Cassis

 
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 3. J'y crois pas, moi

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Freya


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MessageSujet: 3. J'y crois pas, moi   Mar 14 Sep - 16:08


Un grognement franchit le seuil des lèvres de Makoto alors que Hiroshi essaie de plaider sa cause auprès de lui. Mais ça ne fonctionne pas. Parce que lui, ça le dégoûtait tout ce que Hiro pouvait faire au nom de ses fantasmes. Et il n'avait aucunement l'intention de faire croire le contraire à l'homme. Voilà qu'il en venait même à s'essayer auprès des nouvelles recrues et ça, c'était quelque chose qui ne saurait être pardonner, n'est-ce pas ? Et pourtant, Ryoshi ne faisait rien... Oh, Makoto savait pourquoi. Mais selon lui, le bien-être des hommes passaient avant l'argent nécessaire pour détrôner la mafia. Pas pour Ryo. De plus, c'était une mission suicide, non ? Bref... Makoto donne un bon coup du plat de la main sur l'épaule d'Hiroshi, lui intimant de partir, mais sans ouvrir les lèvres. Son regard parle pour lui. L'homme résiste un court moment et, finalement, son regard glissant à nouveau sur la frêle silhouette de l'adolescent toujours près d'eux, il aperçoit le cran d'arrêt que tient maintenant le jeune.

Ni une, ni deux, il tourne les talons, bougonnant à propos de gens stupides qui ne le laissent pas s'amuser. Makoto soupire, glissant ses mains dans ses poches, non sans avoir ramené une mèche de ses longs cheveux derrière une oreille avant de se tourner vers Amane. Il lui sourit doucement, mais le jeune homme s'emporte, affirmant que si ce connard essaie encore une fois de le toucher, il lui ferait regretter le jour où il était né. Makoto hausse les épaules. Ça, ce n'était pas à lui de voir ça, mais à Ryo... Mais quelque chose lui disait que Ryo n'en aurait rien à battre. Ou presque... Enfin. On verrait rendu là. Il y avait toujours la possibilité d'avoir plus d'argent de la part d'Hiroshi avant de le tuer... Mais ce genre de plan lui faisait froid dans le dos. Makoto n'était pas un meurtrier. Il vendait et gardait. Les documents importants, les secrets tordus, c'est lui qui les avait tous. Les bijoux volés, les voitures connaissant le même sort, la drogue... ça aussi c'était dans son rayon. Même qu'il testait aussi... tout... Mais le meurtre, sûrement pas.

Il n'avait pas le profil et ça, Ryo l'avait compris dès le début lui. Et parlant de Ryo, Makoto relève la tête, ignorant un moment l'adolescent qui s'énerve encore tout seul, alors que trois coups secs et brefs sont portés à la fenêtre de la chambre de Ryo. Il hoche la tête une fois avant de prendre congé avec encore un joli sourire auprès de la recrue énervée. Ryo avait besoin de lui. Alors il monte, un peu paresseusement, parce que le boss ne semblait pas trop pressé. Et il arrive justement devant la porte quand celui-ci en sort, lançant un étrange "je ne vais pas payer" à Lust. Il fronce les sourcils, observant le jeune homme avec curiosité et peut-être inquiétude... Mais il est toujours tout habillé. Ryo n'aurait quand même pas... Non... Ce n'était pas son genre. Du tout. L'homme entre dans la pièce, refermant la porte derrière lui. Avisant un fauteuil un peu miteux dans un coin, il va s'y laisser tomber, sans quitter le prostitué du regard. Il connaissait. Très bien même. Et pourtant, l'autre ne l'avait jamais vu. Mais Ryo lui en avait parlé. Alors il connaissait.

- Eh...

Sa façon de dire salut... et il se tait, un peu mal à l'aise, mais impassible. Il était sacrément joli ce garçon. On se sentait drôlement moche à côté, non ?

Makoto entre dans la pièce, s'installer, et Lust lui ressert des sourires à profusion, amusé. Ce type était au moins aussi grand que Ryo était petit non ? En tout cas, il avait l'air peu bavard mais Lust lève la main pour lui faire un petit coucou assortit d'un clin d'oeil. En tout cas, il aurait difficilement pu s'installer plus loin de lui en choisissant ce fauteuil dans un coin de la pièce... Ou alors il aurait fallu qu'il aille carrément dans une autre pièce... Bref ! peu importe. S'il avait bien comprit, ce type secondait Ryo c'est ça ? Alors ils faisaient "fond commun" ? Ok, c'était sans doute pas très sympa de jeter un regard aussi intéressé sur les biens que pouvaient posséder ce type mais quitte à être coincé avec lui dans une chambre pour une durée inconnu hein...! Lust tapote tranquillement la place à côté de lui sur le lit, l'air de rien, invitant Makoto à décoller ses fesses -forts jolies pour ce qu'il en avait vu, quoi qu'il gagnerait à se remplumer un peu le zoizo- pour venir les poser plus près de lui.

