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 5. J'aimerais ne plus sentir ce coeur qui bat trop fort

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Freya


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MessageSujet: 5. J'aimerais ne plus sentir ce coeur qui bat trop fort   Jeu 16 Sep - 22:34


Petit coup d'oeil sur l'horloge pour constater qu'il est seulement 6h30. Mais le soleil timide qui s'était glissé à travers le carreau l'avait tiré rapidement du sommeil. Ça et le fait qu'il avait peu l'habitude d'avoir des nuits aussi longue. Ryo dormait encore à côté de lui, visiblement comme une masse, emmêlé à la couverture qu'il avait pour moitié accaparé durant la nuit et après avoir observer le corps à demi nu à loisir, Lust s'était mit debout. Très bien, il entamait sa phase "redevenons maître de nos moyens". Il s'était un peu trop laissé aller avec le blond. Peut être parce qu'il en imposait, peut être parce qu'il le trouvait attirant, peut être parce qu'il était lui même un peu trop con... Mais ce matin c'était finit. Aujourd'hui était un autre jour c'est d'un pas décidé qu'il s'était glissé dans la salle de bain, se lavant au lavabo pour faire le moins de bruit possible. Pas que le sommeil de Ryo lui importait réellement non... Mais il comptait le réveiller un peu mieux que parce qu'il faisait trop de bruit...

Lust avait récupéré les vêtements que Ryo lui avait prit, ayant bien noté qu'il avait fait, visiblement, le tri dans ses affaires et avait enfilé jean et chemise noire. Un peu de khôl, de poudre, de gloss... Rien de tape à l'oeil comme prévu mais suffisant pour montrer qu'il y avait un effort et souligner ce qui d'après lui devait l'être. Il s'observe dans le miroir, se passe une main dans les cheveux en passant ses lèvres l'une sur l'autre pour bien tenir en place le gloss et finalement revient à la chambre... Où Ryo n'a pas bougé d'un centimètre... Ce type avait le sommeil lourd... Et en même vu l'état de fatigue dans lequel il était rentré, c'était peut être pas aussi étrange que ça aurait pu l'être. Le prostitué s'approche, détail encore la silhouette petite mais néanmoins tout ce qu'il y a de plus adulte. Il se penche légèrement, passe le bout de ses doigts sur une épaules dénudée, suivant la courbe d'un biceps de façon tranquille et peut être un rien intéressé. Oui, Ryo était désirable sans doute. Mais plutôt mourir que de le lui dire.

une fois sa petite inspection terminée, Lust vient tranquillement s'installer à califourchon sur les hanches de l'homme, l'obligeant un peu, alors qu'il grogne un peu dans son sommeil, à correctement s'installer sur le dos. Il vient passer sa langue dans son coup, ses mains caressant doucement ses hanches et finalement, après quelques secondes, il dépose un baiser tout ce qu'il y a de plus chaste sur les lèvres encore ensommeillée. Il n'y reste cependant pas, se redressant légèrement, frottant son nez contre celui du chef de bande, attendant qu'il ouvre bien les yeux et posant ses mains sur ses poignets pour être sûr qu'il n'y aura aucune étreinte :

- Règle numéro un à partir de ce matin... Tu ne me touche plus si tu n'as pas l'intention de payer quoi que se soit mon ange...

Un petit rire passe ses lèvres alors qu'il ajoute :

- Et j'espère donc que tu as bien profité de la nuit... C'est ce que tu auras de mieux tant que tu ne te décidera pas à y mettre un peu du tien...

