Cassis

 
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 2. Je ne suis pas mignon !

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Kurika
Shut up and Calm down...


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MessageSujet: 2. Je ne suis pas mignon !   Lun 13 Sep - 23:20

   
Ryoshi crache à même le sol. Ce n'était pas pour se donner une attitude mauvais garçon, sûrement pas. Allons... Il n'avait pas besoin de ça, lui. C'est du sang qui gicle sur le sol. Et Ryo est même surpris de ne pas y voir une dent qui aurait pu, par inadvertance, se décrocher de sa gencive tant cet endroit lui était douloureux. L'homme en face de lui avait décidé de sortir les grands moyens. C'était une bonne chose que son pistolet ait été projeté plus loin pendant la bataille, sinon Ryo serait probablement déjà mort. Est-ce que Ryo savait que c'était un homme de la mafia qu'il attaquerait aujourd'hui ? Oui. Il avait peur ? Probablement. Mais présentement, l'adrénaline était à son max : il ne pouvait pas s'autoriser à céder sous l'emprise de la peur. Car l'homme devant lui était féroce et en avait visiblement vu d'autres. C'était clair et ça, tous les deux le savaient très bien : C'était un ou l'autre, mais pas les deux. Un d'entre eux allait mourir dans les prochaines minutes. Un nouveau coup part. Cette fois, Ryo l'évite. Il se battait depuis longtemps, très longtemps.
   
L'homme en face de lui savait probablement mieux tirer au revolver ou se tenir lors d'une soirée mondaine, mais il ne savait pas se battre selon les arts de la rue. Et lorsque Ryo sort finalement un cran d'arrêt, l'incertitude luit dans les yeux de l'homme. Ryo fait un pas vers l'avant. L'homme en fait un vers l'arrière, tentant tout de même de le frapper. Et ce petit jeu dure près d'une minute, jusqu'à ce que le mafieux soit acculé tout contre le mur. Là, Ryo n'hésite pas. Il avait mal partout, même s'il s'en tirerait sûrement assez bien vu le level de son adversaire. Le couteau fond vers l'homme en costume. Un cri se fait entendre derrière Ryo, mais il ne se retourne même pas, plantant sauvagement l'arme blanche dans le coeur de son ennemi. Il n'était pas de ces jeunes qui y allaient n'importe où, n'importe comment. Les constats de "36 coups de couteaux" n'étaient jamais l'oeuvre de Ryo. Net et précis. L'homme rend l'âme presque aussitôt et c'était mieux ainsi. Maintenant, il faudrait s'assurer que personne ne l'avait vu... Ryo se tourne brusquement vers le cri qu'il avait entendu.
   
Un jeune homme se tient dans un coin de la ruelle. Un jeune homme qu'il connaissait. Du moins, avec qui il avait passé un peu de temps quelques jours auparavant. Ryo lui lance un regard noir. D'une voix sèche, il lui ordonne :
   
- Ne bouge pas d'ici ! C'est clair ?!
   
Puis, sans demander autre chose, il se tourne vers le cadavre. Tâtant un moment dans le cou, il s'assure que le coeur ne bat plus avant de commencer à fouiller les poches. Il en sort un porte-feuille. Il y trouve des clés, de la gomme à mâcher et des munitions, mais ne prend que les balles. Et finalement, dans la poche intérieure du veston, il sort des documents. Ses mains tremblent, mais ses mouvements son pourtant précis alors qu'il glisse les documents dans la ceinture de son jeans et les balles ainsi que le porte-feuille dans sa veste. Ses mains tâtonnent encore un moment le mort, puis finalement, il s'en éloigne. Attrapant Lust par la main, car c'était le jeune prostitué qui visiblement s'était trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, il l'entraîne rapidement à sa suite.
   
- Pas un mot ! Je devrais te tuer pour ça... Que t'es con...!
   
Néanmoins, il glisse dans la main du petit homme une alliance lourde en or qu'il avait trouvé sur le cadavre et ce, sans un seul mot.
   
Lust sauta à cloche pied dans quelques pavés carrés, prenant son temps pour retourner vers "la boutique". En fait il venait de quitter un des rares client qu'on pourrait qualifier de régulier. Régulier parce qu'il faisait partit du carnet rouge de son patron. Carnet rouge qui contenait le nom des clients à satisfaire à satiété et dont on ne discutait pas les choix. Enfin si pour certains... Parce qu'il y avait les clients sado-masochistes qui aimaient le sexe quand il était mêlé à la violence et la patron de leur petit club savait bien qu'il ne fallait pas envoyer les trop joli minois. Et Lust savait, sans vantardise, qu'il en faisait partit. Ça lui permettait d'éviter les coups même s'il en avait déjà prit par le passé et de façon générale, ça lui permettait donc d'avoir du travail sans interruption. Lust était de bonne humeur. Il avait pu prendre une douche dans un hôtel assez luxueux et s'était vu offrir du parfums, c'était une façon qu'avait cet homme là de se pardonner tout seul sa mauvaise conscience pour trahir sa femme et ses enfants sans doute...? Aucune importance.
   
Les hommes de ce genre étaient souvent faciles à satisfaire parce qu'ils avaient trop honte de ce qu'ils étaient pour oser assumer leurs fantasmes. Et donc il revenait tranquillement, sachant qu'avec pareil contrat de fin d'après midi, il allait pouvoir minauder auprès de son patron pour éventuellement en tirer quelques billets, histoire de... Et le voilà qui coupe à travers une ruelle, ce qu'il faisait rarement, mais là il avait vraiment envie de toucher sa petite prime ! Et peut être qu'il n'aurait pas dût. Il y a des bruits de lutte, ça aurait dût le faire tourner les talons mais non... Il s'était entêté, peut être à cause d'une curiosité malsaine...? Bref, quand il avait été assez près il avait reconnu la silhouette la plus petite en un éclair. Faut dire qu'il était physionomiste et que même sans ça, c'était là le genre d'homme qu'on oubliait pas en quelques jours. L'autre ? Connaissait pas, mais il avait un costume que son oeil d'expert aurait qualifié d'hors de prix...
   
