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 6. Je te suivrai, mais ralentit...

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Kurika
Shut up and Calm down...


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MessageSujet: 6. Je te suivrai, mais ralentit...    Ven 17 Sep - 12:21

Natsuki gratta deux ou trois fois la pierre récalcitrante de son briquet jusqu'à ce qu'une flamme jaillisse enfin, venant faire rougir le bout de sa cigarette. Il repose l'objet sur la petite table d'appoint qu'ils avaient posé dans la cour avant de la maison et vient poser ses pieds, jambes croisées et allongées, sur un pot de fleur dont la plante est plus que morte. Il porte un t-shirt à manche courte délavé et sombre, un jean craqué de tout les côtés... Mais il n'a pas plus froid que ça malgré le temps qui se rafraîchit sérieusement ces derniers jours. Natsuki souffle la fumée de sa clope et fait un petit signe de tête à Kamoto qui rentre, les mains dans les poches, un petit air grognon et fatigué aux lèvres. Aujourd'hui ça avait été une journée relativement cool pour les hommes du gang... Et ce parce que Ryoshi avait lui même "prit sa journée". Lui même avait dût régler quelques affaires tout de même pour que tout marche comme il fallait mais bon, avec les tensions présentes, surtout depuis le dernier acte de Ryo, les prochains jours seraient long...
   
Il fait sombre, nuit obligé, et seules les lumières allumées dans la maison à tous les étages diffusent des lumières blafardes sur la petite cour. L'homme revient tirer sur sa cigarette et lorsque la porte d'entrée de la maison s'ouvre, il tourne vaguement la tête pour voir qui en sort. Makoto. Un petit sourire glisse sur ses lèvres et venant poser un pied sur le bord d'une seconde chaise, il donne un petit coup dedans pour la désigner :
   
- Hey Makoto, viens t'asseoir. Cigarette ?
   
Se disant, il donne une pichenette sur son paquet pour le faire glisser au centre de la petite table.
   
Makoto était assis sur son futon. La tête penchée vers l'arrière, il observait le plafond comme s'il y avait là quelque chose d'immensément intéressant. Ce n'était pas totalement faux. Les murs étaient tapissés de tant d'affiches de groupes qu'il chérissait qu'on en voyait à peine le bois sombre. Et le plafond n'avait pas fait exception. Cependant, c'est sans réellement le voir que le jeune homme contemplait une affiche de X Japan, les yeux légèrement dans le vague. Il tremblait. Comme ça lui arrivait souvent, de fait. Mais cette fois, il ne voulait pas céder. Comme toutes les autres fois. Il savait pertinemment qu'à un moment ou à un autre, la solitude pèserait trop : il se lèverait comme un automate, fouillerait dans ces vieilles boîtes que tous semblaient avoir oubliés dans sa chambre et en sortirait un petit sachet d'enfer en poudre. Blanche. Les apparences sont souvent trompeuses. Certes, ici, Makoto aurait très bien pu laisser traîner sa cocaïne sur sa table de chevet que ça n'aurait pas changé grand chose. On ne faisait plus attention à la drogue qui circulait en ces murs.
   
Et personne n'entrait dans sa chambre de toute façon. Mais en quelque part, Makoto avait toujours cette peur idiote qu'on lui pique toute sa came et ça le tuait. S'il osait la laisser traîner, il en tremblait de peur toute la journée. C'était con. Stupide. Idiot. Tous les qualificatifs que Ryo use à tort et à travers pendant la journée pour tout et rien. Mais il ne pouvait pas le contrôler. Alors il la cachait, souvent dans ces cartons rassemblant bribes de vies passées de tous les membres. Il ne savait même pas pourquoi les vieux albums n'avaient pas été brûlés, des coupures de journaux gardées... Mais peu importait : ça ne le concernait pas. Alors encore une fois, Makoto se lève. Mais, alors qu'il passe près de la fenêtre pour aller chercher l'objet de ses désirs, une silhouette attire son attention. Il se penche sur le carreau, observant un long moment Natsuki comme s'il ne l'avait jamais vu. Et finalement, prenant énormément sur lui, il tourne les talons. Il se sentait faible, tremblait comme une feuille, était sûrement irritable... Mais il n'avait pas envie de le faire. Pas là.
   