Ryo dormait du sommeil du juste. Oh oui, et il ne dormait pas qu'à demi, loin de là... Aujourd'hui, la journée serait relaxe. Enfin, façon de parler. Il allait s'occuper de Lust. Et... heu.. lui apprendre la mauvaise nouvelle. Mais chaque chose en son temps. Il essaierait de faire en sorte que le jeune prostitué trouve ses traces dans la maison, qu'il sache où il avait le droit d'aller, les pièces qu'il devait éviter... Et même chose avec les hommes qui allaient et venaient dans la maison. Certains étaient réellement à éviter. D'autres étaient dangereux, mais ne s'intéressaient qu'au beau sexe. Et d'autres étaient un peu à l'image de Makoto. Mais pour l'instant, Ryo ne pensait à rien de tout ça, de toute façon. Il dormait comme un bien-heureux et avait l'intention de continuer ainsi encore un bon moment. Il s'était couché comme d'habitude, aux petites heures du matin. Et lorsque soudainement un poids se fait sentir sur ses hanches, tout son corps proteste violemment : il était encore trop tôt !! L'heure, il ne la connaissait pas, mais son horloge interne hurlait à l'injustice.

On le caresse, on baise ses lèvres. Une jolie voix se fait entendre. Ryo grogne, marmonnant quelques paroles sans sens mais auxquelles on pouvait facilement en donner un : dégage. Cependant, Il fallait avouer qu'en matière de réveil, il avait connu plus pénible... Un oeil s'ouvre... puis un autre. Il observe un moment Lust sans vraiment enregistrer ses propos, sa tête vrillant désagréablement. Pas toucher...? Pas toucher quoi ? Ryo grogne se débattant pour que Lust relâche ses poignets. La voix empâtée et rauque, il grogne :

- T'es con... J'pourrais te violer sans le moindre effort, connard... Alors ta gueule et laisse-moi dormir, putain...

Il tourne la tête vers son réveil matin, clignant une ou deux fois des yeux pour bien voir... 6h52... Du... Du matin ?!?

- Bordel, mais t'es con ! Ça fait même pas trois heures que je dors !!

Petit temps de battement pendant lequel Lust soupire... ok... Ryo au matin, c'était encore pire qu'au soir avant de se coucher... C'était bien noté. En deux phrase il l'avait traité deux fois de con, une fois de connard, lui avait demander -encore- de fermer sa gueule, parlé de viol et utiliser fort à propos le mot "putain". Bien... Lust savait déjà que l'homme n'était pas un dictionnaire de politesse mais parfois, ça frôlait limite l'indécence...

- Bonjour, moi aussi ça me fait plaisir d'échanger quelques douceurs avec toi de si bon matin...

Il hausse les épaules, un peu vexé de s'être fait rembarré de cette manière alors qu'il espérait "un peu", quand même, que ses charmes aient plus d'effet que... Ben que ça...

- Le soleil est levé. T'avais pas précisé que tu comptais dormir jusqu'à je sais pas quelle heure...

Ryo ferme les yeux, dépassé par les propos que lui tenaient Lust. Il soupire, rouvrant les yeux. Ce faisant, il glisse doucement une main sur la joue du jeune homme, mais sans être moins en colère pour autant. Il ne fallait pas charrier non plus, hein...

- Écoute. Il est même pas 7h du matin. J'ai fini de travailler juste avant 4h et je suis cassé. J'ai mal au dos, aux épaules, à la nuque. J'ai risqué ma peau en deux fois en allant chercher tes affaires à cause de ces enfoirés de la mafia et je me suis battu deux fois dans la journée. Je crois avoir mérité de dormir plus que trois heures. C'est clair ça ?

Il referme les yeux, s'enfonçant un peu plus dans son oreiller. Il avait compris - à retardement - les paroles de Lust. Mais il n'en tenait pas rigueur. Il toucherait s'il en avait envie. Oh, pas de trucs trop gores que seuls des types comme Hiroshi se permettraient. Mais il n'allait pas se priver de caresser une joue ou de balayer une mèche de cheveux, tout de même...

- Et arrête de jouer le mec froid comme la pierre. Ça prend pas avec moi...

Lust va pour écarter la main qui glisse sur son visage mais elle a déjà quitté sa joue. Non non, il n'en démordait pas. Et certes, Ryo était rentré à 4h, mais justement, y avait autre chose de vrai :

- J'ai faim...