Sauf que la "petite bagarre" tourne au drame, un cri franchit ses lèvres mais il reste pétrifié, une main plaquée sur les lèvres et lorsque Ryo se retourne vers lui, lui ordonnant avec un regard noir et du sang rougissant ses lèvres de ne pas bouger, Lust obéit, restant droit dans ses bottes, avisant l'arme blanche qui avait glissé avec tant de facilité et sans hésitation dans le corps de l'autre homme. C'était idiot de sa part que d'obéir, il le savait bien... Mais ses jambes refusaient purement et simplement de se mettre à courir. De toute façon, pour aller où...? Il savait très bien quel gang Ryo dirigeait. Il ne serait à l'abri nul part dans le secteur... Alors il attend, et Ryo revient vers lui, saisit sa main et l'entraîne dans l'autre direction, celle d'où il venait, glissant un objet dans sa main, le faisant grimacer. Il avait beau savoir comment Ryo "trouvait" ses bijoux, le voir l'écœurait un peu quand même...
   
Néanmoins, il se réintéresse vite à ce que Ryo lui dit et il hoche vigoureusement la tête, prêt à promettre... A peu près n'importe quoi pour rester vivant pour l'instant...
   
- Je n'ai rien vu, je t'assure... Rien du tout, pas un mot, jamais, à personne, je ne suis jamais passé ici maintenant, cet homme n'a jamais existé, je ne t'ai jamais vu...
   
C'est bon, il avait comprit l'idée ? parce qu'il pouvait être intarissable soudainement...
   
Ryo grogne en tirant un peu sèchement sur la main qu'il tient toujours, histoire de faire taire Lust. Dieu qu'il avait une grande gueule quand il s'y mettait ! Lorsqu'il passe près du revolver de l'homme, il se penche pour le ramasser, le glissant dans sa ceinture lui aussi. Puis, il commence à accélérer, sans courir, mais pas loin, tirant toujours sur la main de Lust pour qu'il le suive.
   
- Je sais pas ce que t'allais faire, mais ça attendra. On va se planquer.
   
Ils ne pouvaient pas rester dans le coin... Si quelqu'un mettait la main sur Lust, il allait le balancer et ça, Ryo le savait pertinemment. Lust n'était pas de ces hommes courageux qui seraient prêt à souffrir pour éviter la mort à d'autres. Lui, si... Du moins, pour ceux qui comptaient réellement à ses yeux et eux, ils étaient rares. Mais soit... Alors Lust venait avec lui, histoire qu'on ne le trouve pas sur les lieux du crime dans les prochains 72h...
   
Lust manque de dérapé sur un pavé un peu plus glissant lorsque Ryo accélère drôlement le pas. Il grimace à nouveau en voyant le revolver et instinctivement, resserre sa prise sur la main de l'homme qui, quand même, avait l'air d'avoir mangé quelques bons coups. Lorsqu'il s'en rend compte il desserre un peu sa brise, un petit soupire agacé contre lui même franchissant ses lèvres. Néanmoins il s'étonne des plans de Ryo, cherchant à le faire ralentir tout à coup :
   
- "On" ? Comment ça "on" ? Je n'ai rien fait moi !
   
Ryo grogne. Il commence à s'impatienter, vraiment. Les hommes qu'il dirige sont habituellement un peu plus lucides que Lust... Ce n'était pas surprenant qu'il n'y comprenne rien, mais ça énervait passablement Ryo qui commençait à avoir sérieusement mal un peu partout et qui, surtout, était sur les nerfs.
   
- Je t'expliquerai une fois planqués ! Maintenant tu me suis ou je serai bientôt très très en colère ! Capiche ??
   
Ok... Petit mais fougueux, c'était noté... Et oui, il a très bien comprit. Parce que si présentement, Ryo n'était pas déjà très très en colère, Lust n'avait pas vraiment envie de savoir ce que ça donnerait... Dire que s'il avait pu aller 500 ou 800m plus loin, il aurait été à vu des quelques hommes qui surveillaient les allers et venu des prostitués du coin... Alors a contre coeur il ne dit rien, sachant pertinemment que Ryo était en train de lui faire perdre sa fameuse prime pour un type qu'il avait assassiné au milieu d'une ruelle. Y a des fois, comme ça, où Lust se dit que son dernier client aurait bien mérité un petit extra... Ça lui aurait évité des problèmes...
   
Ryo soupire de soulagement lorsque finalement, Lust semble le suivre docilement. Lui qui lui avait refilé cette alliance justement pour qu'il le suive sans faire de chichis, il était bien servit, hein ?! Leur petite course au travers des ruelles les plus mal fréquentées d'Osaka se termine finalement devant une maison étrangement toute simple, mais coincée entre d'autres maisons et quelques blocs de trois étages au maximum. Ryo entre dans celle-ci, ignorant l'homme qui vient à sa rencontre, malgré son air doux et ses manières apaisantes. Il n'avait pas envie de parler... plus tard. Rapidement, il tire Lust jusqu'à sa chambre, puis ferme la porte derrière eux. C'était le QG des Kikikan.
   
- Assis-toi.
   
Rien de plus. Ryo s'intéresse déjà à ce qu'il a récupéré sur le mort. Il sort les dossiers qu'il glisse sous son oreiller, puis le porte-feuille qu'il ouvre. Une épaisse liasse de yen en est sortie et un sifflement admiratif se fait entendre. Eh bah ça...
   
