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 12. Je ne t'ai jamais oublié

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Kurika
Shut up and Calm down...


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MessageSujet: 12. Je ne t'ai jamais oublié   Mar 28 Sep - 21:47

   
Haku jette dans la ruelle la canette de jus de fruit qu'il venait juste de terminer. Ok, c'était pas vraiment écologique mais sincèrement... Il en avait un petit peu rien à secouer. Voilà qu'il venait de quitter la maison du clan sans avoir pu, comme il en avait envie, s'effondrer devant la télé et qu'il rentrait chez lui, un peu maussade. Son chez lui justement, c'était un petit deux pièces qu'il louait au black, en liquide, à un proprio pas très très regardant sur la provenance des fonds. De fait l'appartement, c'était pas du grand luxe, mais c'était vivable. Et si les voisins étaient des vrais connards qui se hurlaient dessus à longueur de temps, il y avait des périodes de longs silences où Haku restait immobile sur son lit, fixant le plafond, réfléchissant, montant des plans en épingle à cheveux dans sa tête, repensant aux dernières technologies de pointe utilisée pour protéger des batiments, des coffres, des voitures... A chacun sa façon de s'occuper l'esprit n'est ce pas...?
   
En tout cas ce soir, il rentrait en trainant un peu les pieds, la visière de sa casquette baissée devant son regard cuivré, ses basket râpant le sol comme si ses pieds tentaient de ne pas se rendre chez lui. C'est à dire que le côté "déplacement pour rien", il kiffait pas trop. Et pui ça l'énervait toujours de croiser ce bâtard de Hiroshi. Il comprenait vraiment pas pourquoi Ryo et Natsuki le gardait chez les Kikikan. Enfin ils devaient avoir une bonne raison mais c'était pas son boulot que de s'y intéresser faut croire. Bref... Haku montre lentement les deux étages qui le mène à son appart', glisse la clef dans la serrure, referme derrière lui, se déchausse dans le noir, laisse tomber sa veste à côté de la pathère... Comme d'hab'... Il se dirige ensuite vers le salon qu'il traverse toujours dans la relative obscurité et alors qu'il va franchir la porte de la cuisine, la petite lampe près du fauteuil s'allume... Comme ça, toute seule...! Enfin justement... Non, pas toute seule...
   
Haku à un sursaut terrible et son épaule percute le mur juste à côté du trou de la porte qui mène à la cuisine. Il jure en prenant son épaule dans sa main et envoit un regard à la fois inquiet et furibond à l'homme qui attend là. Et quel homme s'il vous plaît... Chic, un regard un rien sévère -ou alors c'était juste psychologique- assit de façon limite royal dans son fauteuil un peu miteux, les yeux posé sur lui, semblant le traverser de part en part... Ce type puait le charisme à tel point que pendant un instant, Haku avait faillit suffoquer. Finalement il se resaisit un peu, retirant sa casquette qu'il jette sur le canapé. A y regarder de plus près, le visage ne lui était pas complètement inconnu mais... Il ne se rappelait pas... Et il fréquentait beaucoup de monde... A tout hasard, il sort ce qui lui sentait le plus probable :
   
- Je vous doit combien...?
   
Encore quelqu'un qu'il avait plumé au poker en trichant et qui finissait par réclamer son du non...?
   
Yori soupire en s'assoyant dans un fauteuil à l'apparence tellement miteuse qu'il n'aurait pas été surpris d'en voir des cafards sortir. C'était peut-être un peu exagéré, mais à peine, vraiment... Au moins, ça prouvait à quel point il n'avait pas envie d'être ici présentement. Mais les ordres sont les ordres. Et le boulot est le boulot. Il fallait bien que quelqu'un le fasse et il se trouvait que cette fois, c'était lui. Extorquer de l'argent à des idiots qui n'avaient pas "pensé" à payer la mafia à la fin du mois, c'était pas trop son truc. Et ce type ici leur en devait un paquet sans même le savoir. Ou peut-être le savait-il... Il s'en foutait un peu. Il n'était pas là pour ça ce soir. Un soupir franchit les lèvres finement dessinées alors que Yori inspecte un court moment l'appartement. Il ne comprenait pas pourquoi ce gamin n'avait jamais songé à vivre dans "la maison". Après tout, il en avait autant le droit que les autres, vu son statut. Les Kikikan... Yori se tenait informé. Très bien même. Ces idiots ne savaient pas que la mafia avait réellement un oeil sur eux...
   
Et ce n'était pas depuis ce meurtre dans la ruelle. Le meurtre de Yoshihiro avait fait jaser. Mais pas autant que celui qui l'avait tué. C'était à moitié la raison de sa présence ici. Mais visiblement, il pourrait en parler librement dans très peu de temps. Yori était assis ici depuis près d'une heure et demi lorsque soudainement, la porte d'entrée se fit entendre. Des pas passèrent non loin de lui et s'il avait eu moins de maîtrise de lui-même que ça, il aurait éclaité de rire. Au contraire, il se renfrogne. Ce gamin en avait perdu. Il se souvenait encore de ses réflexes lorsqu'il l'avait recueillit... L'homme étire une main pour allumer une lumière juste à côté de lui. Haku sursaute, mais Yori ne laisse pas transparaître d'amusement. Levant une main pour interrompre le jeune homme, Yori répond lentement :
   
- Plus que tu ne peux le penser. Je ne suis pas ici pour ça.
   
Puis, comme s'il était chez lui, il indique le canapé d'un geste de la main.
   
- Assis-toi. Nous devons discuter, Haku.
   
Haku reste debout un bon moment. Son regard coule sur le chemin qu'il pourrait prendre pour sortir mais finalement il va jusqu'à la table où il récupère une chaise pour aller s'asseoir bien en face de l'homme... mais à distance respectable... quoi que plutôt que de s'asseoir, il s'avachit complètement dessus. Ce type connaissait son nom en tout cas, ça lui confirmait qu'ils se connaissait... Et il lui devait effectivement de l'argent apparament. Beaucoup...? Il avait pourtant l'habitude de quitter les tables avant de paraître louche... Machinalement, il sort sa petite médaille de sa poche qu'il commence à passer entre ses doigts, sourcils froncés et yeux braqués sur l'homme. Il faisait tâche dans le décors avec ses vêtements et ses cheveux bien mit et pourtant, en même temps, il avait presque l'air comme chez lui. Comme on il y a ceux qui l'ont... Et ceux qui l'ont pas. Ce type, quoi que se fut... Il l'avait.
   