- Diable, que de jolis minois dans cette maison. Il faut croire qu'on a tout l'un ou tout l'autre... Tu viens jouer les baby-sitter...?

Il rigole, continuant d'inviter le jeune homme à venir s'installer à ses côtés :

- Je ne vais pas te manger...

Makoto observe Lust tapoter la place près de lui, mais refuse en hochant la tête de gauche à droite. Déjà, le jeune homme semblait avoir bien du plaisir à minauder dans le vent. Il n'allait pas l'encourager... Parce que si certes, il reconnaissait que Lust possédait une beauté très appréciable, il reconnaissait aussi le sceau "chasse gardée" sur son front, signé Ryoshi. Non, ce n'était pas quelque chose que le prostitué devait déjà savoir. Même Ryo l'ignorait peut-être. Mais Makoto avait un flair indéniable pour ce genre d'affaire. Mais fallait avouer que c'était pas génial d'apposer ce "sceau" sur un prostitué...

- Merci.

Mais encore, Makoto ne décolle pas de son fauteuil. Même qu'il s'y installe plus confortablement.

- Tu es ici pour combien de temps, finalement ?

Mieux valait meubler la conversation, même si pour sa part, il ne l'aurait pas nécessairement fait. Ainsi, ça empêcherait peut-être Lust de déployer ses charmes...

Ok... Visiblement, le demander gentiment ne suffirait pas... Lust un petit air déçu soigneusement étudié avant de faire un signe évasif de la main :

- Trois jours... Un peu plus... Un peu moins...

Valait mieux moins que plus mais bon...

- Alors toi tu es "Makoto", le chic type, le gars bien...

Il rigole encore avant de venir s'asseoir un peu plus sur le rebord du lit, demandant un peu plus clairement :

- Et je ne te plaît pas où tu as décidé d'être à l'autre bout de la pièce parce qu'au contraire je te plaît ?

Ben non, il ne doutait toujours de rien hein...

Makoto arque les sourcils, surpris lorsque Lust faisait son éloge. Mais ça ne venait pas de lui ça, non ? C'était encore monsieur je-ne-suis-pas-mignon qui faisait des siennes en disant à qui veut l'entendre qu'il était un type trop trop trop trop bien... C'était à crever de rire. Mais Makoto ne rit pas. Il soupire, glissant une main dans ses cheveux noirs.

- Aussi bien qu'un mec des Kikikan peut l'être, je suppose...

Un petit sourire vient couronner ses lèvres à ces paroles... et ce sourire s'agrandit à la suite.

- Et pourquoi veux-tu que je te tienne compagnie d'aussi près ? J'ai entendu Ryo lorsqu'il est sortit. Moi non plus je n'ai pas l'intention de payer, Lust.

Un petit "humpf" un rien contrarié franchit les lèvres de Lust qui retourne s'installer dos au mur. Il envoie un petit regard désapprobateur à Makoto :

- Faut pas chercher pourquoi vous avez l'air si peu jouasse... Vu ce que vous avez l'air refoulé...

Il grogne avant de récupérer l'oreiller pour le poser sur ses cuisses, jouant distraitement avec un coin de celui ci et ne lâchant pas l'homme en face de lui du regard. Il essayait de se l'imaginer différemment... Un peu comme Ryo dans la ruelle peut être... Mais bien qu'il possède quelques traits assez dur, dans l'ensemble il avait un visage harmonieux et des yeux relativement doux.

- Tu ne sais pas ce que tu manques.

Non mais...

- Et tu comptes faire quoi ? Me regarder assit dans ton fauteuil jusqu'à ce que Ryo rentre...? Quelle tâche épanouissante...

Makoto fronce les sourcils, penchant légèrement la tête sur le côté pour observer Lust avec ... intérêt, mais aussi curiosité. Surtout, oui. C'était bizarre de rencontrer ainsi un jeune homme qui ne voyait, en un homme, qu'un potentiel de coucher et ainsi, de faire de l'argent. Il n'avait jamais rencontré un garçon comme ça et forcément, il trouvait ça vraiment étrange... sans comprendre ce qui motivait à ce point le jeune homme.

- Pourquoi pas ? C'est ce qu'on devrait faire, normalement. Pourquoi est-ce que comme ça, alors que je viens tout juste de te rencontrer, j'aurais envie de coucher avec toi ?