Ryo semble décidé à lui offrir le luxe de la visite de ce côté du quartier reconnu pour être le plus malfamé. Autant dire qu'il n'y avait jamais autant mit les pieds et qu'il n'avait pas songé un seul instant que ça arriverait un jour... Son coeur bat la chamade alors qu'il commence à se demander comment il va se sortir de là sans trop de casse et finalement son attention est distraite par une petite maison coincée entre deux bloc vers laquelle, de toute évidence, ils se dirigent. Ce type pouvait se payer une "maison"...? Même avec un quartier pareil ça devait pas être donné et... Lust fronce les sourcils en voyant quelqu'un en sortir. Non... Peut être pas "chez Ryo". Mais plutôt un repaire de Kikikan non...? Et ça ne présageait pas spécialement quelque chose de meilleur... Finalement il se retrouve dans une pièce, une chambre -ça le changeait vachement...- et un peu à contre coeur, il s'assied, ouvrant sa main pour observer le bijoux qui se trouvait au creux de sa paume.
   
C'était une alliance en or, épaisse, qui valait probablement son prix mais que personne ne lui rachèterait à lui... Il lève ensuite les yeux sur Ryo qui a un petit sifflement ravit apriori et arque un sourcil en voyant l'épaisse liasse de yen... Hé bien... Joli costume, jolie alliance, joli pécule...
   
- On peut dire que tu as gagné ta journée...
   
Ryo pose l'argent près de lui, observant le petit homme un long moment, songeur. Qu'est-ce qu'il allait bien faire de lui ? Dans les deux ou trois prochains jours, la mafia rôderait dans le coin. Ils interrogeraient tous les "habitués" du quartier, donc les prostitués aussi... Il ne pouvait pas laisser Lust partir. Le petit blond se lève, faisant quelques pas dans la pièce. Il s'arrête devant un miroir, grognant en glissant une main sur ses lèvres pour tenter d'y enlever le sang qui s'y était logé, mais sans grand succès. Ouvrant une porte à même sa chambre, il entre dans une petite salle de bain juste assez grande pour y avoir casé une douche on ne sait trop comment, un petit lavabo et une toilette. Ryo ouvre l'arrivée d'eau, en couvrant rapidement son visage. Et Dieu que ça fait du bien... Il attrape une serviette, puis revient dans la pièce principale.
   
- Mais toi tu ne peux pas retourner là-bas tout de suite, maintenant. Donc j'espère que tu as bien gagné ta journée aussi, parce que les autres ressembleront à un vrai désert...
   
Lust observe Ryo qui disparaît dans la salle de bain, se penchant un peu pour essayer de mieux le voir jusqu'à ce qu'il repasse dans la chambre, lui parlant du fait qu'il ne pouvait pas retourner de l'autre côté du quartier dans l'immédiat. Pardon ?! Lust se lève, oubliant un instant toute bonne conscience, fort mécontent :
   
- Comment ça "un vrai désert" ?! Je te signale que je bosse moi aussi et tu crois que j'ai des congés à prendre ? Il FAUT que je retourne là bas, sinon je vais prendre cher en y retournant !
   
Ryo grogne en se dirigeant vers la porte de sa chambre. Ce très cher Hiroshi s'y était arrêté et, bras croisés, il observait la scène en rigolant. Quel connard... Ryo lui claque la porte au nez avant de se tourner vers Lust, pas plus content.
   
- Le mec que je viens de descendre était un homme important de la pègre locale ! Si tu retournes là-bas, ils vont t'interroger. Et excuse-moi, mais j'ai l'impression que pour quelques yens, tu cèderais assez facilement à leur demande ! Je n'ai pas envie de finir six pieds sous terre, merci !
   
Alors que Ryo se dirige vers la porte, Lust suit des yeux le mouvement et un frisson désagréable lui passe le long de l'échine en y aperçevant le type de la dernière fois. Cet endroit lui filait la chair de poule tout à coup. Et quand Ryo lui affirme qu'il pense qu'il l vendrait pour quelques yen, Lust lui envoit un petit regard noir à son tour. Bon... Ok... Contre quelques yens et la promesse qu'il allait rester avec tous ses doigts et son visage pas abîmé... Peut être... Mais bon quand même quoi !
   
- Mais je ne peux PAS rester ici ! Mon patron va me tuer ! Je ne serais pas payer ! Et...
   
Il jette un nouveau coup d'oeil à la porte avant de préciser, les lèvres pincées :
   
- Moi c'est dans cet endroit que je n'ai pas confiance.
   
Ryo grogne, lançant lui aussi un regard furtif à la porte, songeant à Hiroshi. Il ne pouvait pas vraiment en vouloir à Lust de ne pas faire confiance à cet enfoiré, c'est sûr... Mais pour le moment, Hiroshi lui servait à quelque chose, alors il faudrait faire avec. Finalement, le petit blond se tourne à nouveau vers le jeune homme. Il s'en approche avant de finalement glisser une main sur son épaule.
   
- Écoute, je suis vraiment désolé. Et je t'apprécie, t'es un chic type. Mais je n'ai vraiment pas le choix. Tu peux coopérer et rendre ton séjour ici agréable ou alors, me forcer à employer la manière forte. Mais, d'une manière ou d'une autre, tu resteras ici pour les trois prochains jours.
   
Trois... Trois jours ?! Lust ouvre la bouche, abasourdit, mais aucun son n'en sort. Il se laisse retomber assit sur le lit, se passant une main dans les cheveux. Même s'il appelait Sakeguchi, son patron, pour se faire porter pâle pendant trois, il allait drôlement prendre cher... Et il ferait quoi, ici pendant trois jours ? C'était sans compter sur le fait qu'il n'avait aucune de ses affaires, qu'il n'allait rien gagner du tout pendant ces trois jours et que ça se sentirait forcément sur son budget... Se remettant un peu, Lust relève les yeux vers Ryo :
   
- Alors paie moi. Tu as bien gagné ta journée non ?
   
Non, il ne manquait pas de culot, mais bon, ça c'était l'habitude hein... Chassez le naturel...
   