- C'est une propriété privée...
   
Bordel, se fire surprendre chez soit quand on était un bon voleur, ça craignait à mort... Et ça égratignait sa petite fierté personnelle...
   
Yori a le premier petit sourire de leur entrevue aux paroles d'Haku. Ce gamin n'avait pas changé d'un iota. Cependant, il avait perdu cette envie de plaire qui l'avait tant touché lorsqu'il était encore... à la maison. L'homme observe un court moment le garçon plus si garçon que ça en fait, mais plutôt homme. Un petit soupir franchit ses lèvres. Le temps avait filé et il l'avait à peine vu... Mais une chose est sûre : il ne s'était pas trompé à propos d'Haku. Il était devenu un voleur de talent.
   
- Tu sais ce qu'on fait aux voleurs ?
   
Yori affiche un petit sourire malsain, levant une main aux ongles parfaitement manucuré devant son visage pour que le blond la voit bien.
   
- On leur enlève ce qu'ils ont de plus cher.
   
Le blond se redresse vivement sur sa chaise alors que l'homme en face de lui lui fait une menace plus que concrète. Il n'aimait pas qu'on le menace. Lui il n'était pas un homme d'action... Enfin si... mais pas ce genre d'action là... Il entrait partout, ouvrait n'importe quoi... Mais ne se tapait pas. Ryo y veillait toujours, il ne l'envoyait pas au charbon comme si de rien n'était. En tout cas, parler de "vol" et non pas de "tricherie" tendait à laisser supposer que ce type là, il ne l'avait pas dépouillé au jeu. Est ce qu'il l'avait volé...? sauf qu'il ne c'était pas fait prendre visiblement alors comment se type avait pu faire le lien ?
   
- Vous êtes qui ? Vous allez avoir des problèmes si vous me cherchez...!
   
Yori hoche lentement la tête de gauche à droite, mais ne répond sûrement pas à la question du jeune homme.
   
- Calme-toi. Je tiens presque autant à tes mains que toi, présentement.
   
Il prend un moment, faisant mine de réfléchir, tentant surtout de faire monter la pression du côté d'Haku. Enfin, après quelques longues secondes de silence, il reprend :
   
- J'ai une proposition pour toi.
   
Sa médaille manque de lui échapper des mains sous la nervosité et il se reprend, la faisant juste circuler plus vite, signe qu'au moins, même sous pression, il gardait une certaine habilité dans les mains. Sa mâchoire est si crispée qu'il en a presque mal et finalement c'est à son tour de hocher négativement la tête :
   
- Je n'accepte pas de contre-emploi... J'ai déjà du boulot.
   
Yori arque les sourcils. Ah oui... il avait encore du mordant, ce garçon... Un petit sourire amusé fleurit sur ses lèvres alors que, finalement, il se lève. Mais pas pour partir. Il fait quelques pas dans la pièce, observant les quelques BDs qui traînent dans une bibliothèque, soulevant un biblelot qui n'avait pas été dépoussiéré depuis un moment... Puis finalement, il soupire, faussement désolé.
   
- Tu es tellement habile, Haku. Une perle. Non... un diamant brut. Tu pourrais avoir bien plus que ça. Bien plus que ce que les Kikikan t'offrent. Je sais comment ils fonctionnent. Presque tout ce que tu gagnes leur revient "de droit". Pour payer les frais. Mais quels frais ? Votre patron est plein !
   
Haku stop son petit cirque avec la médaille dès que le type en face se lève. Putain... C'est con à dire mais il en imposait plus assit même si debout il perd pas ni en classe ni en charisme... C'est juste que tout à coup il se rendait compte que ce type n'était pas très grand quoi... La médaille finit à nouveau dans le fond de sa poche et Haku pose ses mains entre ses jambes, sur l'assise de sa chaise, se penchant légèrement, comme si ça lui permettait de mieux entendre alors qu'il est sujet des Kikikan. Cette rencontre était vraiment de plus en plus obscure et ce type en savait décidément beaucoup, beaucoup, beaucoup trop... De fait il redemande, ignorant tout à fait le reste de la conversation :
   
- Tu es qui bordel... On s'est déjà vu...
   
a y réfléchir, plissant les yeux pour tenter de mieux se souvenir, ça lui revenait presque... Il revoyait son visage mais chaque fois qu'il pensait saisir son souvenir, ce dernier lui échappait bien que se précisant à chaque fois.
   
- D'où tu connais Kikikan...?
   
Yori se tourne à nouveau vers Haku. Il l'observe un long moment, l'étudiant soigneusement. Il était évident que le jeune homme se battait avec ses souvenirs. Un peu trop même. Yori ne s'en étonne pas. Haku était vraiment très jeune lorsqu'il avait laissé les Kikikan pour quelque chose de mieux... De beaucoup mieux. Il avait dût faire de grands sacrifices pour les Yakuza, mais elle lui offrait plus que cette bande juste bonne à faire peur dans les rues. Reprenant la formulation d'Haku, Yori demande :
   
- D'où me connais-tu ?
   
Il sourit doucement, presque avec tendresse alors qu'il glisse une main dans sa poche. Haku avait douze ans quand il l'avait rencontré. Treize quand il était partit. Il était encore à l'âge des trucs tous mignons... et c'est un bracelet ficellé qui avait appartenu au jeune homme à cette époque qu'il sort de la poche en question. Un bracelet que lui avait remis Haku, un soir, lorsqu'il l'avait trouvé en larmes et en sang après qu'il eu raté un vol (tu dis si ça fait pas u_u). Il le tend au jeune homme, mais ne le laisse pas l'attraper.
   
Haku commence à se frustrer alors que l'homme en face lui renvoit sa question mais lorsqu'il sort quelque chose de sa poche, le voleur fait d'abord un pas en arrière, craignant une arme ou quelque chose dans ce style là... Mais lorsqu'il apperçoit le bracelet, il fige, se prenant une claque monumentale qui le ramène bien des années en arrière. Un frisson incontrolable passe le long de son échine et son regard revient immédiatement se poser sur... Yori. Il tend vivement la main pour tenter d'attraper le bracelet de ficelles mais le yakuza -parce qu'il avait changé de camps- le ramène à lui. Dire qu'Haku est troublé est un euphémisme. Comment ne l'avait il pas reconnu plus tôt...? Quel idiot il faisait bordel ! Le voleur envoit un regard foudroyant à celui en face de lui. Il avait admiré cet homme à une époque en plus... la déception et le sentiment de trahison n'en était que plus fort. Et en même temps, il était inexplicablement touché de le voir toujours en possession de ce bijoux sans valeur... La voix tremblante de colère et d'émotion il reprend donc la parole :
   
- Sors de chez moi Yori... Tu n'es "plus" le bienvenu ici...
   