Il était partit dans l'après midi et de fait, Lust avait jeuné. Maintenant il avait faim. Il ne faisait pas particulièrement attention à sa ligne, parce que la génétique était de son côté et avait même tendance à grignoter de façon régulière alors forcément, là tout de suite, son estomac réclamait son attention.

Ryo laisse échapper un petit gémissement presque blessé. Il glisse les deux mains sur son visage, murmurant d'une petite voix :

- Dites-moi que je peux pleurer... S'il-vous-plaît, dites-moi que je peux me permettre de pleurer...

La simple idée de se lever lui donnait mal au coeur. Mais, à la guerre comme à la guerre... Il pose les mains sur les hanches étroites du jeune homme, le repoussant sur le lit de l'autre côté pour se lever. D'abord en simple position assise, il fini néanmoins par se mettre sur ses pieds. Et sans attendre, il va à la salle de bain dont il ferme la porte. La vie était moche. Vraiment vraiment moche. Lui qui voyait Lust comme un petit ange dont il pourrait avoir les services bientôt en guise de récompense, voilà qu'il le découvrait comme étant un réel poison !

- Aujourd'hui, faut qu'on discute toi et moi, Oprah !

Ouais, saloperie de diva...

Lust rigole, allongé sur le matelas, les genoux relevés, bras par dessus la tête, observant la petite silhouette blonde qui file en râlant vers la salle de bain. Ses yeux s'attardent jusqu'au dernier moment sur les fesses fermes joyeusement moulées dans un simple boxer et finalement il revient fixer le plafond, riant encore un peu à la façon qu'avait Ryo de formuler les choses.

- T'écouter, c'est un de ces trucs que je peux faire gratuitement pour toi alors fais toi plaisir, je t'écoute !

Ryo grogne, mais ne dit rien pendant qu'il vide sa vessie. Saloperie de pute de merde... Il prendrait bien note de ne jamais faire affaire avec un prostitué de sa vie !! Du moins, de ne plus jamais le faire... Il tire la chasse, se lave les mains - parce que ouais, il avait un peu de savoir vivre... - puis sort de la salle de bain. La porte claque contre le mur opposé, mais il s'en moque. Levant une main, il montre un index.

- Premièrement, tu arrêtes de me parler d'argent. Tu peux bien être un salopard cupide qui vendrait sa mère pour cent yens, je m'en tape, mais te la ramène pas avec moi !

Ça serait le point le plus dur ça, non ? Pauvre petite Oprah....

Ouch, ne plus parler d'argent ? Mais alors... Ils n'allaient plus parler du tout la même langue dans ce cas...! Néanmoins il hoche positivement la tête, tout en tempérant :

- Je peux faire ça. Tant que tu ne me met pas dans une position où je suis obligé de le faire.

Ryo hoche la tête une fois. Bien. Accordé. Il lève un second doigt pour en montrer deux à Lust.

- Aujourd'hui, je reste avec toi et je te montre comment ça fonctionne ici. Tu seras autonome à partir de ce soir. Si tu me réveilles encore une fois pour bouffer alors que j'ai que quelques heures de sommeil dans le corps, je te le fais regretter. J'ai 37 ans. Je n'ai plus la forme d'un gamin de 20 ans même si j'aimerais bien l'oublier parfois. J'ai vraiment besoin d'avoir quelques heures de sommeil de plus par nuit... ou par journée. Parce que oui, je risque de me lever à midi ou à 13h, mais écoute... Je me couche généralement vers 5h, bordel !

Il y a un léger doute qui passe dans le regard de Lust. Parce que sortit de cette chambre, il lui semblait que tout était un danger potentiel... Il se redresse en position assise, observant brièvement Ryo avant de reprendre la parole :

- Mais il n'y en a que pour trois jours... Deux si on ne compte pas aujourd'hui où tu vas rester ici... Tu ne peux pas faire autrement ?

Ça ne lui disait vraiment rien de se balader ici "tranquillement", "l'air de rien".

- Ou te coucher plus tôt...? Ou... j'en sais rien...

Ryo lance un regard découragé à Lust. Ce garçon ne comprenait vraiment rien !