Ryo ouvre tout grand les yeux à la "proposition" de Lust. Il lance un petit cri outré à ses paroles, s'exclamant :
   
- Mais tu dois coûter une fortune !! Je n'ai pas ça, idiot ! Et j'ai aussi besoin de cet argent, tu sauras ! Les temps sont durs à cause de ces connards de Yakuza... Je n'ai pas d'argent à balancer par les fenêtres ! Je veux bien te loger et te nourrir comme il se doit, mais je ne suis pas riche !
   
Non mais ça va pas la tête... Il se croyait où ? Au club Med ?! Grippe-sou de merde, ouais... Les putes étaient bien tous les mêmes !
   
Hé bien oui, il valait son prix, c'était un fait. Et Lust prenait avec beaucoup d'orgueil que Ryo en ait au moins conscience ! Quoi qu'il prenne moins bien le côté "balancer l'argent par les fenêtres" mais bon, c'était sans doute un point qui se défendait.
   
- Me loger et me nourrir ? Oui et puis tu vas peut être me donner des fringues à toi pour que je m'habille. Désolé mais je met autre chose que du 6ans moi.
   
Oups...
   
Le regard de Ryo se durcit aux paroles de Lust. Le coup part. Il lui assène une gifle du dos de la main sans ciller, comme s'il avait fait ça toute sa vie. Oui, enfin... Il a toujours fait ça. Reste qu'on ne l'insulte pas ainsi et ça, c'est quelque chose que Lust devrait comprendre ! Surtout quand il se montrait "charitable".
   
- N'oublie surtout pas qui je suis ! Le plus simple pour moi aurait été de te tuer dans cette ruelle. Car une fois sortit d'ici, rien ne t'oblige à rester loin des policiers ou de la mafia. Tu peux me balancer quand tu veux et pourtant, t'es encore en vie ! Alors remercie le seigneur de t'avoir donner un beau petit cul et ferme ta grande gueule ! C'est clair ?!
   
Son père, avec qui il s'engueulait copieusement sitôt qu'ils se voyaient, lui disait toujours qu'il avait tendance à l'ouvrir un peu trop facilement. Que ça lui jouerait des tours. Mais c'est à dire que ça sortait de façon... Spontané. Et la gifle qu'il reçoit était nettement plus convaincante pour lui expliquer le problème que tous les hurlements de ce cher papa... Lust vient poser une main sur sa joue douloureuse, une larme liée à la douleur perlant sous sa paupière alors qu'il s'agrippe au lit, comme s'il avait eu peur un instant d'en chuter. Il entend bien les menaces, les prends tout à fait pour ce qu'elles sont mais son orgueil en a prit un sacré coup... Et il n'irait sûrement pas jusqu'à s'excuser même s'il avait tout à fait comprit le principe d'éviter les insultes au sujet de la taille de l'homme. Voir les insultes tout court probablement. Lust ne dit rien une seconde, les yeux brillant de colère contenu et de crainte si étroitement emmêlé qu'il faisait mal la part entre les deux.
   
- Je peux au moins appeler Sakeguchi ? C'est mon patron. Si je ne reviens pas il va me chercher de toute façon...
   
Ryo ne bouge pas pendant un long moment. Et un silence complet est lié à ce manque soudain d'activité. Il observe longuement Lust, pesant visiblement le pour et le contre de le laisser appeler son patron. Et finalement, se disant qu'une conversation sous sa surveillance ne serait sûrement pas dangereuse, Ryo se détourne de Lust pour retourner à la porte. Il l'ouvre et trouver encore ce débile d'Hiroshi à l'autre bout du couloir. Il lui beugle de lui donner son portable, ce que l'autre ne fait qu'après quelques menaces bien placées pour l'inciter à sortir l'appareil. Ryo n'en avait pas, de ça. Il vivait à la dure... Mais c'était facile quand, comme Hiro, on venait d'une famille aisée. Bref... Il prend l'appareil sans un mot, revenant dans la chambre, fermant la porte derrière lui. Il lance le petit appareil à Lust, grommelant :
   
- Tu fais ça vite. Pas la peine de t'éterniser ; tu vas le revoir assez vite si tu fais le gentil garçon, de toute façon.
   
Lust récupère l'appareil entre ses mains avant de mettre une main dans sa poche pour en sortir... Le sien, qu'il montre à Ryo. Ben oui, il avait un cellulaire... Et il était surprit que ce ne soit pas le cas de ce type vu tous ls gens avec qui il devait être en contacte. Lust compose la numérotation rapide et si Sakeguchi semble ravit de l'avoir au téléphone au départ, le caressant dans le sens du poil après avoir eu un bon retour de son dernier client, il change très vite d'humeur quand Lust l'informe qu'il sera absent trois jours... Il envoie un petit regard lourd de reproches à Ryo lorsqu'il est obligé de décoller un peu l'appareil de son oreille sous peine d'y perdre un tympan tellement l'homme hurle à l'autre bout. Et il a un caractère des plus fleurit... Lust essai de se trouver une excuse, et finalement, il parle de son frère qui s'est évadé du centre de redressement. la police était passé chez lui, elle passerait peut être encore, mauvais pour les affaires de le voit avec la police tout ça...
   
Finalement Sakeguchi est le premier à lui raccrocher au nez et rejetant son portable sur le lit, Lust à un petit grondement sourd.
   
- Et je prend le lit...
   
Ryo grogne en voyant Lust sortir un portable de ses poches. Ah ouais... ils en étaient tous victime, quoi. Finalement, l'appel se passe sans casse. Pour lui, du moins. Mais franchement, il n'en avait rien à battre des problèmes de Lust au boulot. Au pire, il se trouverait un autre patron, hein... C'était pas de ça qu'il manquait dans cette ville. Bref, une fois fait, Ryo récupère le cellulaire de d'Hiro et, après y avoir bien pensé, celui de Lust. Il les glisse tous les deux dans une poche de son jeans, levant les yeux au ciel aux commentaires de la diva.
   
