à poser une main sur le volant en voyant Yori se frotter les yeux. A sa remarque sur sa coulur de cheveux il louche un peu en hauteur pour voir quelques cheveux blond qui s'échappe près e la visière de sa casquette :

- Y a du rose d'hab'... j'ai pas encore prit le temps d'y aller... Tu aimes ?

Question conne ? Rien à secouer...

- Dis t'habite au Japon t'es sûr ? J'ai l'impression que t'habite à l'autre bout du monde là...

Yori arque les sourcils. Du... rose ? Il était peut-être de la vieille école, mais là, il n'était pas du tout d'accord ! Et déjà que le blond, c'était plus que voyant. Un voleur devait passer inaperçu, non ?

- J'aime beaucoup le blond... à ma plus grande surprise. Mais le rose ne me convaint pas du tout...

Il a un petit rire à la question d'Haku.

- Nous allons y être dans dix minutes à peine. J'habite à l'extérieur de la ville.

Haku hausse les épaules, retirant à nouveau sa casquette et ouvrant le pare-soleil pour se regarder dans le petit miroir qu'il y a là.

- Moi j'aime bien. Alors y en aura quand même. Appartement ou maison ?

Yori lève les yeux au ciel, changeant de voie, s'apprêtant à prendre une bretelle de sortie. Il pose sa main valide sur le bras de vitesse, l'autre se crispant sur le volant malgré la douleur.

- Une maison... et un chien.

Il rigole, songeant à son bon vieux toutou. Il avait au moins quinze ans ce chien, tout de même...

- Tu crois que Balto va te reconnaître ?

Les yeux d'Haku se pose sur la main blessée mais il ne dit rien, ses lèvres pincées parlant probablement pour lui de toute façon. Il relève les yeux sur Yori et une mine perplexe passe sur le regard du blond. Balto...? Yori l'avait toujours...? C'était encore un bébé quand il l'avait connu dans un sens...

- Tu l'as toujours alors...? J'avais oublié... On dirait que ta nouvelle vie te réussit hein...?

Il soupire avant d'enfoncer un peu le couteau dans la plaie :

- Si on excepte les mutilations évidemment...

Yori soupire. Il relâche le bras de vitesse pour poser sa main sur la cuisse du jeune homme, près du genoux.

- Arrête Haku. S'il-te-plait.

L'homme tourne finalement dans une rue bordée de petites maisons aux terrains acceptables. Il file jusqu'au bout de cette rue avant de s'arrêter devant l'une d'entre elle. Il arrête la voiture, observant longuement la maison sans bouger, sa main toujours sur la cuisse du jeune homme, regardant sans vraiment voir.

- Et toi ? Ta vie te plait...? Qu'est-ce qu'il y manque ?

Haku pose sa main sur celle près de son genou, sans y faire pression, juste pour garder le contacte. Son regard passe de l'homme à la maison plus qu'enviable de l'homme et il garde le silence un long moment.

- Ma vie...

Il soupire. qu'est ce qu'il pouvait dire au juste...?

- Elle me convient. Au moins, c'est moi qui l'ai choisit. Et elle est sans doute mieux que si j'étais resté chez mes parents tu vois. Et il me manque ce qu'il manque à tout ceux qui sont comme nous. Alors on rentre dans des clans pour se faire croire qu'on a une famille et des gens qu'on aime. parce que le vide est moins grand comme ça. Mais finalement...

Il récupère la main blessé posé sur son genou pour la reposer sur celle de Yori, ouvrant sa portière pour sortir :

- On reste toujours tout seul. Parce qu'on sait tous que c'est le seul moyen pour éviter d'être déçu.

Yori opine brièvement aux paroles d'Haku. Troublé, il ne le montre cependant pas, sortant seulement de la voiture. Des jappements se font entendre et il a un petit sourire en se dirigeant vers la porte. Il l'ouvre et aussitôt, le vieux chien sort, si pas fringuant, du moins heureux de le voir. Yori se penche, caressant la tête de son brave compagnon, un joli Akita qui avait encore de l'allure. Comme lui, n'est-ce pas ? Ils avaient bien viellis ! Le chien se désintéresse cependant de son maître, se tournant vers Haku, sur ses gardes. Yori se demandait franchement s'il allait le reconnaître... les animaux pouvaient être étonnants parfois.

- Tu te souviens d'Haku, Balto ? Ce gamin qui avait toujours trop d'entrain quand il te tirait les oreilles !