Alors doucement, Makoto descend les escaliers. Quelqu'un l'appelle. Kamoto, visiblement. Mais, Makoto ne le regarde même pas. Il s'était fixé un but et ne pouvait en décrocher : aller rejoindre Natsuki. Pas que l'homme était immensément important à ses yeux, bien qu'il le soit pour la bande. Non. Mais présentement, il ne pouvait se raccrocher qu'à l'idée d'aller s'assoir dans la cours avec lui et discuter un peu. Ce qu'il fait. Et justement, l'homme l'invite à s'assoir, ce que Makoto fait. Il tire un peu sur les manches de son pull déjà trop grand, se laissant tomber dans la chaise qui lui est présentée. Étirant une main tremblante, il saisit le paquet de cigarette et vient en chercher une ,avec peine. Il sort son propre briquet d'une poche de son jeans après avoir laissé retomber le paquet sur le petit meuble. Et là commence la guerre entre ses doigts et les tremblements pour allumer le petit bâton de nicotine. Guerre qu'il perd. Il laisse tomber le tout sur ses cuisses, désemparé.
   
- Salut...
   
Extrêmement concentré, il reprend la cigarette pour essayer de l'allumer à nouveau, la coinçant entre ses lèvres. Malgré tout, il réussi à marmonner :
   
- Ça été calme aujourd'hui...
   
Natsuki ne dit rien, fumant avec tranquillité, observant Makoto dont les tremblements convulsif lui en disent relativement long. Alors c'était maintenant ? Crise de manque ? Il ne dit rien mais récupère son briquet, vole la clope sur le bout des lèvres de Makoto qu'il fiche sur les siennes et il l'allume rapidement avant de la lui retendre en soufflant la fumée.
   
- Et tu en as profité au moins ?
   
Makoto relève vivement la tête, ses longs cheveux virevoltant un moment autour de celle-ci alors que Natsuki lui "vole" sa cigarette. Il pince les lèvres,mais ne dit rien, peut-être un peu insulté malgré tout. Et finalement, lorsque l'homme la lui tend, allumée cette fois, il tend la main, la prenant avec précaution pour ne pas l'échapper. Il en prend une bouffée en soupirant, murmurant un petit "merci" honteux. Au moins, Natsuki avait encore la décence de ne rien dire, contrairement à la bonne majorité des mecs dans cette maison trop petite pour tant de gens. Heureusement que la plupart ne vivaient pas ici... Haussant les épaules, Makoto observe un long moment Natsuki sans vraiment se rendre compte du temps qu'il laisse passer. Puis, lorsqu'il en a fini de sa petite inspection, il répond :
   
- Comme on peut... Je préfère quand on m'occupe.
   
Le plus âgé des deux se réinstalle convenablement dans son fauteuil, ce qui signifie qu'il s'avachit plus ou moins dans sa chaise en plastique, levant les yeux sur le ciel bien noir où ne perçaient que de très rares étoiles.
   
- On va être très occupé prochainement. Enfin... En même temps on va probablement faire profile bas...
   
Difficile à dire, il faudrait qu'il en discute avec Ryo. Disons qu'il y avait sûrement plusieurs façon de voir les choses.
   
- Je pense que je vais aller faire un tour dans le joli quartier du "nouvel ami" de Ryo... Pas que je ne me ferait pas volontiers le nouvel ami en question mais je préfère éviter ce genre de mauvaise idée.
   
Il ricane et redresse la tête pour voir Makoto à nouveau, souriant :
   
- Tu veux m'accompagner ?
   