- Eh bien moi aussi, quel malheur.
   
Il ne s'éternise pas. De toute façon, il dormirait dans son lit quoi qu'il advienne, alors à quoi bon en parler ? Il continue plutôt sur une autre note plus pratique :
   
- Ton cellulaire te sera rendu à la fin de ces trois jours. Et ce n'est qu'une moyenne trois jours. Ça peut être moins ou plus. Ça dépend de ces connards de gros bonnets de la mafia... Bref... Lorsque je ne serai pas là, Makoto te surveillera. C'est un gentil garçon, il ne te fera pas de mal.
   
Il tend la main, continuant :
   
- Et donne-moi les clés de ton appart. Je vais aller chercher ce dont tu as besoin. Mais j'irai qu'une fois alors choisis bien ! Je ne suis pas le mec du courrier...
   
Lust a un petit air vraiment très affecté en voyant son cellulaire disparaître dans la poche de Ryo. Ca c'était pas de bol... Lui qui aimait passer son temps pendu au bout du fil hein... Il écoute ce que l'homme lui dit et espère sérieusement que trois jours sera un maximum. Et ça serait un must que se soit moins... Après une brève hésitation, Lust vient chercher ses clefs d'appartement au fond de sa poche et les dépose dans la paume tendue.
   
- Mes vêtements sont organisés par tenue dans la penderie pour gagner du temps... Alors il suffit de prendre un tas... Mon nécessaire est dans la salle de bain... Tu prend tout...! Brosse à dent, dentifrice, crème en tout genre, maquillage... Et le gel douche aussi !
   
Il se renfrogne, croisant ses bras sur son ventre et croisant les jambes, maussade à l'idée qu'on farfouille dans ses affaires :
   
- Et je veux une paire de soulier plus confortables aussi...
   
Ryo soupire. Bon sang, voilà qu'il faisait les "courses" pour un prostitué... c'était le monde à l'envers hein ? Néanmoins, il glisse les clés dans ses poches sans protester, osant tout de même un petit grognement :
   
- T'auras pas besoin de maquillage ici...
   
Lust arque un sourcil peu convaincu :
   
- Et pourquoi pas ? Si je dois à mon physique d'être encore vivant, j'aime autant rester à mon meilleur. Tu voulais savoir ce dont j'avais besoin non ? Hé bien tu le sais, je vois pas pourquoi on en discute...
   
Ryo hausse les épaules. Bah il s'en foutait lui. Le sac à dos serait plus pesant, c'était énervant, mais ça mis à part, il s'en foutait. Toutefois, il se permet de mettre Lust en garde :
   
- Écoute, t'es bien mignon et tout et tout. J'aimerais au moins te préserver un peu. Au moins autant qu'on peut préserver une pute... Bref... Reste loin d'Hiroshi, okay ? C'est le connard qui était à la porte un peu plus tôt. Je pense que si j'étais plus jeune, il m'aurait déjà violé cet enfant de pute.
   
   
Ok c'est... Insultant... Mais genre vraiment. Et autant le sujet de cet Hiroshi lui hérisse les cheveux sur la nuque, autant le reste du discours, soit tout ce qui précède, l'insulte au plus haut point !
   
- "Au moins autant qu'on peut préserver une pute" ? Parce que tu crois que le fais que le sexe soit mon métier, ça fait de moi un "meilleur candidat" au viol ?!
   
Non mais c'était du délire, il s'entendait parler ? Il avait l'impression de lui faire une fleur là en plus...?
   
- J'ai pas l'intention de m'en approcher. J'ai pas l'intention de ne serait ce que sortir de cette chambre...
   
Ryo lève les yeux au ciel, excédé. Bon sang... En espérant qu'il n'ouvrait pas sa grande trappe au lit, hein ?! Il hoche vivement la tête de gauche à droite, précisant sa pensée parce que visiblement, Lust n'avait rien compris.
   
- Non, je ne crois que que tu sois un meilleur candidat au viol. C'est même plutôt le contraire si on ne parle que d'Hiro, mais je suis certain que tu ne veux pas entendre parler de ses préférences. Je pense plutôt que niveau sexe, t'es plus trop une exclusivité hein... Et je sais que c'est frustrant ce que je viens de dire. Ça l'est d'autant plus que c'est vrai.
   
À quoi bon se voiler le visage ? C'était un fait...
   
Oui il avait bien comprit le côté "petits garçons" des préférences de ce Hiroshi... Mais tout de même... Quand à la suite, Lust vient retirer ses bottes avec mauvaise humeur avant de les jeter dans un coin, retirant son manteau avant de se dirige vers la salle de bain qui communiquait avec la chambre -ô joie- pour y regarder la douche exiguë puis le lavabo. C'était tellement... Minuscule... Il revient dans la chambre et vient se camper sur le lit, fier :
   
- J'en suis toujours un pour toi si on considère que tu ne peux pas t'offrir ma petite personne alors tes insultes tu les gardes pour toi...
   
Ryo grogne en s'approchant du lit lorsque Lust le quitte, ramassant la bonne petite somme qu'il avait trouvé sur le mafieux qu'il avait poignardé. Il compte rapidement l'argent. Ses mouvements sont vifs. Le calcul aussi. Il avait l'habitude. Puis, finalement, un petit sourire aux lèvres, il montre l'argent à Lust.
   
- Bien sûr que j'ai assez d'argent pour m'acheter tes services.
   
Néanmoins, il glisse tous les billets dans sa poche.
   
- Et puis je t'ai déjà donné une bague en or. C'est comme ça que tu me remercies ? T'es vraiment pas pratique, toi...
   
Lust attrape un oreiller qu'il envoie sur Ryo, grognon mais plus boudeur que rageur cette fois.
   
- Oui et je ne pourrais rien en faire. Elle est beaucoup trop grande pour moi et je n'ai aucun contacte pour la revendre... J'en tirerais une misère.
   