Haku suit Yori sur le pas de sa porte, restant soigneusement derrière l'homme en entendant les jappements de l'autre côté du panneau. Le chien vient finalement accueillir son maître comme il se doit et ce dernier ajoute quelque chose qui fait un peu stresser Haku qui vient littéralement se cacher derrière lui, s'agrippant à sa veste.

- Je suis pas sûr que lui rappeler ce genre de souvenirs joue en ma faveur tu sais...

Yori rigole, glissant sa main valide dans son dos pour la glisser dans le bas du dos du jeune homme, le pressant contre lui. Ce faisant, il se penche vers l'Akita qui s'assoit et penche la tête sur le côté, gémissant en observant le grand blond derrière lui.

- Oui oui, il te tirait les oreilles... et la queue aussi. Et il te cachait ta nourriture. Tu te rappelles de ce sale garnement, non ?

Un rire échappe à Yori alors que le chien se redresse soudainement, oreilles bien droites sur la tête. Il jappe une fois, fait un tour sur lui-même, puis les contourne pour aller sentir le jeune homme, la queue fendant l'air à grands coups.

- Je crois qu'il se souvient ! J'aurais pas oublié non plus, hein !

Un petit grognement contrarié franchit les lèvres d'Haku alors que Yori en rajoute une couche... Ou deux... Ou trois... Oui bon stop ! Il aimait bien taquiner ce chien quand il était plus jeune ! Il avait comprit ! Et Balto semble finalement faire les connexions en venant le sentir. Prudemment, Haku lui tend le bout de ses doigts pour satisfaire sa curiosité et le chien a un petit aboiement avant de venir mettre sa tête entre ses mains. Un sourire attendrit franchit finalement les lèvre du voleur qui pose un genoux à terre pour caresser l'animal et le prendre entre ses bras. Lui au moins il avait comprit qu'il avait grandit et changé hein ! Néanmoins il finit par se relever, toujours le sourire aux lèvres.

- Allez, salle de bain qu'on change ce pansement et que je me passe de l'eau sur la figure. Le look sang séché c'est pas trop mon truc.

Yori a un petit sourire attendrit en voyant le jeune homme et son chien avoir de si bonnes retrouvailles. Il entre dans la maison, ordonnant à Balto de le suivre, ce que le chien fait non sans un petit gémissement désolé, visiblement contrit de quitter les caresses d'Haku. L'homme ne proteste pas et se dirige directement jusqu'à la salle de bain de l'étage, s'assurant que le jeune homme le suive.

- Si tu veux prendre une douche en passant, je te prêterai des...

Il hésite, se tourne pour contempler la longue silhouette, puis grogne, son regard s'assombrissant.

- ...serviettes, je suppose...

Un éclat rire saisit Haku alors que Yori est sur le point de lui dire qu'il va lui prêter des vêtements. Ha oui, rien que ça... Il aurait l'air ridicule à essayer de rentrer dans les fringues de l'homme non ? Néanmoins il le rejoint rapidement, passant un brs autours de ses épaules et claquant un baiser sonore sur sa joue.

- C'est trop mignon. Et je veux bien une douche. L'eau était pas super chaude ce matin à la maison. Y en a qui déconne sur l'eau chaude...!

Il regarde autours de lui en passant et fais demande, l'air de pas y toucher :

- Alors tu t'es jamais marié ? Ni mit avec quelqu'un ? Après avoir vécu à la maison, être tout seul, ça devait être bizarre non ?

Yori a un petit sourire lorsque Haku vient déposer un baiser sur sa joue, mais le repousse néanmoins en entrant dans la salle de bain. Il laisse la porte ouverte pour que le jeune homme entre, se dirigeant pour sa part vers l'évier après avoir allumé la lumière. Il laisse lentement glisser le veston le long de ses bras, révélant des épaules toujours aussi carrées, puis un dos largement tatoué. Le vêtement tombe sur le sol et il observe avec soin sa peau, tentant d'y trouver une blessure quelconque. Mais tout semble en ordre... Il aurait quelques bleus qui ne paraîtraient pas et voilà tout. Un petit sourire court sur ses lèvres aux questions d'Haku, mais il redevient rapidement sérieux.

- L'Oyabun a bien essayé de me trouver une femme et même, s'étant découragé, il a commencé à me présenter de jolis jeunes hommes. Mais malgré tout oui, je suis toujours seul. J'ai Balto... Je suis un petit peu moins seul ainsi.