Makoto se mordille la lèvre inférieure. Aller dans le quartier de Lust ? Pour trouver un ou une prostituée ? Oui, parce qu'il ne savait pas trop ce que Natsuki pensait du beau sexe. Ou ne pensait pas... Bref. Il hausse les épaules à sa question, mais l'évite dans un premier temps.
   
- Je pense que peu importe ce qui arrive, tous ici vont éviter au possible Lust. Pas par manque d'envie, mais par goût pour la vie...
   
Vrai. Ryo était un type cool... la plupart du temps. Mais quand il ne l'était pas, ça faisait souvent mal. Finalement, avec un petit soupir, il en revient à la proposition de Natsu.
   
- Je sais pas... Je n'aime pas payer pour du sexe. Je préfère que ce soit désiré des deux côtés... et désiré pour la même raison, on s'entend...
   
Natsuki hoche positivement la tête. Vrai, il oubliait toujours ce côté de la personnalité de Makoto qui faisait que l'argent n'était pas une bonne raison pour obtenir une partie de jambe en l'air. Pas plus qu'un flirt voué à passer une nuit unique d'ailleurs. Il observe un moment sa cigarette, posant sa main contre son ventre, réfléchissant brièvement... Lui n'avait pas ce genre de scrupule... Et ses choix sur le sexe et le look se faisaient en général au dernier instant. Mais bref...
   
- Oui, ben pour Ryo, garde un oeil ouvert parce que "Lust" -c'est quoi ce pseudo ? les putes vont les chercher où ?- a eu son autorisation pour travailler "en interne".
   
Il hausse les épaules :
   
- Moi je m'en fout...
   
Puis comme si le sujet n'avait pas ou plus d'intérêt il en revient à Makoto :
   
- Et comment tu te sens...?
   
Makoto opine brièvement. Il savait pour le feu vert de Ryo. Et il trouvait ça particulièrement stupide de la part du blond. C'était évident que Ryo allait faire sauter des têtes... Mais bon. Qui était-il pour parler ? Certes, le second du grand manitou : ça aide. Mais Ryo ne l'écouterait pas pour ça. Il était trop fier. C'était stupide... Le sujet change, un peu trop vite à son avis. Makoto était curieux de savoir ce qui pourrait attirer Natsuki s'il se foutait réellement de Lust. Pas que tous doivent le trouver agréable mais... Makoto considère dès lors que Natsuki est hétéro. Voilà qui le satisfait comme réponse. De toute façon, il n'avait pas trop la tête à y réfléchir plus que ça...
   
- Je vais...
   
Il avait été sur le point de répondre "bien", mais le mot meurt dans sa gorge. Il laisse tomber ce qui reste de sa cigarette - soit pas grand chose - sur le sol et l'écrase d'un pied.
   
- Ça va aller.
   
Le mégot de Natsuki rejoint celui de Makoto au sol, il l'écrase d'un coup de talon avant d rallonger ses jambes sur le pot de fleur. "Ça va aller". Ouais... C'était l'enfer plutôt nan ? Il savait ce que c'était que la sensation de manque et sous les lignes de ses tatouages, dans le creux de ses coudes on pouvait sans doute, en y regardant bien, y déceler les traces anciennes de piqûres et les veines abîmées. Il n'avaient pas consommé de la même façon que Makoto mais la différence c'était que lui avait sût décrocher avant qu'il ne soit trop tard.
   
- C'était quand ?
   
Pas besoin de préciser qu'il parlait de la dernière prise n'est ce pas ?
   
Makoto déglutit avec difficulté. Il glisse ses mains dans la poche ample à l'avant de son hoddie après avoir rabattu le capuchon sur sa tête, comme si ça pouvait l'épargner un peu. Il lève le regard vers le ciel noir, y trouvant quelques étoiles, songeur. La dernière fois ? Il avait l'impression que sa faisait cent ans plutôt que deux jours... C'était con, hein ?
   
- Ça fait... un peu plus de deux jours, je crois... Je...
   