Il hésite un petit moment avant d'ajouter :

- Je ne sais pas ce que je manque, mais je m'en doute. Du sexe, probablement bon, mais pas autant que lorsque les sentiments s'en mêlent.

Ho pitié... Lust lève les yeux au ciel. Habituellement il réfrénait ce genre de geste quand il cherchait à s'attirer les bonnes grâces mais quand on lui parlait de bons sentiments, c'était plus fort que lui. Voilà qu'il tombait sur le second des Kikikan et que ce dernier était un petit soldat qui partait en vadrouille la fleur au fusil...

- Bon alors voyons les choses autrement... Tu es en couple ? Quoi que je me rende compte que la notion de "couple" et de "sentiments" ne soit pas forcément lié...

Il en savait quelque chose avec le connard qui lui servait de père. Néanmoins il poursuit :

- Parce que si non, c'est juste un moyen d'entretenir la forme... Et puis tu savais que c'était bon pour le corps humain ? Je t'assure... Les effets chimiques sont vraiment bénéfiques... Et tu pourrais en avoir envie parce que je te le propose, que j'ai l'égoïsme de croire que je suis sexy, que nous sommes dans une chambre à coucher, que c'est mon métier... La liste est longue...

Makoto soupire. Il pose son coude sur l'accoudoir du fauteuil, calant son menton dans la paume de sa main, observant sans rien dire un moment Lust. Okay, c'était décidé : il ne comprendrait jamais ce jeune homme. Et malgré tout, il admirait son cran, métier ou pas. Lui n'aurait jamais été capable de se vendre ainsi... Loin de là. Il répond à la première question calmement :

- Présentement non. Je viens de sortir d'une relation complexe.

C'était vrai et il n'en avait pas honte. Les choses ne se passaient pas toujours comme on l'aimerait... Et finalement, alors que Lust continue à débiter son charabia, Makoto lui lance un regard un peu plus appuyé, plus sérieux et plus froid. Son ton est tranchant alors qu'il répète :

- Non.

Pas de débordement, seulement une affirmation qu'il ne retirerait pas, peu importe à quel point Lust essayait.

- De toute façon, je laisse ce plaisir à Ryo.

Lust ouvre la bouche pour dire quelque chose mais il l'a referme finalement sans rien dire, observant plutôt avec un intérêt nouveau ce type qui en quelques minutes avait plus abordé la notion d'amour que Ryo et lui en un temps nettement plus considérable. On en faisait encore des types comme lui alors...? Des types qui vivaient littéralement dans ce qu'il y avait de pire dans ce pays et qui pourtant, croyaient encore à des idées désuètes comme l'amour ou la fidélité. Non on ne devait plus en faire et il avait devant lui le dernier de sa race... Obligé...

- Ryo ne me touchera pas. Pas sans payer en tout cas et il a décidé qu'il ne le ferait pas. Donc il semblerait que personne ne veuille prendre ce "plaisir". C'est... Vexant.

Et honnêtement, déstabilisant aussi.

- Alors tu veux faire quoi ? Un scrabble...? Ou parler de... j'en sais rien, parle moi de l'échec de ta relation tien, au moins ça me confortera dans mes opinions...

Oui voilà... Il avait eu l'information qu'il voulait : Ryo n'avait pas touché Lust. Makoto en soupire de soulagement. Ce n'était pas le genre de Ryo et c'était une des raisons qui faisait qu'il était ici, présentement, à faire du baby-sitting pour un jeune homme aux hormones trop développées... Quoi que ça pourrait plutôt être l'amour de l'argent dans ce cas-ci qui était trop développé. Croisant les bras, Makoto observe longuement Lust avant de finalement admettre :

- Ma relation n'a pas été un échec de A à Z. Il y a eu de très bons moments. Et il y en a encore puisque nous sommes toujours amis. Je vois mal pourquoi toute relation qui se termine devrait se terminer dans la souffrance.

Il marque un temps d'arrêt, comme si parler autant lui demandait un effort considérable, puis reprend.

- J'ai deux ex. Et je les vois à chaque jour. Je leur parle et tout va très bien entre nous.

Lust fronce les sourcils devant les affirmations qui lui sont faites et, devant les dernières, il ne peut pas s'empêcher de demander :

- Mais tu as quel âge ?

Parce que deux exs, ça faisait peu non ? Bon ok, lui était mal placé pour se mettre à compter ses "relations". Mais n'empêche que dans l'idée qu'il s'en faisait, ça faisait peu...