- Non, Lust. Non je ne peux pas me "coucher plus tôt". Non je ne peux pas arrêter de vivre ma vie pour ne graviter qu'autour de toi ! Tu sauras te créer tes points de repère. Je te dirai qui éviter ou pas. Et ne t'inquiète pas. On te touche et je tue. Ça, ils le savent déjà. Je leur ai déjà tous parlé.

Il hésite un moment, se disant que ce n'était pas forcément le bon temps pour en parler, mais finalement... Ouais. Ryo se diriger vers un meuble. Il ouvre un tiroir, sort un jeans trouvé et l'enfile rapidement.

- J'ai été un peu optimiste en parlant de trois jours...

Un petit frisson électrique passe le long de l'échine de Lust à la phrase "on te touche et je tue". Ok, ça faisait un peu sociopathe dit comme ça, mais il n'en était rien. C'était juste... Disons que ça faisait partit de ce charme sauvage qui lui plaisait tout autant que ça l'énervait au moins...! Mais pas le temps de ne serait ce qu'esquiver un sourire que Ryo annonce quelque chose qui sonne beaucoup moins bien à ses oreilles... Lust fronce les sourcils, ne lâchant pas le petit homme qui est en train de s'habiller :

- Comment ça "un peu optimiste"...?

Alors là, qu'on ne lui annonce pas qu'il allait devoir se faire à ce climat durant plus longtemps parce qu'il ne pourrait tout simplement pas...!

Ryo glisse une main dans sa nuque, légèrement mal à l'aise soudainement. Et ce n'était pas feint. Il ne savait trop comment annoncer ça à Lust. Mais il y a des choses dans la vie qui... Bref, non. Ce n'était sûrement pas la façon dont il allait commencer son explication. Alors le petit blond va s'assoir sur le lit, près de Lust. Il s'éclaircit la gorge avant de commencer :

- Eh bien... Je savais pas qui était l'homme que j'ai tué. Je savais seulement qu'il faisait partit de la mafia et que j'avais besoin des papiers qu'il transportait. Il se trouve que hier dans la nuit, j'ai appris qu'il était le neveu de l'Oyabun... Ils ont prévu d'atteindre les Kikikan. Je peux te laisser partir, ça change rien pour moi. De toute façon, même si c'était qu'un mec de la bande qui avait fait le coup, c'est moi qui dégusterait .C'est mon rôle. Mais toi par contre... t'es en danger.

Lust commence à bouillir avant même que Ryo ai ouvert la bouche... Le voir mal à l'aise de cette façon ne laissait probablement rien présager de bon... Et effectivement, à son petit discours, Lust se redresse d'un seul coup, se plantant devant Ryo :

- Comment ça "en danger" ?! Je suis en danger de rien du tout ! Je n'ai rien fait moi ! Et je fais pas partit de ta bande ! J'ai rien à me reprocher !

Il croise les bras sur son torse, résolu, envoyant un petit regard noir à Ryo :

- Tu es en train de me la faire à l'envers...!

Ryo réfléchit un moment. Il glisse un doigt sur ses lèvres, sourcils froncés. Et finalement, il déclare :

- Tu peux partir. Mais sache que tu n'étais visiblement pas le seul à avoir vu la scène. Un autre jeune homme est arrivé vers la fin, lorsque nous sommes partis. Il est porté disparu. Tu le connais peut-être... Il travaille sur ta rue. Heu... Un nom à coucher dehors... Loveless... Je crois.

Lust est légèrement désemparé alors que les informations tombent les unes derrières les autres. Porté disparu...? Oui il savait qui c'était... Y avait même son numéro sur son cellulaire, comme celui de plusieurs autres prostitués... Il faisait partit de ceux avec qui il aimait bien bavarder. Le jeune homme se rassoit, soudain plus anxieux, se penchant légèrement sur Ryo comme si plus près il accédait à plus de sécurité :

- Porté disparu...? Mais... Ça ne veut pas dire qu'il a dit quoi que se soit... Ni sur toi ni sur moi... De toute façon je n'y suis vraiment pour rien moi... Que je sois passé ou pas, il serait mort quand même, il a dût le voir...!