Haku se pose contre le rebord du lavabo, observant le dos musclé et si finement tatoué comme seuls les yakuza savaient le faire il lui semblait. Finalement il s'approchant, esquivant le chien qui est toujours dans leurs jambes et il pose son index sur une des lignes au hasard, la suivant sur la longueur, la redessinant de façon imaginaire, suivant la courbe de l'épiderme sur les muscles dorsaux... Un petit soupire d'aise franchit ses lèvres et il finit par éloigner sa main avant de se détourner, ouvrant sans demander son avis à l'homme un placard à la recherche de bandages et de compresses.

- Tu sais, il n'y a pas assez de place en ville pour contenir en même temps les Kikikan et les yakuza... Ca va finir de façon dramatique.

Yori ferme les yeux, un long frisson le traversant alors qu'il sent le bout des doigts du jeune homme contre son épiderme. Ils lui semblent frais alors que sa propre peau est brûlante, comme ça avait toujours été le cas. Et finalement, il soupire. Se tournant vers Haku, il demande simplement :

- Tu y crois, toi, à la victoire des Kikikan ?

Un petit grognement sourd se fait entendre. Yori tourne la tête vers Balto qui penche la tête sur le côté, se donnant l'air d'un chien battu. Il se penche, caressant la tête du chien, tout en se calmant néanmoins.

- Les Yakuza sont là depuis bien plus longtemps. Nous sommes partout. En Russie, aux États-Unis, en Amérique latine... Qu'est-ce que vous croyez ??

Le chien semble réagir à l'énervement sous jacent de son maître et Haku lui jett un regard curieux. Les bêtes avaient leurs énigmes n'est ce pas ? Il hausse les épaules en trouvant finalement ce qu'il cherchait, posant compresses et bandage sur un meuble et s'asseyant sur le rebord de la baignoire, invitant Yori à poser ses fesses sur les toilettes le temps qu'il s'en occupe.

- J'aurais tort de ne pas y croire. C'est mon "camps".

Un petit sourire amer glisses sur ses lèvres.

- C'st risible n'est ce pas ? Tu me sauve la vie, je viens t'aider à prendre soin de toi chez toi... Et au bout du compte, l'un de nous deux va détruire l'autre sans même le vouloir, d'une façon ou d'un autre.

Nouvelle pause mais il reprend avant de se faire couper la parole :

- Les Kikikans étaient là les premiers. Et tu sais, Ryo est comme toi et moi. Natsuki aussi. Je leur en veux mais en même temps... Je sais que c'est rabâcher encore... Mais je ne leur en veut pas plus qu'à toi. Alors je suppose que c'est comme pour ton Oyabun. Tu n'as rien à dire sur le sujet. Ca me regarde.

Yori soupire, s'assoyant sur le couvercle de la toilette. Il commence à défaire son bandage, observant le chien qui se couche finalement à la porte de la salle de bain, comme un bon chien de garde. Ce qu'il pouvait être las, soudainement. Et ce n'était pas de l'énervement ou de la colère... Vraiment juste de la lassitude.

- Je sais que nous allons nous déchirer. C'est la raison pour laquelle je voulais revenir ici seul... Continuer ainsi ne finiera que par nous briser un peu plus, Haku.

L'homme jette un petit regard à sa blessure. Il ne bronche pas, ne grimace pas, tendant seulement la main au blond pour qu'il s'en occupe, puisqu'il semblait si bien partit pour ça.

- Qu'est-ce qui va se passer, maintenant ? Tu y as pensé ?

Une grimaçe écoeuré et un haut le coeur surprennent Haku mais après une grande inspiration, il vient sortir une première compresse de s pochette pour nettoyer la plaie. Coup de couteau en travers de la main... Ca le faisait bouillir de l'intérieur. Quel con...! Néanmoins c'est avec grand soin et douceur, armé de patience, qu'il nettoit la plaie du sang coaguler autours des points qui heureusement, n'ont pas sauté mais se sont "simplement" distandus. Très bien, ça leur évitera de devoir appeler un médecin peu regardant pour recoudre à nouveau et devoir réentamer un début de cicatrisation. Il allume l'eau du bain, tiède, juste pour laver d'une autre compresse la plaie et hausse les épaules pour dire qu'il ne savait pas.

- Et toi ? Tu as pensé à quoi n venant m'attendre chez moi ? Vu le résultat, tu pouvais tout aussi bien venir mais sans me voir et dire que j'avais refusé. Ou trouver un prétexte... Ou j'en sais rien. Arrêtes de faire comme si tu préférerais que je sois loin d'ici... Je le vois que ça te fait plaisir.

Il jette un petit coup d'oeil au chien posé tranquillement un peu plus loin et en revient à la main qu'il continu de laver et de sécher soigneusement, en tamponnant légèrement, avant de songer à la panser.