Il hausse les épaules avant de préciser :
   
- Et c'était un cadeau que je sache, pas un achat !
   
Ryo soupire, attrapant l'oreiller qui tombe sur le sol. Il s'approche du lit, s'y laissant tomber près de Lust, haussant les épaules. Il tend une main, paume vers le plafond.
   
- Alors redonne-la moi. Sois je vais la vendre et t'en donne les bénéfice - et m'en garde une part pour le service, bien sûr - soit je la garde et lorsque je trouve une jolie bague de ta grandeur avec un caillou que tu aimes dessus, je te la donne. Alors ?
   
Lust hésite. Parce qu'en général, ce qui était à lui n'était à personne d'autre ! Mais finalement il vient chercher l'anneau dans le fond de sa poche et après l'avoir observé une seconde, pesant encore le pour et le contre, il vient finalement déposer le bijoux dans la paume du blond.
   
- Tu me diras combien tu en as tiré et je déciderais.
   
Parce que si c'était trop peu, il préférait encore un joli bijoux plus tard. Néanmoins, profitant de ce que Ryo est assez près, il saisit son poignet avant qu'il ait pu le ramener à lui pour bien attirer son attention :
   
- Tu en as besoin pour quoi de cet argent...? Ça te permettrait de rendre mon séjour "un peu plus intéressant" au moins...
   
Ryo baisse les yeux sur les doigts fins enroulés autour de son poignet. Finalement, il donne un petit coup sec pour s'en libérer, glissant l'anneau dans une poche de sa veste tout en se couchant complètement sur le lit, poussant Lust sur le bord du mur pour ce faire. Il observe un moment le plafond, un petit sourire aux lèvres.
   
- C'est pas facile pour une gang de rue de faire sa loi quand la mafia décide d'envahir la ville. Tu ne le sais peut-être pas, mais les gang de rue fonctionnent par quartier. Pas les Kikikan. Nous, nous sommes partout. Et avant que ces salopards s'amènent, les affaires allaient très bien. Plus là. J'ai besoin d'argent pour les repousser. Leur faire mal. Mais bientôt, ce sera fait... Ils vont regretté d'être venu à Osaka.
   
Lust retient un petit claquement de langue contre son palais alors qu'il est poussé contre le mur, Ryo ayant décidé que malgré qu'il soit le plus petit des deux, il se devait de prendre le plus de place... Il revient néanmoins triturer un morceau du vêtement de l'homme à hauteur du coude, notant une petite tâche de sang à cet endroit et écoute de façon paresseuse ce que Ryo lui dit, hochant distraitement la tête :
   
- J'ai quelques clients chez eux. Mais peu. Sakeguchi ne les aime pas parce qu'ils tentent de nous débaucher.
   
Il réfléchit un instant avant de constater, haussant les épaules :
   
- Et c'est vrai qu'ils sont compétitifs comparé à Sakeguchi...
   
Ryo fronce les sourcils, observant un long moment Lust. Compétitifs, hein...? Le blondinet glisse une main sur la joue du petit homme. Il la caresse quelques secondes avant de glisser son pouce près d'un oeil. Il retire sa main, montrant un cil au jeune homme.
   
- Fais un voeu, puis souffle.
   
C'était toujours ce que sa mère lui disait de faire lorsqu'il était tout gosse.
   
- En quoi sont-ils compétitifs ? Les prix ?
   
Lust a un petit regard surprit quand Ryo lui sort la vieille tradition infantile du "fais un voeu". Quoi que se soit une variant différente de ce que sa mère pouvait bien lui dire quand il était gamin. Néanmoins, après avoir retenu son envie de lever les yeux au ciel il se fait docile, pensant brièvement à un voeu, n'importe lequel, ne se fixant pas précisément mais ayant quelque chose en tête qui devrait se résumer à "beaucoup d'argent" et finalement il souffle rapidement avant de revenir poser sa tête convenablement sur l'oreiller, continuant de dessiner des arabesques invisible sur le bras fin mais sous lequel, au travers du vêtement et de la peau on devinait des muscles assez puissant. assez pour mettre cet homme dans la ruelle out en tout cas.
   
- Ils proposent une meilleure sécurité, des "primes" un peu plus importantes pour nous... Ds revenus un peu plus sympa quoi... Et quelques menus intérêt pour peu qu'on soit "productif"...
   
Un petit "humpf" pas très enjoué franchit les lèvres de Ryo. Il baisse le regard sur ces doigts qui parcourent son bras, songeur. Ça faisait longtemps qu'il songeait à étendre leur réseau à ce genre de trafic, mais ils n'avaient pas encore fait le grand saut. Pourquoi ? Principalement parce que ses hommes n'étaient pas comme ceux de la mafia et pour ça, il enviait parfois un peu les Yakuza. Pas d'honneur, pas de loyauté... Sauf Makoto. Son brave Makoto savait très bien où étaient ses valeurs et les suivaient à la lettre. Pas pour rien qu'il était son second. Mais les autres se croyaient souvent au self ici et il fallait les ramener bien vite à la raison... ce qui n'était pas toujours très facile, en fait.
   
- J'ai déjà pensé me lancer dans l'affaire... Bref... J'sais pas.
   
Il fait la grimace, un épisode de sa vie particulièrement énervant lui revenant en tête.
   
- On a déjà essayé de me démarché quand j'étais plus jeune. Quels connards quand même ces types... On dit que je sais pas vivre, mais eux, ils se cachent derrière leurs bonnes manières pour faire encore pire que moi.
   
La main de Lust passe du bras sur le ventre, probablement aguicheur et c'était quand même un un minimum son but que de vendre un peu sa cause, qu'il caresse du bout des doigts par dessus le vêtement avant d'y déposer sa paume chaude. Il écoute. D'une oreille un rien distraite, certes... mais il écoute.
   
- Pire que toi...? Tu crois que c'est pire de vendre les autres que de les tuer...?
   