Makoto s'agite un cours moment sur son siège. Il détestait cette question... Non, la haïssait. Mais, en bon petit soldat, il répond à voix basse :

- 25 ans...

Il se racle la gorge, glissant une main dans ses longs cheveux, détournant le regard.

- Je sais que j'ai l'air plus vieux, garde tes commentaires pour toi, s'il-te-plait. Certaines... choses... marquent plus les traits que d'autres.

25ans...? Lust arque un sourcil surprit. Oui c'est vrai, il faisait plus vieux... Tout comme Ryo lui, faisait plus jeune. Il garde le silence un instant, pensif, les yeux balayant distraitement les traits de l'homme en face de lui et finalement il hoche positivement la tête avant de demander :

- Quoi par exemple ?

Makoto glisse ses mains l'unes dans l'autre, ses longs doigts s'emmêlent nerveusement. Il hausse les épaules.

- Rien qui te concerne...

Des trucs qui faisaient vieillir prématurément et faisaient maigrir... Rien de bon. Il s'éclaircit à nouveau la gorge, détournant le regard. On avait tous nos petits secrets, non ?

- Changeons de sujet, si tu veux bien.

Nouveau silence et finalement Lust se lève, venant s'asseoir par terre, près du fauteuil de Makoto, posant son menton sur son genoux, une main sur le coussin de l'assise et relevant le regard vers le jeune homme qui finalement, avait pour ainsi dire son âge. Il l'observe encore un instant, sans rien faire pour essayer de le toucher ou quoi mais n'étant pas non plus à 100% innocent bien sûr...

- Pour aborder quel sujet ? Si tu n'en a pas à proposer je me permettrais d'insister. Tu es tout fin, pour ne pas dire maigre, tu as les traits vieillit même si ça te donne un certain charme... Je suis pas dans un milieu ou la drogue ne se pointe jamais.

Makoto s'agite encore sur le fauteuil lorsque Lust s'approche, s'assoyant sur le sol. L'homme soupire, glissant à nouveau une mains dans ses cheveux, tic dont il n'avait jamais pu se débarrasser. Néanmoins, il a un petit sourire lorsque le jeune homme pose son menton sur ses cheveux. C'était mignon... Mais il préférait encore qu'il reste calme. C'était lassant de devoir repousser quelqu'un sans cesse.

- Je sais. Mais je n'ai pas envie d'en parler. Ça ne te regarde pas.

Le ton était doux, mais tout de même ferme. Il ne voulait pas en parler.

- Pourquoi cherche-tu autant à partager mon lit ? Ou celui de Ryo quand il est là, je suppose...

Parce que c'est vraiment le seul sujet auquel il songe pour le moment...

Nouveau coup d'épée dans l'eau, Makoto esquive à nouveau le sujet. Tant pis, il demanderait éventuellement à Ryo si le sujet l'intéressait toujours un tant soit peu à son retour. Néanmoins il a un petit soupire ennuyé à la question qui suit. On aurait dit que Makoto découvrait le monde de la prostitution tout à coup...

- Je vais être coincé ici pendant environs 3 jours. Ça veut dire zéro client pendant ce temps, rien à ramener à mon patron, donc des coups, des brimades... Alors j'essaie de minimiser les pots cassés. Et je profite de voir des jolis visages. J'irais pas demander à ce bâtard qui aime les p'tits garçons si la question te rend curieux.

Makoto pince les lèvres lorsque Lust parle d'Hiroshi. Dieu qu'il détestait cet homme... Il ne faut pas croire : il ne s'était jamais essayé avec lui. Il avait probablement l'air trop vieux. Mais c'était tout de même horrible, parce qu'il savait...

- La question ne me rendait pas curieux, non.

Il hésite avant de finalement glisser une main dans les cheveux de Lust, replaçant une mèche ou deux.

- Qu'est-ce qui t'a amené à la prostitution ?

Lust ne dit rien quand une main vient se hasarder dans ces cheveux. Le pire c'est que ça se voyait que ce type le faisait plus dans un élan purement amicale. Et ça le dépassait complètement... Ce type était une vraie énigme...

- Qu'est ce qui t'a amené à la drogue ?

La réponse était légitime non ?

Makoto hésite. Il n'aimait pas en parler et en avait honte, contrairement à d'autres, dans cette maison, qui étaient encore plus pris dans ce tourbillon infernal que lui. Et pourtant, pourquoi pas ? Ça faisait du bien, parfois, de se confier...

- Ryo.

La réponse était un peu injuste. Mais juste un peu.

- Mais ce n'est pas de sa faute. Il m'a mis en charge des ventes principales quand j'avais 17 ans. J'étais encore un peu trop jeune, mais j'ai toujours été mature pour mon âge. Ryo croyait que ça le ferait. Il ne s'en est pas aperçu tout de suite... Je ne croyais pas que c'était un problème à l'époque.