- De toute façon qu'est ce que ça change hein ? Tu veilles sur moi même i tu devrais pas... Avec Hiroshi, en me disant d'aller me planquer à la maison... Alors quoi...? Moi je devrais rester là et attendre que les choses se passent ? Regarde toi ? Tu peux dire ce que tu veux hein, t'as pas l'air tellement plus heureux que dans mes souvenirs.

Yori relève la tête, fier. Il n'aimait pas la tournure que prenait cette discussion... Et il n'aimait pas voir Haku aussi campé sur ses positions, surtout lorsqu'il savait très bien que tout ce que cette situation leur apporterait, ce serait de la douleur. Il se crispe alors que la plaie est désinfectée et lavée, serrant l'autre poing, lançant un regard assassin au mur en face de lui. Mais, il ne dit rien, ne jure pas comme il l'aurait fait il y a une dizaine année, ne proteste pas non plus. Il attend seulement que ça passe...

- Crois ce que tu veux, Haku. La rue, ce n'était pas fait pour moi malgré tout. Et je le sais. Je n'en doute pas. Je suis partis de mon plein gré, mon coeur. Et je ne le regrette que quand je te regarde...

Il soupire, en revenant au jeune homme près de lui. Il l'observe longuement, son regard caressant les courbes généreuses de ces lèvres rosées, puis le regard brun sertit de ces petites perles dorées qu'il avait toujours tant aimé.

- M'oublier serait préférable, Haku. Ça te fera moins mal quand un des deux clans tombera.

Haku noue le bandage autours de la main du yakuza et pour prouver sa mauvaise humeur devant l'entêtement de l'homme, il serre un peu fort le dernier tour avant de passer la bandelette sous une autre pour que le bandage tienne bien.

- Mais les choses ont changé Yori. Et quand tu me regarde, ce n'est plus de la même façon. Plus exactement du moins. C'est que les choses sont vraiment différentes. Tu es brutalement sortit de ma vie une première fois y a 13ans. Mon monde s'est un peu écroulé, j'ai passé des semaines à me prendre des râclés parce que j'allais essayer de frapper ceux qui disaient que tu nous avait trahit avant d'accepter qu'ils avaient raison... Et aujourd'hui j'ai pas l'intention de faire moins que de me battre encore un peu. Même si c'est contre toi.

Il relâche finalement la main de Yori avant de pousser l'eau chaude de la baignoire pour la préparer pour prendre cette fameuse douche dont il avait envie.

- Tu ne peux pas me laisser encore Yori. J'ai besoin de toi quelque part... Et tu as besoin de moi aussi non ?

Yori pousse une petite exclamation à mi-chemin entre le grognement et le gémissement lorsque soudainement, le jeune homme serre un peu trop fortement le bandage sur sa main. Le Yakuza lui décroche un regard noir, mais ne proteste pas, question d'honneur. Il se radoucit cependant alors que le blond prend la parole. Se levant, Yori se dirge vers la porte. Son bon vieux Balto se lève aussi et Yori lui ordonne d'aller l'attendre plus loin. Il ferme la porte derrière lui, puis se tourne vers Haku, sans pour autant relâcher la poignée, comme s'il n'était pas encore certain de devoir rester.

- Bien sûr que je te regarde d'une façon différente, Haku. J'ai remarqué ce qui avait changé chez toi. Ces jambes infinies, ces lèvres presque obscènes tant elles sont pulpeuses, ces jolies fesses rebondies... Mais j'ai aussi remarqué que ton regard n'avait pas changé, lui. Qu'en quelque part, tu es toujours Haku. Mon Haku. Et que bien que tu dises vouloir te battre contre moi, tu n'en seras pas capable. Pas complètement... L'inverse est aussi vrai, n'en doute pas. Je n'ai pas envie de me battre contre toi et je ne le ferai pas, même si tu m'attaquais là, maintenant. J'ai déjà trop perdu pour continuer à le faire...