Ryo grogne en glissant une main sur celle, fine, posée sur son ventre, l'empêchant de bouger. C'est pas que ce n'était pas agréable, au contraire. Même que quelques frissons lui avaient amèrement rappelé que ça faisait un bon petit moment déjà qu'il ne s'était pas laissé aller... Mais pas là. Il ne voulait pas payer Lust, principalement par fierté, faut l'avouer.
   
- C'est pas parce que j'ai tué aujourd'hui que je le fais souvent...
   
Il serre doucement la main dans la sienne, lançant un regard interrogateur à Lust.
   
- Et toi ? Pourquoi te laisse-tu traiter comme un objet ? Pourquoi te laisse-tu appeler "luxure" et te donne-tu au premier venu qui a l'argent pour se payer tes services ? Tu prends du plaisir au moins à coucher, des fois de temps en temps ?
   
Lust laisse sa main emprisonnée -façon de parler- dans celle de Ryo et lève un regard interrogateur au "et toi ?". Une flopée de question en découle et le prostitué doit honteusement admettre qu'il ne pensait pas que Ryo puisse connaître la signification de son prénom. Enfin... De son pseudonyme. Pas qu'être chef d'un gang de rue comme celui là soit rédhibitoire pour avoir un minimum de culture mais bon...
   
- Et pourquoi pas...? Je crois qu'on est tous traiter comme des objets à un moment ou à un autre. Moi au moins je l'assume. Je me laisse appeler comme ça par le premier venu qui à l'argent pour le faire parce que je préfère encore que ce soit ce pseudonyme plutôt que mon prénom qui soit gémit, crier ou dit... Et à la dernière question je pourrais te répondre mais je serais probablement obligé de te mentir pour espérer que, justement, tu fasses partit de ces hommes qui ont l'argent de se payer mes services...
   
Ok, on faisait probablement plus clair... Mais il n'allait pas déballer sa vie à ce type non plus... d'ailleurs Ryo ne le ferait probablement pas non plus non ? A tout hasard il demande :
   
- Et toi ? Ton parcours ? Comment on devient "Ryo, chef des Kikikan"...?
   
Ryo hoche lentement la tête de gauche à droite aux paroles de Lust. Il se tourne sur le côté, glissant un bras par-dessus les hanches fines, plongeant son regard dans celui du jeune homme. Il l'observe ainsi un long moment sans rien dire, comme s'il essayait réellement de trouver la réponse à ses questions de cette façon. Et finalement, lorsqu'il ouvre la bouche, ce n'est pas pour répondre à la question de Lust, mais plutôt pour continuer sur le sujet précédent.
   
- Un jour, tu vas rencontrer un homme qui va vraiment se soucier de ton plaisir. Et tu vas tellement aimer sentir ses mains sur ton corps, partager ses baisers, que tu vas regretter de ne pas lui avoir dit la vérité. Je sais pas quand, je sais pas qui, mais tu vas le rencontrer un jour. Parce que c'est ce que tu sembles craindre le plus. Et quand on a peur d'un truc, la vie est assez injuste pour le mettre sur notre route.
   
Ça, il le savait. Il en avait déjà fait l'expérience plus d'une fois, des saloperies de la vie...
   
- Et j'ai toujours été Ryo, chef des Kikikan. J'ai commencé à vivre à cette époque, pas avant.
   
Un petit sourire un rien amer glisse sur les lèvres de Lust. Il ne se moque pas de cet espèce de mise en garde, qui frappe doucement mais sûrement là où sa fait mal mais n'admettra pas qu'il s'en soucie. D'ailleurs, pour éviter d'entrer sur un sujet délicat, alors que Ryo esquive lui même le sujet du passé, Lust vient retirer sa main de celle de Ryo pour glisser le bout de ses doigts sous son menton, se penchent sur lui pour venir passer son nez sur celui du blond, sans néanmoins chercher plus de proximité d'une quelconque façon.
   
- On dirait bien que nous sommes à égalité. Alors pas de mauvaise morale je suppose...
   
Ryo soupire, fermant les yeux alors que Lust continue de l'appâter doucement. Il raffermit sa prise sur la hanche du jeune homme, l'attirant doucement à lui, mais sans voler ce baiser auquel il pensait néanmoins très très fort... Un peu trop fort. Lust savait comment plaire. C'était son métier. Et il ne devait pas non plus commencer à croire le contraire, sinon ils n'en seraient pas sortis. Alors il se ferait sage... du moins pour le moment. Mais Lust était mieux de ne pas jouer de ses charmes trop souvent. On récolte ce que l'ont sème et pour le moment, Lust ne semait rien de bon... Pas dans leurs conditions actuelle, du moins.
   
- Tu viens de me voir tuer un homme et pourtant, tu veux encore coucher avec moi... Oh, je sais. Il y a de l'argent à la clé, hein. Mais tu n'as vraiment aucune conscience... Je suis peut-être sado... T'aurais l'air fin si c'était le cas.
   
Un petit sourire, un rien embêté au départ, passe sur les lèvres de Lust. Touché...
   
- Allons... Monsieur "je ne pars pas sans payer", monsieur "je te paie un repas chaud", monsieur "je reviendrais le mois prochain", "Méfie toi de Hiroshi", "Makoto te surveillera - c'est un gentil garçon"... beaucoup trop prévenant pour un sado... Et puis si ça peut te faire plaisir, si je ne trouvais pas l'aventure intéressante, je n'insisterais pas tant.
   
Un rire bref fait trembler ses épaules et finalement il s'écarte un minimum pour avoir une vue un peu plus d'ensemble :
   
- Tu es le seul client que je vais pouvoir démarcher pendant environs 3 jours... Tu t'attendais à quoi...?
   