Ryo se penche sur Lust, plongeant son regard dans le siens. Il murmure d'une voix grave :

- Mais tu es certains de pouvoir mentir à un homme qui te regarde comme je le fais présentement et qui te menace de son pistolet ? Un homme qui a l'habitude de tuer des passants trop curieux...

Lust avale sa salive presque douloureusement avant de demander :

- Pourquoi mentir s'ils savent que c'est toi...?

Ryo glisse une main sur la joue de Lust. Il se penche, déposant un baiser à la commissure de ses lèvres avant de murmurer à son oreille :

- Parce que toi tu étais là. Et s'ils le savent, tu finiras comme Loveless... disparu.

Le "disparu" final fait remonter sur son épiderme une chair de poule qui n'a rien de très agréable. Lust vient enrouler ses bras autours du coup de l'homme, cherchant à lui voler un peu de chaleur alors qu'il frissonne.

- Alors qu'est ce qui va se passer ? Combien de temps...? Ho mon dieu ils vont demander à Sakeguchi où j'habite non ? Mon appartement... Mais...!

Il ferme les yeux, ok, c'était une catastrophe...

- Qu'est ce que je vais faire ?!

Ryo soupire, serrant le petit corps contre lui, glissant une main dans ses cheveux. Il est con... super con. Trop trop trop con. Mais il murmure néanmoins :

- Je suis là, moi. Aujourd'hui, on prépare un plan de match. Dis-toi que tu as une bonne longueur d'avance : ils ne savent pas ton nom. Ton patron le sait ? Si oui, je suis certain qu'il n'arrive pas à s'en souvenir sans papiers... Vous êtes nombreux. J'ai envoyé un de mes hommes se renseigner.

Il ne savait franchement pas pourquoi il aidait ce garçon capricieux et cupide... mais il le faisait. Et quand Ryo faisait quelque chose, il ne le faisait pas juste à moitié.

Lust réfléchit. Oui, Sakeguchi connaissait son nom à cause des test HIV. Mais ils en passaient tous un par moi, l'homme ne gardait pas ces documents et les bazardait sitôt qu'il les avait lu alors peut être bien -sûrement même- qu'il ne s'en souvenait pas.

- Il a déjà dût le voir sur les test HIV mais il m'appelle toujours par mon pseudo... Il doit pas s'en souvenir... Par contre il a mon numéro de téléphone...

Ryo opine brièvement. Il tend la main pour ouvrir le tiroir de sa table de chevet et en sort le portable de Lust. Il l'ouvre, se bat un moment avec avant de trouver la compagnie de cellulaire qu'il utilise.

- Nous allons te payer une rupture de contrat et un nouvel abonnement. Mais c'est toi qui règle mensuellement tes comptes ! Au moins, tu pourras changer de numéro de téléphone... et ils ne te retrouveront pas grâce à ta compagnie. Autre chose ?

Lust relâche Ryo, l'observant se servir de son téléphone portable comme s'il n'en avait jamais utilisé un avant ce jour et à ce qu'il annonce il lui renvoie un regard de reproche :

- Et je fais comment pour payer mes factures si je peux pas travailler gros malin ?

Ryo grogne. Il ferme le portable complètement, ignorant les messages en attente, puis hausse les épaules.

- Chaque chose en son temps... On en reparlera quand ça se sera calmé. J'sais que c'est pas joyeux, mais tu peux toujours travailler ici, à l'interne...

Ryo déglutit avec difficulté, détournant le regard par fierté. Ça ne lui plaisait pas. Pas du tout, même. Mais bon...

Le prostitué hoche la tête... un peu dubitatif au début... Pas vraiment ravit non plus... Mais néanmoins d'accord. Il allait devoir réviser un peu ses tarifs non...? Ça l'arrangeait pas de se mettre "au rabais", mais en considérant que cette fois, personne ne prendrait sur la somme qu'il allait gagner, il pouvait le faire...