Haku ne lâche pas Yori des yeux alors que ce dernier referme la porte de la salle de bain derrière lui... Tout en restant à l'intérieur. Il se prend une petite pluie de compliment et finalement, après avoir pesé le pour et le contr un moment il se lève, récupère sa casquette qu'il pose sur le meuble puis attrape son pull qu'il passe par dessus sa tête avant de venir retirer chaussures et chaussettes. Il fait une nouvelle pause, observant à nouveau l'homme aux tatouages en face de lui et finalement il retire son t-shirt et vient tirer sur un morceau de sa ceinture pour en faire sauter l'attache. Haku ne joue cependant pas réellement les exibitionnistes, tournant finalement le dos à Yori pour retirer pantalon et sous vêtement avant d'entrer aussitôt dans la baignoire, sans se presser mais sans jouer les prolongations non plus. Il actionne le levier passant l'eau du robinet au jet de la douche et finalement sa main attrape le rideau pour le tirer alors qu'il lève son visage pour acceuillir l'eau qui lui pique sa petite blessure à l'arcade mais lui fait le plus grand bien.

- Tu peux marquer mon corps mais pas en profiter ? Tu peux me dire des choses pareilles mais me jeter pour ainsi dire dehors ? Tu cherches vraiment à m'éloigner ou à te punir de quelque chose là au juste...?

Yori reste de marbre. Et pourtant, voir ainsi Haku se déshabiller devant lui fait faire un bond immense à sa libido fort bien délaissée depuis quelques mois. Les affaires sont les affaires... et il fut drôlement occupé ces derniers temps... Mais c'était Haku... Il ne pouvait tout simplement pas se permettre de le reluqué comme ça ! Et pourtant, son regard glisse sur le ventre plat et il s'imaginait déjà faisant glisser ses mains sur celui-ci. Il glisse sa langue sur ses lèvres, son regard remontant jusqu'à un mamelon qu'il s'imaginait mordre, puis au cou qu'il avait déjà marqué comme étant siens. Il referait ce suçon. Encore et encore, seulement pour qu'il y reste. Haku se tourne, se débarrassant de ce qui lui reste de vêtements. Oh... c'était péché. Ses yeux sont naturellement attirés sur ces jolies fesses et cette fois, il glisse une main dans son visage pour s'empêcher de penser à... ce qu'il pense, justement.

- Bon sang, Haku... J'ai fais ton éducation. Je me suis occupé de toi quand tu n'étais qu'un gamin... J'ai 43 ans. Tu en as 25. Sois sage, Kokoro...

Il se mordille la langue avant d'ajouter :

- Et aide-moi à l'être...

"Sois sage". Exactement ce que Haku n'avait pas envie d'entendre présentement. Il s'en foutait de la différence d'âge. Lui il n'était pas aveugle au point de ne pas voir qu'il y avait un truc entre eux. "Sois sage"... Ca le fait grogner un peu alors que ces deux petits mots viennent l'enquiquiner incidieusement. D'ailleurs il le répète, sur un ton légèrement méprisant et caricatural :

- Sois sage Haku !

Ca l'énerve vraiment. D'ailleurs il inspire un grand coup pour se calmer et finalement il décide de la jouer autrement. Très bien... A la guerre comme à la guerre... Il avait jamais fait ça, mais y a un début à tout non...? Sa main glisse sur son ventre mouillé et même plus bas et si ses gémissements ont du mal à sortir au début, une fois lancé, il n'a aucun mal à pousser un peu le volume. Il ne se caresse pas réellement sous la douche, sa main restant sagement sous la peau de son nombril mais il s'en donne à coeur joie pour feindre... Et finalement, stopant net il demande :

- A toi de voir si tu préfères que je gémisse pour toi ou pour quelqu'un d'autre.

Haku gémit. D'abord juste un petit peu.. puis de façon de plus en plus appuyée. Yori grogne. Une de ses mains tourne la poignée de la porte. La blessée, de fait. L'autre commence à déboutonner son pantalon... C'était ça, le combat mental ? Eh bien visiblement, le côté qui voulait sortir d'ici commençait avec un sérieux handicape. Et c'est justement l'autre partie qui gagne. La poignée est rapidement relâchée. L'homme se redresse, retrouvant toute sa confiance alors qu'il laisse de côté les questions superflues. Il s'approche de la douche, pantalon déboutonné, jolie bosse dans ceux-ci, mais n'en fait pas plus, se contentant de repousser le rideau, observant ce corps juvénile et tout en courbes.

- Tu vas gémir pour moi, Kokoro. Toute la nuit, toute la journée s'il le faut. Visiblement, il faut prendre les grands moyens pour que tu sois sage...

Haku se retourne, venant coller son dos au carrelage de la douche alors que le rideau est tiré, laissant à la place un Yori visiblement nettement plus sérieux et décidé à la place. Le blond se passe la langue sur les lèvres, un instant troublé, comme un grand gamin qui aurait crié "au loup" une fois de trop mais finalement un sourire glisse sur ses lèvres. Il tend la main au yakuza pour qu'il le rejoigne sous l'eau :

- Tu sais que j'ai toujours comprit très vite... Mais qu'il fallait parfois m'expliquer très longtemps.