La réponse tombe alors qu'en toute honnêteté, il ne l'attendait pas. Et elle est surprenante puisque c'est le prénom de Ryo qui sort. Makoto à toute l'attention de Lust qui écoute aussi sagement qu'il le faisait rarement. 17ans pour s'occuper des reventes de drogue... Hé bien... Et ils se connaissaient depuis très longtemps alors... Lust vient chercher la main libre de Makoto et y emmêle ses doigts un instant, juste pour pouvoir observer les longs doigts. Il pose sa paume contre celle du jeune homme, observant les doigts qui dépassent au dessus des siens et finalement il remonte les yeux jusqu'à Makoto, un rien sévère peut être :

- Et maintenant ? Tu crois que c'est un problème ? Et il le sait ? Il t'aide ?

Makoto baisse ses yeux sur ses doigts un moment entrelacés à ceux de Lust. Il a un petit sourire en voyant la différence de grandeur entre leurs deux mains, mais se fait plus sérieux au regard qu'il perçoit et qui lui est destiné.

- Je ne reproche rien à Ryo. Nous faisons nos propres choix dans la vie. J'ai fais les miens, mais j'ai tiré les mauvaises cartes.

Il opine brièvement par la suite, fermant les yeux à demi, poussant un petit soupir, comme perdu dans ses songes.

- Il a essayé de m'aider. Mais le mal était déjà fait. Et la cure... C'est horrible. Je n'en ai pas la force. Alors j'ai abandonné.

Ho... Alors Makoto se droguait toujours c'est ça...? Lust se redresse un peu, osant venir s'installer sur les genoux de Makoto mais toujours en en faisant le moins possible histoire de ne pas se faire repousser brutalement. Il vient balayer une longue mèche brune qui voile les yeux mi-clos du jeune homme, puis glisse le bout de ses doigts sur sa joue en une brève caresse avant de reculer sa main. Non, ce n'était pas réellement de la tendresse. Parce que Lust n'y croyait pas et n'en voyait pas d'intérêt. Mais c'est ce qui s'en rapprochait probablement le plus pour lui présentement. Il se passe la langue sur les lèvres, pensif, essayant de savoir le degré de confiance qu'on pouvait mettre dans un homme qui succombait à un vice comme celui de la drogue.

- Alors tu attends que le temps fasse son oeuvre ? Il ne t'ôtera pas le goût de ces substances... Ou alors tu attends juste que ça se termine aussi brutalement que pour n'importe quel toxicomane ? Pas très reluisant...

Bon, le tact, on savait déjà que ce n'était pas toujours son fort, néanmoins il tempère :

- Tu n'as pas l'air en manque... Et tu ne semble pas planer... Pas si gros consommateur si ?

Makoto rouvre les yeux lorsqu'il sent le petit homme s'assoir sur ses genoux. Il l'observe un moment, perplexe, mais ne le repousse pas. Parce que pour le moment, il était sage. Alors Makoto ne dit rien. Il retire cependant la main qui caresse son visage, l'attrapant doucement pour l'éloigner.

- Je sais doser. Je ne plane que très rarement. J'essaie de ne pas augmenter les doses. Mon corps s'y habitue, en réclame parfois plus, mais je ne connais pas vraiment la sensation de manque.

Il ne plane que, lorsque seul, la volonté flanche... C'était toujours les pires moments. Parce que si pendant il se sentait terriblement bien, voire maître du monde, quand il commençait à dégriser, il se dégoûtait tellement... Mais le temps était venu de changer de sujet. Alors, il redemande seulement :

- Comment en es tu venu à te prostituer ?

Bon... Sa main avait été éloigné mais il avait gagné du terrain... Même si Makoto ne semblait toujours pas le regarder différemment... C'était frustrant. Comment donner envie à un homme qui avait l'air de n'en avoir rien à cirer ? Au moins Ryo il était intéressé, il le savait ! Et s'il ne pouvait nier l'être un minimum également pour maintenant, il ne voulait certainement pas avoir l'impression de rentrer dans un cercle vicieux... Lust a un petit soupire quand Makoto en revient à sa question de départ et finalement il se penche sur lui, venant jusqu'à son oreille, prenant une seconde ou deux avant de finalement soupirer. Il ne comprendrait pas. Visiblement, Makoto et lui étaient complètement éloigné l'un de l'autre dans leur façon de parler mais bon...

- Mon père... Pas directement bien sûr.