Il tourne finalement la tête vers Natsuki, désemparé.
   
- J'avais réussi à remonter la pente. Un peu... Mais... Mais ça devient pire.. Et pourtant j'essaie...
   
Natsuki hoche positivement la tête avant de rentrer un peu plus franchement dans le sujet. Mais c'était son rôle que de tenir les hommes, même quand ils étaient là pour seconder le grand manitou...
   
- Tu sais que Ryo te paierait encore une cure. Ou même qu'on serait prêt à te faire une cure maison.
   
Son regard se durcit légèrement. Il n'aimait pas avoir le rôle paternel qui sévit mais il fallait le faire parfois...
   
- Et ce avant que ton problème ne devienne le problème de tous...
   
Makoto frotte doucement ses bras de ses mains, frigorifié. Pourtant, les bras armés seulement de tatouages haut en couleur de Natsuki ne semblaient pas agités de frissons, eux. Mais mince comme il était et, surtout, faible, il avait froid très facilement. Trop. C'était pour ça qu'il était dans le grenier, principalement. Parce qu'à l'origine, sa chambre était au sous-sol... Mais une nuit, il était carrément entré en hypothermie. Depuis ce jour, Ryo l'avait forcé à "aménager" au grenier. Et il y avait fait installer un bon chauffage.
   
- Je sais...
   
Le ton était incertain. Il avait déjà essayé de cuver avant, mais ... Ça avait été trop dur. Vraiment trop. À ce qu'ajoute Natsuki, il fronce les sourcils. Incertain, il ose tout de même avancer ce qu'il savait pourtant faux :
   
- Ryo se débarrasserait du problème avant qu'il n'en soit réellement un pour tout le monde...
   
Un petit rire sans joie passe les lèvres de Natsuki :
   
- Le même Ryo qui se serait débarrassé d'un témoin qui l'aurait vu tuer un type de la mafia tu veux dire ? Ho oui, il le ferait sûrement...
   
Makoto gronde. Il trouvait injuste de juger des capacités de Ryo sur cet événement seulement...
   
- Ce n'est pas pareil. Ryo et Lust sont fais pour être ensemble. Il suffit de les voir... Il y a un truc entre eux et ça, j'en suis certain.
   
Il lance un petit regard féroce à Natsuki, comme s'il le mettait au défi de le contredire.
   
- Je ne suis pas stupide et encore moins idéaliste. Mais il faut bien que quelqu'un croit encore à l'amour dans cette maison...
   
Natsu lève une main comme pour se défendre d'avoir pensé différemment.
   
- Je connais Ryo depuis plus longtemps encore que toi. Je lui fais confiance et s'il partait dans l'instant chez l'Oyabun j'irais avec lui, l'arme au poing. Je trouve ses dernières décisions chaotiques mais je ne le dis qu'à lui et à toi. Et le moindre membre qui les discutes...
   
Il montre le dos de sa main où quelques phalanges sont abîmés, signe qu'il avait parfois dût remettre certaines pendules à l'heure. C'était clair non...?
   
- Néanmoins je sais, et tu sais aussi, que même s'il ne dit rien, le fait que tu sois toxicomane, il le vit comme étant de sa faute, ce qui n'est ni tout à fait vrai, ni complètement faux. Il préfèrera s'enfoncer sous les problèmes plutôt que de t'empêcher d'en créer. Il "faut" que tu te ressaisisse. Et vite. pas ce soir, pas demain, pas cette semaine... Mais rapidement. Si t'as besoin qu'on t'aide, y a des professionnels. Je peux le faire moi aussi, je suis passé par là, mais je serais pas drôle. Moi ce que je veux, c'est que t'y réfléchisse parce que si tu dérapes, Ryo ou pas Ryo je viendrais t'en coller une Makoto...
   