Yori glisse à nouveau le bracelet dans la poste de son veston. Il n'avait jamais laissé qui que ce soit le lui prendre et même Haku ne pourrait le ravoir. Pourquoi ? Lui-même n'en était pas réellement certain. Quoi qu'il en soit, ce bijou était sien et le resterait. Yori n'a pas perdu de sa superbe. Cependant, il semble moins supérieur sur le coup. Plus... humain. Il fait à nouveau quelques pas dans l'appartement. Il a tôt fait d'en faire le tour... Ignorant ce qui lui est dit car, de toute façon, on n'avait jamais renvoyé Yori avec de petits ordres secs, autant maintenant qu'avant, il continue sur sa lancée :
   
- Ryo t'utilises, Haku. Suis-je le seul à le voir ? Tu mérites plus que la rue. Tu mérites honneur et loyauté. Respect et estime.
   
Haku se sent frustré par la situation... Et surtout par la honte qu'il ressent à montrer l'appartement plutôt minable à cet homme là pour le coup. Il va jusqu'au canapé, récupère sa casquette et il fiche sur sa tête, baissant assez la visière pour dissimuler le haut de son visage et ne pas faire part de son trouble à Yori. Haku continu de l'observer plus ou moins, capable de reconnaîtr que cette "reconversion" avait visiblement servit à leur ancien chef...
   
- Ryo me respecte et m'estime assez pour ne pas m'avoir trahit lui.
   
Parce que oui, il avait beaucoup compté sur Yori qui avait presque été une figure paternelle quand il avait une 12aine d'année et qu'il s'était fait battre comme pla^tre après un vol raté, mais il n'avait toujours pas digéré son passage chez l'ennemi.
   
- Toi et moi on est ennemis maintenant.
   
Yori s'approche d'Haku. Lentement. Il ne craint pas les coups qu'il pourrait recevoir. Être chez les Yakuza, c'est savoir se battre et se défendre comme un samouraï ! Mais, il reste qu'il ne voulait pas non plus effrayer inutilement le jeune homme. Dieu qu'il avait grandit... il était déjà bien élancé lorsqu'il était jeune, mais maintenant... !
   
- Non et non, Haku. Ryo t'aurais envoyé faire quelque chose d'autre, n'importe quoi, si tu n'avais pas été aussi doué pour le vol. Et doué... Ce n'est que peu dire. Tu as un don. Non, si tu n'avais ce don, il t'aurait probablement envoyé faire le trottoir. Ou plutôt, il aurait envoyé Natsu t'annoncer ton changement de grade. Parce que Ryo est comme ça, n'est-ce pas ? Et on le sait tous les deux. Les problèmes à l'interne, c'est Natsu qui les règle... pas lui...
   
Il glisse doucement une main sur la joue du jeune homme, en appréciant la douceur un court instant avant de la retirer.
   
- Tu aurais certes été un bon investissement pour faire le trottoir. On s'arracherait tes charmes. Mais, ce n'est pas là la question, Haku. Tu n'es pas un objet dont on peut disposer comme on en a envie. Tu es fougueux et intrépide. Tu devrais savoir que tu vaux tellement mieux qu'eux, Haku !
   
C'était difficile de renvoyer Yori dans ses pénates maintenant qu'il avait conscience de son identité. Et ce parce qu'il lui semblait que le lien qu'il avait jugé "privilégier" à une époque n'avait pas complètement disparu comme il le pensait. Même si ça avait peut duré et que les souvenirs étaient flou, les battements rapides de son coeur prouvaient que ça avait compté. Ryo lui avait dit que la mafia avait un oeil sur lui. Et lui il avait cru qu'il plaisantait. mais là où son chef ne se trompait pas, c'est en disant que ces hommes savaient se faire séduisant et tentant. Et à la limite, Yori avait été choisit exprès pour ça non...? Finalement, à retardement, il donne un coup faible pour éloigner la main de son visage, mais cette dernière e recule déjà, rendant sa protestation encore plus molle.
   
- Les kikikans ne font pas dans la prostitution. Tu es bien placé pour le savoir. Et tu sais que je l'aurais pas fait.
   
Plutôt mourir oui. C'est pas pour rien qu'il avait préféré la galère dehors que la maison du clan avec ce bâtard d'Hiroshi...
   
- Tu es venu pour quoi ?! Accouches !
   
Yori observe longuement Haku sans rien dire, évaluant encore s'il pouvait - et s'il fallait - faire monter la pression chez le jeune homme. Il saisit une jolie main dans la sienne, la plaçant paume levée vers le plafond. On lui avait dit de revenir avec des bonnes nouvelles. Il allait déguster sévère, non...? Néanmoins, il ne perd pas espoir. Et il n'a pas peur.
   
- Je sais, oui. Je te connais encore bien, malgré tout ce que tu peux croire. Si j'avais pu, je t'aurais amené avec moi, Haku. Je t'aurais offert une vie meilleure à ce moment plutôt que maintenant. Une vie de droiture et de respect. Une vie à mes côtés.
   
Il ne laissait pas le charme de côté, n'en faisant cependant pas trop, histoire de ne pas effrayer le jeune homme. Mais, disons qu'il savait, depuis le temps, comment rouler ses affaires. Doucement, il glisse le bout des doigts dans la jolie paume offerte.
   
- Je suis venu pour toi. Pour te proposer un travail chez les Yakuza. Mais pas seulement ça. Pour te proposer d'être un Yakuza. Et d'être sous ma protection quoi qu'il arrive. Avec moi... comme avant, mais en mieux.
   