Il n'ajoute rien de plus. N'en a pas envie et il avait répondu, ça suffisait sans doute.

- Maintenant que nos curiosités sont rassasié, tu vas me dire ce qu'il faut que je fasse pour te faire un minimum plaisir ou au moins avoir l'impression que je te fais de l'effet...?

Son... père ? Makoto fronce les sourcils, le regard dur. Est-ce que son père aurait... abusé de lui ? C'était dégoûtant et pourtant, soudainement, c'était la seule chose à laquelle Makoto pouvait penser. Et peut-être conforté dans son idée, il glisse ses bras autour du jeune homme un court moment, l'attirant contre lui pour le "réconforter". Il murmure même un vague "Excuse-moi". Il n'aurait pas dût poser la question... Mais finalement, il relâche Lust. Soupirant, il force le jeune homme à s'éloigner.

- Arrête, Lust. Je ne te prendrai pas. Et je ne paierai pas. Tu es tout en charmes, mais ces charmes ont l'attention de Ryo. Je ne joue pas dans ses plates-bandes. Et encore une fois, je ne paie pas pour une douce étreinte.

Au "excuse moi" et à l'étreinte que Makoto lui offre, Lust comprend bien qu'il doit y avoir malentendu sans savoir exactement lequel. Néanmoins il ne proteste pas, prenant pour le moment ce qu'il y a à prendre jusqu'à ce que Makoto l'oblige à se reculer un peu, en revenant au fait qu'ils ne feront rien, qu'il n'y aura pas d'argent à la clef et qu'en plus, se serait marcher sur les plates bandes de Ryo. Fier, Lust relève un peu le menton, gardant son petit air sévère :

- Je ne lui appartient pas, je ne travail pas pour lui, il n'a pas l'intention de se payer mes services, alors il n'est pas question de plates-bandes.

Voilà, ça c'était dit. Même si en fait, pendant une très courte seconde, l'idée avait été un minimum séduisante.

- Et il n'a pas non plus l'intention de me toucher, il veut juste jouer la compétition à savoir qui cèdera le premier. Il me sous estime.

Makoto hausse les épaules. Pour lui, c'était clair : aussitôt que Ryo voulait quelqu'un, il était hors compétition. Ça avait toujours été comme ça et par respect pour son ami, il ne chercherait pas à en faire différemment cette fois. Ryo agissait exactement de la même façon envers lui. Un petit sourire glisse sur les lèvres de Makoto alors qu'il ajoute presque sagement :

- Mais toi aussi tu le sous-estime.

Ça semblait être des plus vrais et si Lust continuait ainsi, il risquait de perdre des plumes.

- Je n'ai pas envie de jouer la compétition de mon côté. Continue, séduis Ryo. Il est séduisant, féroce et fier. Je crois que tu aimes ces qualités...

Séduisant, féroce et fier... Des qualités qu'il aimait ?

- Tu présumes beaucoup...

Il se renfrogne légèrement, agacé à l'idée de devoir admettre -à lui même seulement- qu'effectivement, ça donnait un charme sauvage qui lui plaisait. Comme quoi le mythe des mauvais garçons avait sa grosse part de vérité non...?

- Tu le connais depuis longtemps non ? Pourquoi tu veux que je le "séduise" ? Il faisait quoi avant de diriger cette bande ?

Makoto hausse les épaules, lançant un petit regard confus à Lust.

- Oui, je le connais depuis très longtemps. Mais je ne l'ai pas connu avant qu'il ne dirige les Kikikan... Pour moi, c'est comme s'il l'avait toujours fait.

Le jeune homme se fait songeur un moment. Et finalement, il fini de repousser Lust pour qu'il quitte ses genoux, sans pour autant le brusquer.

- Retourne sur le lit, s'il-te-plait... Nous nous connaissons à peine.

Il marque un temps d'arrêt avant de finalement avouer :

- Je préfère que tu le séduises lui que moi. Il n'a pas mon coeur d'artichaut. On fini par connaître nos faiblesses...

Lust est définitivement repoussé et pour cette fois il s'avoue vaincu. Les types de cette maison étaient... Rah ! Frustrant ! Voilà ce qu'ils étaient ! Vexé, il retourne donc effectivement sur le lit, s'y couchant sur le flanc au départ, les yeux posés sur Makoto et venant finalement sur le dos, observant le plafond. Lust vient poser son bras en travers de son visage un instant, soupirant, et finalement il admet :

- Il me plaît. Mais pas comme ça. Pas assez pour ça. Et même si c'était le cas, ça ne fonctionnerait pas. Ni lui, ni moi. Moi je veux juste quitter cet endroit, gagner de l'argent... Être tranquille. Et je ne veux rien avoir à faire avec la mafia et vos soucis avec eux.