- D'accord... Je ferais ça...

Il soupire. En espérant que sans la menace des proxénètes, certains ne s'imaginent pas être tout permit... Quoi qu'il pouvait utiliser le fait d'être sous la protection de Ryo non ? Sans doute... Ha oui et du coup :

- Mais tu devrais lever l'interdiction de me toucher...

Ryo pince les lèvres, croisant les bras. Il se lève un peu vivement, haussant les épaules avant d'aller ouvrir la porte sans répondre. La jalousie le rongeait de l'intérieur et il était même prêt à se l'admettre. Mais plutôt crever que de le dire à Lust...

- T'avais faim... Viens. On va aller à la cuisine...

Lust sursaute un peu quand Ryo se lève d'un seul coup, sans prévenir, ouvrant la porte pour... Aller petit déjeuner ? L'appétit lui manquait soudainement mais devant l'air pincé du blond, Lust se lève sans rien dire, récupérant les baskets que Ryo lui avait rapporté et les enfilant rapidement avant de sortir pour la première fois depuis qu'il était là de la chambre. Son regard se pose sur le profil enviable. Il aimerait dire quelque chose, s'énervant tout seul de constater qu'il n'aimait pas que l'homme soit contrarié après lui mais finalement il renonce. S'il commençait à avoir ce genre de considération, son travail ici allait mal se passer donc... Lust sort de sa poche une pince à cheveux et ramassant en mèches éparses ses cheveux il la fiche en travers de ces derniers.

- Et toi...? Qu'est ce que tu vas faire ? La mafia ne va pas venir ici...?

Ryo gronde. Il se tourne vers Lust, ouvrant la bouche pour lui répliquer de se fermer la gueule, que ce n'était pas de ses affaires. Mais, à ce moment, son regard tombe sur le jeune homme. Un look peut-être légèrement négligé, mais à peine, les cheveux retenus par une pince, portant des vêtements nettement plus masculins et qui, pourtant, mettaient toujours ses courbes en valeur... Ryo ne bouge pas pendant un long moment, observant Lust comme s'il le voyait pour la première fois. Il déglutit avec difficulté avant de finalement refermer tout simplement la porte. Il s'approche du petit prostitué et doucement, relève une main pour la glisser sur sa joue.

- Je vais faire mon possible pour que tu ne sois pas en danger. Fais-moi confiance... Juste un peu, si tu en es capable.

Il vient récupérer une mèche qui a échappé à la pince, la faisant glisser entre deux de ses doigts.

- Tu es bien plus séduisant ainsi que quand je t'ai rencontré pour la première fois... C'est con. J'pensais que c'était impossible.

Pendant un bref instant, alors que la soudaine mauvaise humeur de Ryo est presque palpable, Lust s'attend à un brusque retour de flamme. C'est peut être pour ça qu'il a un mouvement de recule en voyant la main de Ryo remonter vers son visage. Néanmoins, compte tenu de la lenteur du mouvement, il comprend vite qu'il n'en est rien et bien que se soit contraire à sa "règle numéro un", il laisse l'homme venir la poser sur sa joue, observant les deux billes sombres de son regard avec une légère appréhension. Cette soudaine douceur le laissait perplexe. Et plus encore les mots qui sortent de sa bouche. C'est même plus que de la perplexité à sa dernière réflexion et Lust déglutit, posant sa main sur le poignet de Ryo pour y faire légèrement pression, l'invitant à retirer sa main mais sans l'y obliger non plus de lui même. Avec un sourire légèrement crispé il pose la question qui lui brûlait les lèvres :

- Tu ne feras pas partit de mes clients...?

Parce que soyons tout à fait honnête, ça allait être une sensation terriblement étrange que de s'envoyer en l'air dans la pièce d'à côté si ça se trouve tout en sachant que Ryo allait être là... Et si cette constatation ne lui faisait pas vraiment plaisir... Elle était là quand même... Et ne partirait pas...