(je vais manger et je re =) )
   
(n'appétit)
   
Haku baisse les yeux sur sa main, tremblant de façon légère mais convulsive. Son regard fait de rapides allers et retours entre le visage détendu de l'homme et la paume de sa main sur laquelle les doigts de Yori passe avec une douceur toute volontaire sans aucune doute. Et sans s'en rendre compte, se laissant abuser par cette tendresse impromptue, Haku l'écoute avec attention. Alors qu'il ne devrait pas et qu'en pleine possession de ses moyens, il ne l'aurait sans doute pas fait. Lui ? Un yakuza ? Non... Il avait déjà dût courir pour leur échapper, regarder Natsuki ou Ryo revenir avec des blessés ou eux mêmes des marques de coups bien placé... Le jeune voleur finit par retirer sa main, comme a regret et fait finalement quelques pas en arrière, hochant négativement la tête. C'est avec tristesse qu'il constate :
   
- Tu as changé Yori... Ho tu sais toujours aussi bien user de ton charme, de ton charisme... Mais tu as changé... Kikikan c'est ma famille depuis que j'ai douze ans. Ryo est parfois con... Il prend peut être des décisions que je désapprouve mais je peux compter sur lui et même s'il aurait pu vouloir faire "autre chose" de moi, il ne l'a pas fait alors je vais pas pleurer là dessus.
   
Il se sentait soudainement très las et il a tôt fait de revenir au canapé, se laissant tomber dessus, retirant sa casquette et ébouriffant ses cheveux d'une main un bref instant.
   
- Tu me connais assez pour savoir que je n'aurais pas accepté non ? Ils t'ont obligé ? Ryo avait dit que quelqu'un de la mafia viendrait.
   
Il relève les yeux pour les planter dans ceux de Yori, redevenant on ne peut plus sérieux :
   
- Les yakuza sont vénère pour ce cher neveux hein...?
   
(re)
   
re
   
Yori soupire. Il observe un moment Haku sans rien dire, se contentant de regarder ce qu'avait fait Ryo pendant ces dernières années auprès du jeune homme. Ça devait avoir été dur pour un petit protégé de se voir retirer cette protection, soudainement, c'est vrai. C'était un peu ce grand drogué qui avait pris la place d'Haku, non ? Finalement, Yori se dirige vers le canapé à son tour. Il s'y assoit. Son port est toujours altier, mais il est plus détendu, moins raide. Plus Yori...
   
- Bien sûr que la famille est en colère, Haa-kun. Un des leur a été assassiné de sang froid. La seule raison qu'avait Ryo pour le tuer, c'est l'envie de pouvoir. Et il se fiche visiblement que le reste des Kikikan deviennent une cible de choix... Si tu n'avais pas été la petite perle que tu es, Haku, ils auraient essayés de te tuer ce soir. Pour montrer l'exemple...
   
Il pince les lèvres à ces paroles. "Essayé". Alors qu'habituellement, la mafia n'essayait pas de tuer. Elle le faisait. Mais aurait-il pu les laisser faire ? C'était ça la vraie question.
   
- Ils m'ont effectivement ordonné de venir ici. Mais je ne suis pas juste ici pour eux, Haku. Tu es en danger. Si nous ne pouvons pas t'avoir... Je crains qu'une décision plus radicale ne soit prise...
   
Haku ne perd pas des yeux le moindre geste de Yori alors que ce dernier vient s'asseoir près de lui, parlant de façon caressante mais menaçant tout à la fois. "Sa participation" ou "la mort" hein ? Il remonte ses pieds sur l'assise du canapé, encerclant ses jambes de ses bras et posant son menton sur ses genoux, pensif. Non, il ne songeait pas à aller chez les yakuza... Mais en même temps, il était frustré par la façon dont les choses se géraient chez Kikikan. Et Yori lui donnait envie d'être bavard même s'il savait pertinament que garde sa langue était encore ce qu'il avait de mieux à faire.
   
- Ryo prends des décisions qui ne me plaisent pas. Et Natsuki le soutient évidemment. Makoto aussi, mais il est plus calme. Sauf que je l'ai pas vu de la journée. En fait aujourd'hui c'était un peu l'anarchie, parce que Ryo avait "prit sa journée".
   
Il passait complètement à côté de la question de la mafia sur le principe mais il y revient :
   
- Mais je n'irais pas prendre un des bâtons pour les battres. Ils ont prit des coups à ma place. Et ils en prendraient encore tu sais... Ryo a du mérite pour avoir reprit le clan après...
   
Il soupire :
   
- Après toi.
   
Yori détourne le regard. Il ne voulait pas que Haku voit la lueur d'incertitude qui brillait tout au fond de ses prunelles. Il hausse les épaules. C'était probablement vain d'essayer d'avoir Haku auprès d'eux, n'est-ce pas ? Ça avait malgré tout été un peux terrifiant de venir jusqu'ici. Et de voir ces beaux yeux automnaux brillant de reproche ne faisait que lui prouver qu'il avait eu raison de craindre leur rencontre.
   
- Je sais que je t'ai abandonné, Haku. Et je n'essaie pas de me trouver une raison, parce qu'aucune ne vaut ça, sûrement.
   
Il tourne le regard vers le blondinet, se faisant plus tranchant pour le coup. Un peu comme avant aussi... Il n'avait jamais été réputé pour sa délicatesse.
   
(nom de famille ?)
   
(heu... heu... Matsukura, la flemme de faire original x_x)
   
- Mais tu t'es laissé aller, Haku Matsukura ! Et si je suis fier de voir que tu es devenus un bel homme tout en charme et surtout, que tu excelles dans ton métier, je dois dire que je suis assez déçu de te voir stagner et surtout, de cet appartement sans dessus-dessous !
   
La gêne et la tristesse laisse place à un grognement quand Yori commence à faire ses reproches. Dans ses souvenirs aussi il était comme ça, à pointer du doigt, royal, les problèmes... Souvent sans tacte et sans diplomatie.
   
- Certaines choses changent pas.
   
Il envoit un petit regard frustré à Yori.
   
- Je stagne pas tant, regardes, là mafia s'intéresse à moi...
   
Il relève le menton, pas peu fier malgré tout.
   
- Je suis peut être pas dans un beau costume mais je me plaît moi. Et puis de toute façon, je rêve pas de beaucoup plus. Et toi ? t'as toruvé ce que tu cherchais au moins ,
   
?
   
Yori a un petit sourire en coin. Ça lui faisait du bien de sermonner Haku sur ces petites choses ordinaire, y avait pas de doute possible !
   
- Mais je suis sûr que je te plaîs d'avantage dans un beau costume. Ne sois pas injuste, Haa-kun.
   