Yori ignore les pantalons qui sont toujours coincé au niveau de ses hanches pourtant étroites. Il saisit la main tendue, entrant dans la douche sans se faire prier. Il referme le rideaux derrière eux, créant ainsi un petit cocon d'intimité autour de leurs corps nus - à demi encore pour lui. Il s'en donne à coeur joie, faisant tout ce à quoi il avait songé quelques secondes plus tôt. Ses mains glissent sur la peau douce du ventre. Il se penche légèrement pour mordiller brièvement un mamelon et lorsqu'il se redresse, c'est pour prendre possession des lèvres charnues et rosées qui, effectivement, sont divinement sucrées. L'une de ses mains se tracent rapidement un chemin sur les jolies fesses du jeune homme, l'attirant un peu plus fortement à lui. Il était siens. Et pas que pour la nuit.

- Tu sais que je suis jaloux. Possessif. Dangereux...

Haku passe ses bras sans se faire prier autours du cou de Yori, très heureux de son petit effet qui pousse l'homme à le rejoindre avec son joli pantalon de costume encore sur les hanches. Hanche contre lesquels il ne se fait pas prier non plus pour déposer le sien, appréciant plus que de raison d'y sentir les réactions du corps de l'homme qu'il avait déjà soupçonné. Il répond à son baiser avec un brin de passion et de désir que cette séparation de 13ans ne rendait que plus vitale et il hoche positivement la tête à ce que Yori lui dit :

- Et moi je suis le plus grand des voleurs... J'ai ce coeur si jaloux, possessif et dangereux...

Yori opine. Parce qu'il n'y a rien à répliquer à ça. Néanmoins, il fait taire le jeune homme en mordant sa lèvre inférieure avant de le relâcher. Il fait un pas vers l'arrière, observant avec envie ce corps tout en courbes. Un petit sourire satisfait étire ses lèvres et il ne se prive pas pour prendre un petit air de paon qui sied à son rang. La jeunesse se donnait à lui, mais pas n'importe laquelle. Haku... Son petit protégé. Il avait grandit depuis. Mais c'était toujours Haku. Et c'était important, en quelque part... Yori glisse les mains sur son torse, les glissant sur la peau tatouée de son ventre... puis carrément sous son pantalon. Suffisant, il lance un regard de défi à Haku.

Haku observe. Il n'avait jamais imaginé partager une telle proximité et intimité avec un homme de l'expérience de Yori. Pas qu'il pense réellement que ça compte ce genre de chose mais... Non, il n'avait jamais songé que ça arriverait, voilà tout. Son regard glisse avec les nombreuses gouttes d'eau sur le torse parfaitement dessiné puis le ventre peint où des mains habiles lui font se passer la langue sur les lèvres alors qu'elles passent sous la ligne des vêtements. Et quand il relève le regard vers celui de Yori, quand il y voit ce petit défi qui lui est lancé, il vient directement saisir le poignet de l'homme pour éjecter cette main baladeuse de là. Il fait de même avec l'autre avant de finalement se mettre directement à genoux. Il pensait le défier en l'invitant à le toucher ? Alors il allait faire comme il faisait toujours : y répondre au delà de toute espérance. Ses mains agrippent le pantalon et les sous vêtements détrempé pour les amener dans le fond de la baignoire et c'est à son tour d'avoir un petit sourire suffisant et de défi.

Est ce qu'ils étaient vraiment en train de jouer la compétition dans un moment pareil ? On dirait bien oui. Ses lèvres se pose directement sur le gland, sans tergiverser, juste pour s'assurer qu'il toute l'attention de l'homme, puis sa langue se darde, glissant sur la peau fine tout autour et alors qu'il s'apprête à goûter à cet homme qui avait occupé son esprit toute la journée, son cellulaire sonne. Et il se fige. Parce que ce n'est pas n'importe quelle sonnerie, c'est celle qu'il a mit pour Ryo. Il regarde le rideau de la douche comme s'il pouvait voir au travers avant de relever les yeux vers Yori :

- On dirait qu'ils l'ont trouvé...