Makoto soupire. Il glisse une main sur son visage. Ça commençait à être compliqué tout ça, il devrait en parler avec Ryo.

- Mais dis-moi sincèrement... Tu veux coucher avec lui uniquement pour l'argent ou bien il te plait quand même assez pour que tu en ais aussi envie juste... pour en avoir envie ?

Le bras de Lust revient s'allonger le long de son corps et il tourne la tête pour voir Makoto, ses yeux noirs exprimant la légère frustration qu'il ressent à se faire poser une question pareil.

- Ça ne te regarde pas de comment je gère mes affaires...

Makoto arque les sourcils, surpris aux paroles de Lust. Ce n'était qu'une simple question, non ? L'homme se lève, faisant quelques pas dans la pièce, replaçant une boîte de mouchoir ici, un DvD qui va dans l'étagère là-bas... Soupirant, il observe un moment les livres que contient la bibliothèque de Ryo, puis se tourne vers Lust.

- Non, ça ne me regarde pas. Mais si tu en as envie pour autre chose que l'argent, alors là il n'est plus question d'affaires, mais de désirs.

Lust suit des yeux la longue silhouette de Makoto et finalement il passe sur le ventre lorsque l'homme passe dans son angle mort pour aller à la bibliothèque, faisant son petit brun de ménage... Il l'observe, un rien mécontent de ce qu'il se permet de lui dire.

- Tu te fais des idées.

C'était aussi bien de le convaincre de ce fait. Et de s'en convaincre aussi pendant qu'il avait un léger doute...

- Ce type n'a aucune manière, aucune classe, il m'insulte, m'a même frappé, je l'ai vu tuer un homme, il accepte des types comme ce Hiroshi dans sa bande, laisse ses hommes se droguer... Et c'est un nain. Il n'a rien pour moi...

Makoto lance un petit regard sévère à Lust alors qu'il établit quelques défauts que possède Ryo selon lui. Il croise les bras, s'approchant du lit pour y observer le jeune homme, le visage fermé.

- Eh bien, tu semble devoir te convaincre énormément pour ne pas tomber dans les filets de cet homme insultant, violent, mal élevé et sans aucune valeur.

Il avait bien fait le compte ? Ah non ! Levant un index, il ajoute :

- Et de petite taille. Mais tu sais, la taille ne compte pas toujours.

Lust grogne devant le plaidoyer de Makoto, le fusillant du regard. Comme un gamin il ajoute :

- Et vieux aussi.

Makoto a un petit rire, répliquant vivement, décidément amusé par le tournant de cette conversation :

- Mais pour plusieurs, c'est un plus, tu sais.

Lust claque sa langue contre son palais, usant de son dernier argument :

- Et pauvre, et ça c'est un énorme moins pour moi.

Comme il s'attend à une réflexion, il prend les devant :

- Je suis intéressé, superficiel, vénal et tout ce que tu veux, je m'en fout.

Néanmoins il tourne le dos à Makoto, plus vraiment décidé à faire la conversation, serrant l'oreiller contre lui.

- Va t-en c'est bon, je saurais me garder tout seul... Au pire je hurle.

Makoto laisse échapper une faible exclamation surprise aux paroles de Lust. Il ignore royalement sa demande, parce que toute façon, c'était présentement son boulot de veiller sur lui, mais ose tout de même ajouter :

- Mais Ryo n'est pas pauvre... tu sors ça d'où ??

C'était stupide que de croire que Ryo est pauvre juste parce qu'il ne vit pas dans le luxe ! Et ce n'était sûrement pas le cas... !

Lust a un bug de quelques secondes avant de repasser sur le dos, envoyant un regard pour le moins suspicieux à Makoto. Il se moquait de lui là c'est ça...?

- C'est lui qui me l'a dit. pas les moyens de se payer mes services. Et il a dit plusieurs fois "quand je serais riche". Donc il est pauvre, CQFD.

Makoto lève les yeux au ciel. Allons donc... Des conneries tout ça. Il se laisse tomber dans le fauteuil, poussant un long soupir de lassitude.

- Tu n'as rien démontré du tout. Tu ne jette pas de coup d'oeil dans son coffre-fort, ça paraît. Mais ces derniers temps, Ryo rechigne à dépenser son argent, prêt à payer de sa poche s'il le faut pour les dépenses de la bande. Et puis, non, il n'est pas riche. Juste au-dessus de la moyenne.

Allons donc... Ce n'était pas du tout ce que Ryo lui avait laissé entendre lui... Lust reste dubitatif mais Makoto semble être assez sérieux. Merde...! Ben il poserait directement la question à Ryo, voilà tout !