Il fait un petit clin d'oeil au jeune homme avant de redevenir plus sérieux.
   
- Je n'ai peut-être pas trouvé tout ce que je cherchais, mais je ne perd pas espoir. De plus, l'homme qui voit tous ses voeux exaucés est probablement l'homme le plus malheureux au monde.
   
Haku hausse les épaules. C'était pas son truc de parler comme un biscuit chinois. Après uen courte réflexion, il finit par poser la question qui lui brûlait les lèvres, montrant d'un petit signe de tête la poche de la veste de Yori :
   
- Comment ça se fait que tu l'ais toujours ?
   
À la question de Haku, Yori hausse les épaules. Il glisse une main sur celle du jeune homme, la pressant légèrement dans la sienne.
   
- Comment ça se fait que tu n'ais pas continué à me hurler de sortir de chez toi ? Il y a des choses que j'ai refusé de laisser derrière moi. Il ne faut pas m'en vouloir.
   
Haku soupire en retirant sa main. Mais ce n'est que pour mieux l'approcher du visage de Yori, écartant une mèche de cheveux pour voir tout à fait son regard, cherchant à y déceler... Il ne savait quoi. Peut être encore de la trahison. Mais il n'en avait déjà pas vu à l'époque et visiblement, ça ne changeait pas. Le voleur fixe ainsi les pupilles onyx un long moment avant de poser une nouvelle question :
   
- Alors il va se passer quoi ? Je ferais mieux de me trouver une cachette ?
   
Yori hésite. S'il conseille à Haku de se cacher, il n'est pas mieux que mort. Mais, il ne peut se résoudre à le mettre en danger... non ? L'homme soupire. Être en lutte avec soit-même, c'est quelque chose qu'il avait laissé derrière lui en même temps que son blouson des Kikikan et ses mauvaises manières. L'homme glisse une main sur celle du jeune homme qui est toujours sur son visage avant... d'opiner.
   
- Le lieu le plus sûr, c'est à la maison.
   
Un doute passe dans les prunelles de Haku alors qu'il ne peut pas s'empêcher de les formuler à voix haute :
   
- Il y a un type que j'évite là bas... Je crois pas qu'il... Enfin j'en sais rien... Ouais peut être...
   
Il soupire avant d'en revenir à Yori :
   
- Et toi ? Tu vas avoir des problèms ?
   
Yori fronce les sourcils aux paroles de Haku. Mais, il ne pose pas de question. Il n'en avait pas besoin pour avoir le nom du "type" en question. Il trouverait bien le problème... À la question du jeune homme, cependant, il hésite. Il n'affiche pas un air particulièrement différent, sachant prendre les coups qu'il méritait de toute façon.
   
- Oui. Mais peu importe. Je préfèrerais cependant que notre entretiens reste entre nous. Ainsi, ce ne sont que des problèmes que j'aurai et pas un cercueil...
   
Nouveau grognement et Haku retire à nouveau sa main.
   
- Finalement ça marche chez vous comme chez nous. Sauf que vos fringues coûtent plus chère.
   
Il a un petit sourire un rien méprisant et moqueur mais n'ajoute rien sur le sujet.
   
- Tu peux leur dire que tu m'as pas vu.
   
- Non.
   
Le ton se fait plus cassant cette fois. Yori se relève.
   
- Et ne me parle pas ainsi, jeune homme. Visiblement, après mon départ, on n'a pas jugé bon de t'enseigner les bonnes manières, mais elles sont toujours de rigueur avec moi.
   
Il s'adoucit cependant pour expliquer :
   
- Ils croiront que je me suis dégonflé si je leur dis que je ne t'ai pas vu. Je ne vois pas le problème. J'ai échoué, alors je mérite ce qui va avec. Je n'ai pas peur d'eux, Haku.
   
Haku reste silencieux un moment, un petit sourire au coin des lèvres alors qu'il se fait "sermoner". Insolent, il ajoute alors :
   
- Je ne te dois plus rien Yori. Au mieux tu es juste un yakuza qui me rappel trop de bon souvenir pour que je te renvois avec pertes et fracas. Et puis quand j'avais douze ans, t'avais l'air beaucoup plus grand...!
   
Il hausse les épaules, très amusé, continuant de titiller les "bonnes manières" de son ancien mentor :
   
- Faut croire qu c'est un truc propre aux chefs des Kikikans que d'être petit. Ha et de s'intéresser un temps soit peu aux mecs plus grands qu'ux aussi... Petit Ryo et Lust, petit Natsu et Makoto...
   
Il hésite un instant avant de terminer :
   
- Petit Yori et Haku ? Tu pourrais peut être revenir tu sais.
   
Yori ne quitte pas Haku des yeux un seul instant. Il bat des cils une fois de trop aux dernières phrases du jeune homme, prouvant ainsi sa stupéfaction, mais c'est tout. Il reste de marbre. Et l'envie de l'envoyer promener est probablement aussi forte que celle de le prendre dans ses bras et de le faire taire à sa façon. Puisque aucune des deux idée ne lui semble sage, Yori ne bouge pas d'où il est.
   
- On ne quitte pas les Yakuza comme on quitte le restaurant du coin.
   
On les quittait généralement pour rejoindre le cimetière, oui. De toute façon, ce n'était pas une option. C'était clair il lui semlbait, non ?
   
- Et pour quoi faire, mon coeur ? Qu'est-ce que tu crois ? Qu'ils sont tous impatients de me revoir là-bas ?
   
Un petit rire amer franchit ses lèvres.
   
- Tu as encore beaucoup à apprendre...
   
Haku roule des yeux avant de rallonger ses jambes devant lui, croisant les bras sur son ventre et renvoyant un petit regard frustré à Yori. Il pouvait pas s'empêcher de prendre ce petit air supérieur hein ? Néanmoins il notait le "mon coeur" qui l'avait conforté dans son idée première. Mais peut importe, sa préocupation, malgré lui, c'était de savoir que Yori risquait un truc "par sa faute". Ce qui était con parce qu'en réalité, lui il avait rien demandé. traître de yakuza qui lui envoyaient cet homme là.
   
- Je peux faire un boulot ou deux pour toi... Mais si tu es discret, je ne veux pas de liens avec la mafia. Et rien qui puisse nuir aux Kikikan... Ca peut t'éviter trop d'ennuis ça ?
   