Yori pose doucement une main sur les cheveux blonds alors que le jeune homme rigole... en voyant son membre ?! L'homme lui lance un regard perçant tout en refermant la main sur les longues mèches, serrant fortement, puis tirant juste assez pour lui faire regretter. Il n'avait jamais été réputé pour sa tendresse et ça, Haku aurait du le savoir. Et surtout, on n'agit pas comme ça avec un homme qui se promettait de vous prendre pendant toute la nuit jusqu'au petit matin... Cependant, il n'a pas le temps de s'insulter d'avantage. Il relâche plutôt les jolis cheveux, caressant pour récompenser alors que le jeune homme joue divinement de sa langue... et qu'un cellulaire sonne. Yori grogne. Il lance un regard noir au rideau de douche en direction des vêtements du jeune homme.

- Eh bien qu'ils le trouvent... Rien à battre de ce chien. Il l'a bien mérité et ça, tout le monde le sait, Kokoro.

Oui mais... Non... Yori à raison, ce type méritait et tant pis si Ryo n'était pas content qu'il n'accoure pas à la nouvelle. Le cellulaire finit par arrêter de sonner, passant probablement sur messagerie et après encore une seconde ou deux de battement, il en revient à Yori. Il a un peu de mal à se concentrer cependant, mal à l'aise du coup de fil. Le yakuza était calme lui, peut être parce que la mort c'était son métier. Lui devait reconnaître qu'il n'avait jamais vu un cadavre d'aussi près et même s'il ne le regrettait pas, ça faisait toujours quelque chose. Finalement il vient déloger les mains de ses cheveux pour se remettre debout, fixant Yori et finissant par détourner les yeux alors qu'il rouvre le rideau de douche.

- Faut que j'y aille. Mais je vais revenir. Ce soir. Ok ?

Le moment... non. "Leur" moment est brisé. Envolé en éclats à cause d'un stupide coup de fil. À cause d'un bâtard qui avait trouvé la mort de la façon la plus adaptée à ce qu'il avait fait. Et ce qu'il voulait faire juste avant de mourir. Yori recule jusqu'à ce que son dos s'appuie contre le mur. Il ferme les yeux, glissant une main dans son visage. Qu'est-ce qu'il faisait, de toute façon ? Il avait vraiment cru que ça pouvait fonctionner ? Lentement, le Yakuza hoche la tête de gauche à droite. Il n'avait pas été assez dur avec Haku. Il pouvait toujours commencer... Et même si ça lui brisait le coeur, il dit d'un ton n'invitant pas à la réplique :

- Non. Ne reviens pas Haku.

Il s'éclaircit la gorge avant de rouvrir les yeux, observant le jeune homme un long moment avant de continuer.

- Ils passent avant moi. Et tais-toi si c'est encore pour me faire amèrement remarquer que c'est moi qui t'ai abandonné. Certes, je l'ai fais. Alors tourne-moi le dos et ne reviens plus.

Haku serre le poing, sortant malgré tout de la baignoire et récupérant un serviette avec laquelle il commence à se sécher en petits mouvements brusques.

- Tu oses prétendre que si le type pour qui tu t'es mutilé la main avait appelé, tu l'aurais ignoré pour moi ? On est pareil, que ça te fasse plaisir ou bien pas !

Il renvoit un regard noir à l'homme, frustré. Doublement frustré en fait... Parce que le si bon moment coquin qu'ils partageaient avait prit fin et parce qu'en plus, ils repartaient sur une dispute.

- Je vais revenir, que ça te fasse plaisir ou bien aussi de toute façon. Bordel fais toi plaisir un peu, arrête de faire ton coeur de pierre.

Yori lance un regard tout aussi chargé de frustration à Haku que celui auquel il avait eu droit. Il sort de la douche, non sans en fermer l'arrivée d'eau avant. Il s'approche d'Haku, le saisissant fermement par les hanches, le forçant à se lover tout contre lui. Ses mains glissent sur son ventre et ses lèvres dans son cou. À nouveau, il pose ses lèvres sur la marque qu'il avait fait la veille. Il suçotte, serrant un peu plus fermement le jeune homme contre lui, ses ongles glissant légèrement sur la peau douce.

- Nous ne voyons pas la vie de la même façon, Haku. Traite-moi de vieux con si tu veux, mais j'aspire à finalement trouver la personne avec qui je veux faire ma vie. Et me réveiller ce matin en réalisant que tu es cette personne a bien faillit me tuer.

La main d'Haku vient passer dans les cheveux mouillés, griffant légèrement le cuir chevelu alors qu'il penche la tête légèrement en arrière, laissant toute lattitude à Yori pour marquer son territoir autant qu'il lui plaisait. La compétition entre eux était un peu partout mais pas là. Au fond, n'avait il pas toujours su qu'il appartenait à cet homme là ? Haku vient cette fois lui même chercher les lèvres du yakuza, les embrassant avec fougue et toujours ce petit volontaire de ne pas se laisser marcher sur les pieds.