Makoto déglutit avec difficulté. Il n'avait jamais été un combattant. Oh oui, il savait donner quelques coups bien placés qui faisaient mal. Mais entre Natsuki et lui, malgré la différence de taille, personne ne douterait du gagnant. Natsuki était fait pour en imposer. Pas Makoto. Et il savait que l'homme tiendrait sa parole quoi qu'il lui en coûte. Makoto opine donc. Brièvement, mais il le fait. Il a peur, très certainement. Son coeur bat fortement, ses mains tremblent encore plus, ses yeux piquent, signe que des larmes ne tarderont plus. Il les ferme durement, évitant ainsi de perdre ce qui lui reste de son mince honneur. Et finalement, loin de donner une réponse concrète à Natsuki, il tente tout de même de se rassurer :
   
- Qu'est-ce qui t'es arrivé à toi, Natsu ? Tu veux me raconter...?
   
Natsuki hausse les épaules avant de hocher la tête de gauche à droite :
   
- Il n'y a rien à raconter. Je me suis piqué pendant un long moment, j'ai même faillit planter tout le gang à cause de mes conneries. Et j'ai prit la raclée du siècle par Ryo qui m'a envoyé en cure à coup de pieds. Brutale mais radicale.
   
Makoto opine brièvement. Il ne savait pas ça. Il n'était pas arrivé avant que ça arrive, sûrement... Parce que d'aussi loin qu'il se souvienne, Natsuki lui avait toujours semblé être un rock, un vrai. Un peu comme Ryo... Un point de repère ; le genre de comportement qu'il devrait adopter. Mais c'était difficile. Et c'était peut-être le désespoir qui, présentement, l'animait. Qui le forçait à dire ce qui suivrait. Parce qu'on le sache bien : Makoto adorait Ryo. C'était à la fois un père, un grand frère, un patron et un ami. Il ne voulait pas être une source d'ennui pour lui... Et visiblement, Ryo n'était pas prêt à faire comme avec Natsuki et lui botter le derrière jusqu'au centre de désintox le plus près...
   
- Aide-moi...
   
Deux petits mots, mais que Natsuki n'en espère pas plus. Déjà, Makoto fuyait son regard, regrettant amèrement ses paroles. Il n'avait pas le courage de faire ça...
   
Natsuki hoche positivement la tête. Bien, c'est tout ce qu'il voulait entendre. Sans ça, probablement que Makoto l'aurait eu à la dure prochainement. Encore que... C'était effectivement ce qui allait se produire non ?
   
- Moi tu es sûr ? Parce que je vais pas te faire de cadeau...
   
Makoto déglutit avec difficulté. Il relève lentement le regard vers les jolis yeux bien foncés de Natsuki avant d'hocher la tête d'haut en bas. Il hésite un moment... puis murmure doucement :
   
- Mais on le dit pas à Ryo... Il a assez de problèmes comme ça en ce moment... Je ne veux pas être un poids de plus sur ses épaules. Promet, s'il-te-plait. Si tu le dis à Ryo, c'est moi qui me montrerai peu tendre.
   
Certes, Makoto ne faisait pas peur à grand gens, mais ceux qui étaient près de Ryo savaient aussi qu'il n'aurait jamais donné ainsi sa confiance à un deux de pique... Il ne fallait pas jouer avec le feu.
   
Un petit sourire s'esquisse sur les lèvres de Natsuki qui hoche à nouveau la tête de façon positive.
   
- La première chose que tu vas faire c'est récupérer quelques vêtements, sa couette, ton oreiller et tout mettre dans ma chambre où je sais qu'aucune drogue n'est cachée. Et là tu vas vivre en enfer durant les prochains jours...
   
Makoto pince les lèvres. Il lance un petit regard couroucé à Natsuki avant de finalement gronder :
   
- Mais ta chambre est minuscule... C'est même pas certain qu'on entre à deux là-dedans...
   
Et en même temps, il savait que c'était vain : il devait bouger de là-haut, histoire d'être certain de ne pas céder.
   