Yori a un petit sourire aux paroles d'Haku. C'était... mignon, non ? Il s'approche à nouveau du canapé, posant un genoux sur celui-ci pour faire mine de s'y assoir à moitié près de la longue silhouette étendue. Une main glisse avec assurance sur le ventre plat, par-dessus les vêtements.
   
- Non, Haku. Avec les Yakuza, c'est tout ou rien. Cette fois-ci, visiblement, ce sera "rien". Ne te tourmente pas. Je serai encore en vie demain.
   
Il prend cependant un petit air plus sérieux, grondant :
   
- Je t'avais cependant toujours dis de sauver ta peau avant la mienne. C'est encore d'actualité ! Alors arrête de m'embêter, kokoro.
   
Cette fois, en sus du regard noir et frustré, c'est une petite exclamation agacée qui passe ses lèvres alors qu'il se relève, bousculant un peu Yori au passage.
   
- Bordel Yori, j'ai plus douze ans, arrête de me parler comme ça !
   
Et en même temps, ça trouvait écho au fond de lui. Ca l'énervait autant que ça lui faisait du bien. Yori le voyait. Il s'intéressait à lui. Il lui donnait la sensation d'être important, ce que son égo n'avait peut être pas assez chez Kikikan, confère sa soirée pourrit à la maison. Tournant le dos à Yori, boudeur, il grogne néanmoins, l'air de rien :
   
- Et la prochaine fois téléphone avant de passer. Imagine si j'étais pas rentré seul...
   
Yori se crispe. Et pas qu'un peu. Ne pas rentrer seul... Il avait bien vu que c'était un homme qu'il avait devant lui, mais la pointe de jalousie - non, carrément une épée à ce niveau là en fait - lui transperçant le coeur était plus forte que la raison sur le coup. C'était aussi violent qu'innatendu. L'homme se redresse brusquement, disparaissant côté salle de bain. Avant de claquer la porte derrière lui, il mentionne sèchement :
   
- Eh bien je te laisse à ta petite vie dans deux minutes, le temps de me rafraîchir, si c'est ce que tu veux.
   
L'homme grogne, posant ses deux mains sur les bords de l'évier, s'observant dans la glace. Vrai qu'il n'avait pas nécessairement la jeunesse à son actif. Mais il était toujours frais et, malgré tout, une bonne confiance en ses moyens. Haku n'était qu'un gamin. Il ne devait pas s'emporter comme ça... Les gamins sont tous pareils, après tout...
   
Haku jette un coup d'oeil par dessus son épaule et il vient se planter devant la porte de la salle de bain, poings sur les hanches mécontent. Mais alors qu'il ouvre la bouche pour commenter, il réalise un peu la situation et un sourire amusé et légèrement moqueur vient flotter sur ses lèvres. Allons, il y avait eu erreur sur le sujet là non...? Et c'était tellement innatendu de voir Yori s'emballer de cette façon...!
   
- Je parlais d'un membre de Kikikan pour un coup... Tu me fais une petite crise de jalousie ? c'est la crise de la quarantaine ça nan ? C'était beau j'avoue, je me souvenais pas avoir réussi à t'énerver autant du temps où je te connaissais !
   
Yori gronde. Un membre des Kikikan... Il avait eu l'air idiot pour le coup... non ? L'homme se dirige vers la porte. Il l'ouvre, trouvant un Haku visiblement bien fier devant celle-ci. Ni une, ni deux, il l'empoigne par le collet pour le faire entrer à sa suite. Leur différence de grandeur ne changeait pas grand chose sous ces conditions, non ? Ouais, il avait 43 ans. Et après !? Il était encore frais et il avait une forme physique du tonnerre. Alors qu'on le fasse pas chier avec ça... Les vieilles habitudes Kikikan reprenaient facilement le dessus quand il était énervé, n'est-ce pas ? Néanmoins, une fois Haku à l'intérieur, Yori le relâche, refermant la porte derrière eux.
   
- Rien à battre. De toute façon, je l'ai vu dans tes yeux. L'enfant que tu es ne m'a jamais oublié. Et moi je n'oublirai pas l'homme que j'ai devant les yeux.
   
C'est peut être un mauvais compte de sa part, mais lorsque la porte s'ouvre et qu'il se fait happer à l'intérieur de sa salle de bain par la petite silhouette, Haku n'a pas peur de se prendre un coup. En fait, ça le fait même ricaner. Yori n'avait pas "tant" changer si ce n'était qu'à présent, il portait un costume qui valait plus cher que son loyer. Mais lui par contre, il avait changé, il avait grandit. Et ça faisait un peu la différence non ? Si... la preuve, Yori fait à peu de chose près la même constatation. Haku replace un peu son col avant d'observer rapidement sa petite salle de bain. C'est bien, ils visitaient...
   
- Tu sais les problèmes que je pourrais avoir si on sait que je t'ai parlé ?
   
Evidemment que Yori le savait n'est ce pas ?
   
- Je leur dirais que la mafia est passé. Mais pas qu c'était toi. Parce que t'as raison, j'ai pas oublié. Mais j'ai grandit. Je ne suis plus la même personne moi. Petit tu me fascinait. Aujourd'hui c'est... Je sais pas, de l'attraction peut être bien. Mais ce n'est plus tout à fait pareil.
   
Yori soupire. Il avait demandé à ce qu'on envoie quelqu'un d'autre. Loin des yeux, loin du coeur .C'était vrai. Mais à présent, Haku était tout près de ses yeux et encor eplus de son coeur. Il se tourne à nouveau vers le miroir, s'observant un long moment dans celui-ci. Il y voit un homme qui, pour ce soir, ferait mieux de rentrer chez lui...
   
- Ça ne sera jamais plus pareil. Et si j'étais resté... ça aurait été très différent. Mais peut-être pas mieux. Il faut voir les choses en face : rien n'arrive pour rien. Et je ne désires pas revenir, Haku. J'ai fais mon temps parmi vous. La plupart d'entre vous n'avez pas su être ce qui m'a attiré ailleurs. Regarde-les. Ils attaquent un peu partout dans les rues ceux qui ont le moindrement de l'argent. Les tuent quand ils coopèrent mal. Les violent quand ils sont mignons. Et puis quoi encore ? C'est ça que tu crois être juste ?
   
Yori marque un point... Evidemment...
   