- Alors laisse moi régler ce que j'ai a régler. Et laisse moi revenir.

Il hausse finalement les épaules, venant à son tour glisser ses lèvres dans le cou de l'homme, tirant cette fois sur une poignée de cheveux pour avoir un accès plus large et déposer sa propre marque à un endroit à peu près similaire.

- Tu vois ? Tu as encore toute mon éducation à refaire...

Yori ferme les yeux, se laissant marquer pour la première fois de sa vie. Et plus tard, il contemplerait cette petite marque avec tout autant de colère que d'amour. Finalement, il opine brièvement, s'éloignant du jeune homme pour aller chercher une serviette qu'il noue autour de ses hanches.

- Alors reviens. Je ne te donne pas la clé. Tu sauras entrer sans ça... Mais...

Il se tourne vers Haku, le regard sévère.

- Si tu vois une Berline noire dans l'entrée, tu fais demi tour. C'est clair ?! Et si tu n'en fais qu'à ta tête, tu ne reviendras plus jamais ici. Jamais, Haku.

Haku récupère ses vêtements pour commencer à les passer, opinant à ce que Yori lui dit mais se faisant néanmoins curieux :

- Elle est à qui la berline ?

Yori hésite. Il observe longuement Haku, le visage toujours fermé avant de finalement avouer :

- À l'Oyabun. Je suis son second homme de main.

Le voleur ne dit rien un moment mais dans ses prunelles cuivrées luisent probablement sa curiosité et le vif intérêt qui est le sien à cette nouvelle. C'est comme s'il se rendait soudainement compte que Yori n'avait vraiment pas chômé non plus de son côté ces 13 dernières années... Un petit sifflement admiratif franchit finalement ses lèvres alors qu'il réenfile son t-shirt et attache son pantalon puis sa ceinture.

- Et ça fait quoi s'il me voit ? Il sait qui je suis ? Je suis pas assez baisable à son goût pour toi peut être ?

Yori lève les yeux au ciel en grognant.

- Il sait que j'ai une nette préférence pour les hommes. Et je ne crois pas qu'il se permette de juger ceux avec qui je couche, Haku. Mais il connait ton visage. C'est lui qui te voulait... Je ne veux pas lui donner l'occasion de t'enrôler de force... et je ne compte pas non plus me mettre en danger moi-même. N'oublie pas que je ne devais entrer en contact avec toi que pour t'enrôler.

Haku a un petit clin d'oeil, rieur, comme s'il se moquait éperdument de la situation et il claque un nouveau baiser insolent et rapide sur les lèvres du yakuza. Finalement il s'écarte pour passer son pull et s'observe dans le miroir le temps de replacer ses cheveux qui font une drôle de tête ainsi trempés.

- Tu veux faire ta vie avec moi mais pour vivre bien, vivons cachés. Peut être qu'on voit les choses de la même façon finalement hein...?

Il fait un nouveau clin d'oeil à l'homme dans le miroir et finalement regarde autours de lui pour récupérer sa casquette qu'il range à la va vite dans une manche de son pull. Il revient fixer Yori avec un petit soupire avant de lui assurer :

- j'ai comprit : en cas de berline noire, je ne bouge pas. Respire ok ?

Yori ne bouge toujours pas, solide comme le rock, sérieux comme un pape. Il n'aimait pas ça. Pas du tout. Haku interprétait les choses à sa manière. Ce n'est pas du tout la façon dont lui voyait les choses, mais ce n'était pas vraiment le moment d'en parler. Il soupire, posant ses mains sur les hanches fines pour venir chercher un baiser, un vrai cette fois. Doux et pourtant passionné en même temps. Il relâche le jeune homme après quelques secondes de cette douce torture, puis le presse de sortir de la salle de bain.

- Aller... vas-t'en maintenant avant que je ne le veuille plus.

Haku hoche la tête et sort de la salle de bain. Il croise Balto, se penche pour lui faire une petite caresse et finalement sort son cellulaire. Avant d'aller écouter le message sur son répondeur, il zieute un peu les bus qu'il peut prendre pour revenir en ville et finalement il hausse les épaules. Il allait voler une voiture, il gagnerait du temps. Il se retourne une dernière fois vers Yori, un drôle de pressentiment qui lui nouait l'estomac mais il sourit. Il avait toujours été un peu parano de toute façon. Finalement il franchit la porte d'entrée sans rien dire de plus. parce que tout avait déjà été dit non...?
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