Natsu fronce les sourcils, envoyant un regard sévère à Makoto :
   
- Ne commence pas à discuter maintenant. C'est comme ça, point barre. Tu vas les chercher maintenant et tu déménages.
   
De toute façon, lui allait avoir peu l'occasion de dormir, il allait essentiellement veiller et se reposerait pendant les phases d'abattement de Makoto.
   
- J'inventerais quelque chose pour Ryo... Mais il est loin d'être con.
   
Makoto ferme les yeux, glissant une main sur ses paupières. Il avait un sale mal de crâne... et soudainement, il réalise quelque chose. Il tremblait comme une feuille. Il avait mal à la tête, mal au coeur, était étourdit et...
   
- J'ai... le droit à une dernière fois ? Parce que ... Parce que je ne savais pas que ... et je...
   
"Je n'ai pas fait de réserves" ? Non vraiment, c'était con... Il s'en rend compte et baisse vivement la tête avant de marmonner :
   
- Si on en parle pas directement à Ryo, il ne posera pas de questions...
   
   
Natsuki se lève d'un seul coup, profitant que Makoto soit assit pour le toiser de sa hauteur :
   
- Si tu te drogue malgré ma vigilance à partir de "maintenant" Makoto, chaque transgression ou tentative de transgression sera sévèrement puni. S'il faut te refaire une éducation à la Pavlov on le fera. Je m'occupe du reste, je vais te donner tout mon temps et une bonne partie de mon énergie, ne me déçoit pas. Ne déçois pas Ryo...
   
Courte pause avant qu'il termine :
   
- Et ne te déçois pas toi même une fois de plus.
   
Makoto se mordille assez fortement la lèvre inférieure. Il observe un moment Natsuki, s'enfonçant un peu plus dans la chaise qu'il occupe avant de finalement opiner lentement, mais sûrement. Il se relève, n'aimant pas être ainsi regardé de haut. Peut-être plus faible que la majorité des hommes ici, mais pas con... Et pas dominé non plus. Il se fait un court instant incertain sur ses jambes, mais à peine. La vraie douleur, ce serait plus tard... Mais plus vite qu'il ne pouvait le penser, sûrement.
   
- Alors viens avec moi au grenier.
   
Il n'osait pas dire pourquoi, mais n'en avait pas besoin, n'est-ce pas ? Il ne se faisait plus confiance depuis trop longtemps. Et pas la peine de préciser qu'il n'avait pas envie de "refaire faire son éducation" à la dure... Comme l'avait si bien dit Natsuki.
   
Natsuki opine, récupérant son paquet de cigarette et son briquet sur la table pour les mettre dans sa poche. Il ne dit rien mais allait effectivement accompagner Makoto au grenier. Juste pour être sûr qu'il ne se fasse pas une dernière petite ligne ou qu'il n'en cache pas dans ses poches ou quoi. Et puis ils iraient dans sa chambre et ils se poseraient, discuteraient s'il fallait, essaient de dormir aussi parce que le sommeil, c'est quelque chose dont ils allaient manquer prochainement. Son regard remonte sur une des fenêtres de la maison derrière laquelle la lumière s'est éteinte. En espérant que le fait que Makoto arrivait à doser un peu sa consommation encore les aide durant cette cure forcée. Parce que lui n'avait pas les moyens des médecins de ces centres... Il n'allait pas donner quelques doses de temps en temps pour habituer le corps de son ami en "quelques mois". Se serait l'histoire de 15 jours. 15 jours très pénibles suivit d'une longue période qui le serait tout autant... Mais où sont corps serait purgé au moins...
   
La cure serait violente pour l corps de Makoto mais il fallait ce qu'il fallait n'est ce pas...? Déjà s'ils atteignaient une semaine, son corps ne "réclamerait" plus. Il y aurait juste le manque de l'habitude et de l'euphorie. Enfin... "juste". Tout était relatif n'est ce pas...?
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6. Je te suivrai, mais ralentit...

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