- Ca t'a convenu pendant très longtemps avant de ne plus te satifaire...
   
Il hausse les épaules. Peut être qu'il devrait en supporter encore pour quelques années avant de ne plus vouloir n'être qu'un "petit voleur". Peut être qu'un jour il mettrait les bouts pour être "un grand voleur". Mais pour l'heure, ses envies et ses besoins étaient comme pêle mêle parce que Yori y avait semé le trouble avec sa petite visite. Et plus ça allait, plus la surprise s'était mûe en attraction et l'attraction devenant agaçement. Est ce que leur conversation n'allait pas bientôt s'envenimer ?
   
- Tu crois que vous êtes juste vous ? Depuis que l'autre type est mort, vous retournez la ville... Y a l'autre putain qui a disparu là, un témoin... Et puis il paraît que vous cherchez Lust. Tu crois que c'est juste de s'attaquer à ce genre de personnes aussi ? Les yakuza sont pas mieux, ils présentent juste plus "propre". Mais au fond c'est le même business...
   
Yori se tourne vers Haku. Il s'en approche, glissant ses mains sur la taille fine, le foudroyant du regard.
   
- Arrête d'essayer de te donner bonne conscience, Haku. C'est qui ce type dont Ryo ne s'occupe pas et qui fait la merde dans la maison ? Qu'est-ce qu'il fait ce type ? Et qu'est-ce qu'il a qui est plus important que votre sécurité. Que ta sécurité, kokoro. Je suis mal placé pour parler contre Ryo, puisque c'est à cause de moi qu'il est là maintenant. Mais s'il met ta vie en danger, alors je prendrai moi-même tous ces droits. Et ça m'importe peu que tu en retires un quelconque avantage face à moi. Tu as toujours été quelqu'un à mes yeux et ce n'est pas aujourd'hui que ça va changer, que crois-tu ?!
   
Haku relève légèrement le menton, légèrement tremblant de colère mais ne pouvant nier que le sujet "Hiroshi" -puisqu'il s'agissait bien de lui- le mettait passablement hors de lui. Ce type avait même essayé de sauter sur son propre frère ce soir là et si ça n'avait pas été lui, s'aurait été un autre. Peut être même lui même tien mais peu importe. A son sens, cet type était une véritable erreur dans l'équation de Ryo, ça c'était vrai. Et même si le chef des Kikikans semblait de moins en moins parvenir à se maîtriser face à ce violeur de merde, il n'avait toujours rien fait pour régler le problème. Et Hiroshi en profitait honteusement, bafouant la règle du "on en touche pas au clan, on ne se bat pas entre membres".
   
- Tu étais où ces 10 et quelques années Yori ? Quand je me suis planté au début... Quand je me suis fait tabassé parce que je savais pas encore quand me retirer des parties de poker ? Quand je me suis brisé les doigts dans la porte d'un coffre parce que j'avais mal compté ? Quand les flics m'ont gardé en garde à vue le double de ce qu'ils avaient le droit parce que je connaissais pas mes droits ? Tu sais rien de ma vie... Aujourd'hui t'es là avec tes jolies paroles et je te crois parce qu'une partie de moi se souviens à quel point t'as compté. Mais c'est différent aujourd'hui. Maintenant je suis fort dans mon domaine, j'ai apprit tout seul, j'ai peut être pas besoin de ton aide. C'est à toi d me prouver que j'ai besoin de toi aujourd'hui... Pas le contraire...
   
Yori soutient le regard d'Haku alors que celui-ci lui fait mille reproches tous plus valables les uns que les autres. La tentation est forte de s'éloigner, de regarder ailleurs pour faire passer la honte. Mais non. Il avait de l'honneur maintenant. Et si habituellement son honneur lui interdisait d'afficher ses sentiments, ce soir, il laisse à Haku la possibilité de lire dans ses yeux s'il le souhaite. S'il en est encore capable. Déception, honte, malaise, colère, tristesse... Tout y passe. Ses mains se crispent sur les hanches fines, mais il ne cesse de regarder Haku alors que le jeune homme laisser filer ce qui fait mal.
   
- Mais tu es fort maintenant. Et s'il fallait que tu me déteste pour devenir aussi fort, alors j'en suis fier. J'ai peuit-être mal, mais j'en suis fier. Parce que tu as tout pour toi, maintenant Haku. Il te reste plus qu'à voler de tes propres ailes. Mais ça... tu ne l'as pas encore osé. Pourquoi ? Est-ce que ça aussi c'est de ma faute ?
   
Il pensait que ça lui ferait du bien de se sentir sur un pied d'égalité avec Yori et finalement, alors qu'il voit dans ces yeux noirs l'écho de ses propres sentiments, Haku ne se sent pas mieux du tout. Il serre les poings, en voulant sauvagement à cet homme là. Est ce qu'il radotait à parler d'abandon alors qu'il avait jusqu'à effacer le visage de cet homme là de sa mémoire ? Peut être, mais c'était si facile tout à coup de lui rejeter la faute des années de galère ! D'un mouvement brusque, il se sépare de la relative étreinte de l'homme. Il avait autant envie de le frapper que de le serrer dans ses bras à l'en étouffer et c'était une nouvelle source de frustration. Finalement il vient lui planter son index sous les yeux, comme pour lui faire la morale alors que pourtant il lui jette réellement et en toute honnêteté la réponse à sa question :
   
- Parce que j'ai jamais volé tout à fait en solo. Si je me plante chez Kikikan, je peux toujours me planquer chez eux. Tout seul... J'ai pas le droit de me planter.
   
Yori fronce les sourcils, la colère prenant soudainement le dessus sur tout le reste. Ce n'était pas de la colère contre Haku. Ce n'est même plus de la colère contre lui-même, même si ça, il en reste encore assez. Il est en colère contre Ryo. Contre Natsu aussi. Ses iris deviennent complètement noirs. Ses lèvres ses pincent un moment et ses poings se serrent.
   
- Regarde-toi, Haku ! Ils t'ont enlevé toute confiance en toi ! Qui te dit que tu n'auras jamais nulle part où aller si tu te plantes ? Qui ?? Ryo ? Natsu ? Ils ne seraient pas prêt à t'accueillir si tout ne va plus ?! Je suis déçu, Haku. J'ai l'impression d'avoir, devant moi, la plus merveilleuse des huîtres. Celle qui nous donneras la plus belle perle possible. Mais tu es incapables de produire cette perle parce que tu n'as plus confiance en toi. En tes talents. Bon sang, Haku ! Tu as tout pour toi. Arrête de te lamenter sur ton sort et fonce !
   