- Il a eu cet argent comment ?

Parce que bon... "potentiellement", lui même était assit sur pas mal d'argent... Fallait "juste" que son père décède pour ça... Et que ça belle mère ne le fasse pas crouler sous des années de démêlés avec la justice pour qu'il récupère sa partie -minime mais néanmoins conséquente- de l'héritage. Partie d'autant réduite qu'il se la partagerait avec Kyoshi mais bon...

- Il pourrait vivre mieux si c'était vrai...

Makoto hausse les épaules à la question de Lust. Comme tout bon chef d'une bande de rue pouvait toucher à de l'argent... Mais ça, il n'avait pas l'intention d'en parler avec le jeune homme. Ce n'était pas non plus de ses affaires. Déjà, il parlait de ce qu'il n'aurait peut-être pas dût. Mais pour ça, Ryo ne lui en voudrait pas, il le savait.

- Ça dépend. "Vivre mieux" ne veut pas dire la même chose pour tout le monde. Ryo n'a personne à ses frais. Il ne peut gâter personne. Alors il est bien ici, à vivre simplement.

Ça ne serait probablement pas le cas de Lust, mais soit... On ne pouvait pas tous vivre de la même façon.

"Vivre simplement" quand on pouvait "vivre très bien", c'était un concept qui dépassait complètement Lust. jusqu'à ses 9ans il avait vécu dans une relatif opulence et puis devant les caprices de sa nouvelle belle mère et grâce à un contrat de mariage qui n'avantageait pas du tout sa mère, tout lui avait été ravie d'un seul coup. Du jour au lendemain il avait dût passer de son école privée à celle populaire du quartier, noël et les anniversaires étaient nettement moins intéressant, sa mère ne savait rien faire de ses dix doigts et avait sombré dans l'alcoolisme, la grande maison était devenu un tout petit appartement... Ryo était comme son frère : ils ne savaient pas à quoi ils tournaient le dos. Et il en tirait une immense rancune, certes non justifiée, à leur égare. Lust repasse sur le dos, fixant à nouveau le plafond, morose.

- A 37ans, s'il voulait gâter quelqu'un, se serait déjà fait.

Makoto pouvait sembler naïf pour la plupart des gens lorsqu'il parlait de sentiments et en fait, il le savait. Le savoir le rendait un peu moins naïf que ceux autour, non ? Bref... Il n'hésite donc pas avant de donner sa réponse au jeune homme :

- Non, pas nécessairement. Il n'a tout simplement pas encore trouvé la personne qui vaut, pour lui, la peine d'être chérie. Mais ça viendra peut-être bientôt... Je l'espère pour lui.

C'est vrai qu'à 37 ans, le temps commençait à presser un peu... Mais valait mieux ne pas non plus trop en parler à Ryo...

Un petit rire amer franchit les lèvres de Lust alors qu'il hausse les épaules. Peu importe, il ne voulait vraiment pas réfléchir à c genre de trucs qu'il jugeait absurde. Le jeune homme relève les mains pour venir les passer sur son visage, soudainement las sans avoir rien fait. Peut être la perspective de rester dans ce genre d'ambiance encore 3 jours. Les remises en question, très peu pour lui.

- Je vois pas pourquoi on en discute au fond...

Il soupire avant de tourner à nouveau la tête vers Makoto :

- J'ai plus envie qu'on discute de ça... J'ai plus envie qu'on discute tout court...

Makoto opine, pas difficile.

- Alors tais-toi. Il ne reste plus qu'à attendre le retour de Ryo.

Et suivant ses propres instructions, il se tait. Il n'avait rien à dire de toute façon, même si, il fallait l'avouer, il avait beaucoup parlé. Mais visiblement, Lust n'était pas prêt à entendre ce genre de chose. Alors il préférait encore se taire...

Lust se couche à nouveau sur le flanc, tournant le dos à Makoto, observant le mur. L'homme allait vraiment rester dans la chambre jusqu'au retour de Ryo...? Hé bien... Il rigolait pas quand il répondait à un appel de son chef hum...? Néanmoins Lust finit par inspirer et expirer plusieurs fois de façon un peu plus profonde, fermant les yeux tout en restant un minimum attentif à ce qui se passait autours. Makoto n'était qu'un con à lui parler d'amour et de tout ces trucs qui n'avaient plus cours aujourd'hui. Il y croyait lui et il n'avait pas l'air mieux que lui à se droguer là... La discussion était close. Et ne serait pas rouverte. Sale con.
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3. J'y crois pas, moi

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