Ryo hoche lentement la tête de gauche à droite à la question de Lust. Il retire sa main de la joue du jeune homme, mais seulement pour mieux la glisser sur une hanche alors qu'il l'attire doucement jusqu'à lui. La douceur y est seulement pour que Lust sache que s'il veut le repousser, c'est encore possible. Allez savoir pourquoi, c'était important pour le moment. Posant son front tout contre une épaule du beau jeune homme, il lui répond :

- Non. Et je ne suis pas certain de pouvoir t'entendre gémir alors qu'un de mes hommes te prend. Vraiment pas.

Sa main caresse la hanche un court moment avant de finalement se retirer. Il se redresse, faisant un pas vers l'arrière. Parce qu'il ne fallait pas abuser des bonnes choses, surtout lorsqu'on ne pouvait pas le faire complètement.

- Je ne veux pas te payer pour que tu couches avec moi. Je veux que tu le désires.

Lust ne se dérobe pas. Peut être parce qu'il veut profiter de ce que la situation ne soit pas explosive entre eux... Ou peut être parce qu'il n'en a pas envie tout simplement. Il n'empêche que les mots du blonds, bien que d'ordinaire si tranchant et cru, l'atteigne avec une justesse désarmante. Mais la situation ne change pas n'est ce pas ? D'ailleurs Ryo se recule finalement de lui même avant de lui répéter ce qu'il lui avait déjà dit la veille. Et puisque l'homme a été franc avec lui, il en fait de même, mais qu'il ne compte pas toujours dessus :

- Je ne peux pas. Si je le désirais et que je le faisais, je serais incapable de faire ce pour quoi on me paie correctement...

Ryo opine brièvement. Il comprend... peut-être. Un peu , du moins. Il voit le problème, oui. Mais il ne fallait pas lui demander d'être constamment compréhensif ainsi... Ça ne le ferait pas. Il se tourne plutôt à nouveau vers la porte, mais ne l'ouvre pas, posant seulement une main sur la poignée. Ça lui faisait drôlement mal en fait, ces paroles. Plus qu'il ne l'aurait cru. Et c'était un peu con. Il ne connaissait même pas le nom de ce garçon !

- Si je le pouvais, je t'empêcherais de faire de boulot.

Mais Lust ne le laisserait pas faire, huh ? Parce qu'il avait beau avoir assez d'argent pour les faire vivre tous les deux, il n'était pas riche..

Il y a comme un malaise présentement. Cette situation était déroutante. Ils se connaissaient à peine mais il y avait ce ptit quelque chose entre eux qui rendait les choses difficiles, compliquées... Lust hoche légèrement la tête pour dire qu'il a comprit... Parce que c'est tout ce qu'il trouve à faire ou à dire. Il retient même le "mais tu ne peux pas." qu'il aimerait être capable de prononcer pourtant. Finalement il détourne le regard, haussant les épaules :

- Finalement j'ai encore sommeil moi aussi... Et je n'ai pas si faim. Laisse tomber...

Ryo sent sa main se crisper malgré lui sur la poignée de la porte. Il lance un petit regard incertain à Lust avant d'hausser les épaules. Bien, qu'il se recouche... Mais lui ne le pouvait pas. Pas là. Il était en train de faire un trop plein de colère : il fallait que ça sorte. Alors il ouvre la porte. Avant de sortir de la pièce, il marmonne seulement :

- J'sors... J'vais te ramener un truc à bouffer. À tantôt...

Lust n'ajoute rien, défaisant à l'aide de ses talons ses baskets avant de retourner s'effondrer sur le lit, le nez dans l'oreiller, rabattant vaguement la couverture par dessus lui. Le parfums musqué et naturel du blond lui emplit les narines alors qu'il inspire et ses yeux piquent légèrement. Rageur il crispe ses poings mais se tait. Il se sentait con, faible... la faute à Ryo, à Makoto aussi qu'il avait peut être un peu trop écouté finalement. Et le pire dans tout ça : comment est ce qu'il allait faire, sincèrement, pour penser à autre chose qu'à l'homme qui serait dans cette chambre pendant qu'il serait dans une autre...?

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