Haku se passe une main sur le visage, commençant à en avoir assez de cette conversation. Il prend quelques secondes de silence pour fixer Yori visiblement hors de lui mais qui se contenait encore fort bien. Pourquoi est ce qu'il était là à le houspiller pour qu'il s'envole ? C'était pas ça le but de sa venue à l'origine...
   
- Je croyais que tu voulais que je rejoigne les yakuza ? Mais se sera pareil... Juste pas les mêmes chefs aux commandes...
   
Yori gronde. Il glisse une main dans ses cheveux, s'appuyant contre la porte de la douche. La fraîcheur de celle-ci lui procure le plus grand des biens.
   
- Je veux, égoïstement, que tu me reviennes, oui. C'est humain. Ça ne veut pas dire que c'est ce que tu dois faire, Haku.
   
Le voleur hésite encore un instant et finalement il vient passer sa grande silhouette par dessus celle du yakuza, ses mains à plat de chaque côté de l'homme, étroitement serré contre lui et le front contre la paroie fraîche, son nez non loin de la tignasse ébène qui de si près lui permet de profiter des subtilités d'un shampoing pour homme. Il reste comme ça un instant sans bouger avant de reprendre la parole :
   
- J'ai besoin de réfléchir. J'ai besoin de temps. Mais je ne rejoindrais jamais les yakuza.
   
Yori soupire. Il ferme les yeux, se laissant envelopper par cette haute silhouette. Il glisse une main chaude contre le cou du jeune homme, repoussant un bout de son col. Se redressant, il vient déposer ses lèvres sur la peau blanche. Il y glisse le bout de sa langue, caressant l'épiderme de celle-ci un court moment. Puis, ses lèvres y reviennent et il aspire, maintenant Haku contre lui en même temps. Et lorsque le goût métallique du sang commence à se faire sentir sur sa langue, il le relâche. Se reculant un peu, il observe la petite marque qu'il venait d'apposer sur le corps du beau jeune homme.
   
- Tu manques de temps. Et c'est de ma faute... Tu dois retourner chez les Kikikan. Dis-moi où trouver celui qui te fait peur et il ne sera plus un problème. Pour le moment... tu dois rester là-bas.
   
Haku laisse Yori faire, le coeur battant à tout rompre, les yeux fermés et les sens en éveil. Il le laisse poser une marque sur lui. "Sa" marque. Et peut être qu'il ne réalise que trop tardivement qu'il ne sera jamais capable de couper le cordon avec cet homme là. Et c'est inexplicable. Néanmoins il finit par hocher la tête et après un baiser contre la tempe de l'homm, après avoir un peu plus respirer son parfum, il s'en écarte, récupérant quelques affaires de toilette, prêt à se faire un sac de voyage et à demander asile dans la maison du clan.
   
- Je peux pas Yori. Parce que si je te dis où il est, je mettrais le clan en danger. Ou toi. Voir les deux. Il est rarement tout seul tu sais...
   
Yori a un petit sourire en coin. Il lève les yeux au ciel, replaçant en même temps son veston, réajustant sa cravate.
   
- Je sais encore où est la maison, Haku.
   
Mais ils avaient la paix... Parce qu'il avait dit aux Yakuza qu'ils avaient déménagés alors qu'il n'en était rien... Pourquoi ? Il ne savait pas. Peut-être parce que malgré tout, ces hommes, ça restait un peu la famille qui l'avait recueillit, puis celle qu'il avait guidé...
   
- Je suis certain que ce genre de salaud est souvent seul... Ou plutôt, seul avec une victime. Si je le trouve, il n'y aura que lui qui en souffrira.
   
Haku hausse les épaules mais lâche tout de même :
   
- Il s'appelle Hiroshi. Plus c'est jeune, plus il court après. c'est tout ce que je peux dire.
   
Yori soupire, se tournant vers Haku. Il glisse une main sur sa joue avant de se détourner de lui.
   
- Et toi tu es magnifiquement jeune... Bref, je vais te laisser.
   
Mais malgré ce qu'il disait, il avait du mal à le faire... Parce qu'il ne savait pas quand il pourrait revoir Haku et ça, c'était plus difficile qu'il ne semblait.
   
Le voleur va pour laisser Yori s'en aller sans un mot de plus, parce que se serait mieux, mais finalement il attrape son poignet avant qu'il ne soit trop loin :
   
- C'est repartit pour 10 ans de silence ?
   
Yori soupire. Il fait glisser la main de son poignet à sa propre main. Il la serre un moment dans la sienne avant de forcer le jeune homme à le relâcher.
   
- Je ne sais pas. J'aimerais te voir demain. Et après-demain. Et le jour d'après. Mais ce n'est pas sage. Il vaudrait mieux que ce soit un autre dix ans de silence, effectivement... Désolé, Haku.
   
Haku ne dit rien mais son irritation et sa déception sont probablement perceptible sur son visage. Néanmoins il n'était plus le petit garçon de 13ans sans ressource pour réussir à garder le contacte. D'ailleurs en fait, aussi vilain que ça puisse paraîtr, il avait déjà fait les poches de Yori en le prenant contre lui au niveau de la douche et la carte de l'homme avait soigneusement rejoint sa propre poche...
   
- A dans 10ans alors...
   
Ou a beaucoup plus tôt que ça, sans aucun doute...
   
Yori n'hésite plus. Il avait trop hésité. Il avait trop mis de côté l'homme qu'il était devenu pour redevenir celui qu'il avait été. Néanmoins, passant la tête par la porte de la salle de bain, il ordonne un peu sèchement :
   
- Et ce n'est pas parce que je ne sais plus passer ici que tu ne dois pas faire un peu de ménage, bon sang ! On dirait une étable !
   
Sur ces beaux mots, il tourne le dos au blondinet, passant la porte de l'appartement sans rien dire de plus. Il aurait aimé pouvoir sortir d'ici sur "une bonne chose de faite". Mais ce soir, on le punirait. Puis, il pourrait... aller trouver un peu de réconfort ailleurs... Tenter d'oublier. C'était ce qu'il avait à faire de mieux.

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12. Je ne t'ai jamais oublié

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