Ryo a un rire très bref et légèrement moqueur. Il se redresse, se relevant pour se diriger vers la fenêtre de sa chambre. Il observe, en bas, Hiroshi qui approche un groupe d'adolescent. Grognant, il ouvre la fenêtre pour crier à ce bon à rien de venir chercher son cellulaire avant qu'il ne le passe dans les toilettes. Hiroshi hésite, lui envoyant un regard mauvais, mais finalement tourne les talons, laissant ces jeunes tranquilles. Ryo n'attend pas, ouvrant la porte pour laisser tomber le portable sur un petit meuble dans le couloir, puis revient dans la chambre. Il croise les bras, observant un long moment Lust avant de finalement déclarer :
   
- Je ne vais pas te payer, Lust.
   
C'était un fait. Et il ne changerait pas d'idée. Certes, il l'avait voulu, mais plus maintenant. Il désirait encore plus Lust, pourtant. Mais, il ne le paierait pas.
   
- Je veux que tu couches avec moi par envie, pour une fois, dans ta vie. Et si tu n'en as pas assez envie pour oublier l'argent, alors nous ne le feront pas. Et je ne suis pas homme à gémir "luxure" au milieu de mes ébats, dis-toi bien ça.
   
Lust est un peu surprit quand il se fait abandonner sur le lit -pour une première...!- par Ryo qui va gueuler un truc à la fenêtre à ce connard de toute à l'heure. Il attend, un peu vexé, que le blond fasse attention à lui et se redresse légèrement sur un coude en le regardant l'air de dire "hé bien quoi ?" alors qu ce dernier semble prendre tout son temps pour l'observer en réfléchissant. Et quand la première phrase tombe, c'est sur le matelas que Lust se laisse retomber, lui. Et sa vexation à grimper d'un cran qui plus est. Quand à l'explication qui suit, elle n'attire qu'un petit regard furibond de la part de Lust envers Ryo.
   
- Tu doutes de rien.
   
Ça... Pour espérer qu'il se donne gratuitement, il croyait même sûrement en Dieu, Bouddha ou autre chose...
   
- Alors nous ne le ferons pas.
   
Il jette un petit regard tout aussi déterminé à Ryo avant de laisser parler l'orgueil :
   
- C'est toi qui rate quelque chose de toute façon.
   
Un petit sifflement presque admiratif se fait entendre. Ryo laisse échapper un bon éclat de rire, revenant s'assoir sur le lit, près de Lust. Il se laisse tomber sur celui-ci, s'étendant de tout son petit long ou presque à l'horizontale. Glissant une main dans le dos de Lust, il répète, malicieux :
   
- Tu doutes de rien.
   
Effectivement... ils avaient peut-être un petit problème d'égo chacun de leur côté. Mais ça n'avait jamais tué personne, nah ? En tout cas, eux ils se portaient très bien. Même que pour une bataille avec un mafieux, lui-même se sentait drôlement en forme ! Toujours malicieux, alors que sa main glisse sur une cuisse, il demande pourtant sérieusement :
   
- On t'a déjà fait une fellation, mon coeur ?
   
Lust observe de façon suspicieuse Ryo qui vient presque minauder à son tour après lui. Il ne dégage pas sa main au départ mais quand elle s'aventure le long de sa cuisse, il donne une petite tape sur la main pour lui demander de déguerpir. Quand à sa question, elle le prend littéralement au dépourvu et il fronce les sourcils :
   
- Tu me fais quoi là ?
   
Est ce qu'il était en train de jouer à "qui cèdera le premier"...?
   
- Sans contre-partie, tu ne m'auras pas !
   
Sûrement...
   
Ryo offre à Lust un petit clin d'oeil. Certes, sa façon à lui de minauder était plus masculine. Reste qu'il en avait toujours bien le droit, n'est-ce pas ? C'est ce qui manquait à Lust, de toute façon. Il avait sûrement l'habitude à ce qu'on le désire, mais seulement d'un point de vue plaisir personnel. Mais les gens étaient cons. Ils n'avaient pas compris que quand on veut être le seul à prendre notre pied, faut aller s'enfermer dans les cabinets de toilette. La main droite existe, c'est pas pour rien. Ryo ne se laisse pas démonter, se redressant pour glisser le nez dans le cou de Lust.
   
- Je minaude. Mais sincèrement. Tu ne m'as pas répondu, mon ange.
   
Un petit baiser humide est déposé sur la peau tendre du cou de Lust. Mais Ryo s'éloigne avant de recevoir un coup ou... il ne savait pas quoi. Lust était particulièrement féroce parfois, non ?
   
- J'aimerais bien savoir... Un homme t'a déjà donné du plaisir uniquement avec sa langue ? Tu sais ce que ça fait que de sentir des lèvres douces sur ton membre ? De voir un homme te prendre dans sa bouche parce qu'il en a envie lui aussi ?
   
Lust ne bouge pas d'un millimètre, attentif à contre coeur à ce que Ryo lui dit et lui fait. Néanmoins, en sentant les lèvres dans son cou, il vient donner un coup dans l'épaule de l'homme pour le repousser. Coup qui ressemblerait presque plutôt à une caresse un peu rude compte tenu du fait que de toute façon, le blond se reculait déjà en même temps. On l'avait déjà dragué, fallait pas croire... Mais là il y avait en plus une sorte de compétition, ce qui captait son attention au lieu de le laisser aussi froid que d'ordinaire. Et il détestait se sentir intéressé par une situation ou une personne. Et le petit discours pour le moins chaud et graphique de Ryo n'a rien pour l'aider à faire le point. Rapidement il répond, pour faire taire l'autre homme :
   
- Oui !
   
Non ! En fait, il y avait déjà eu droit... Mais plus pour assouvir une quelconque curiosité chez le client qu'autre chose...
   
- Arrêtes, ça suffit maintenant, tu m'énerves...!
   
Ryo se laisse retomber sur le lit une fois qu'il a sa réponse. Enfin... Il a encore ses réserves. Et le petit sourire qui glisse sur ses lèvres le prouve entièrement. Une main revient se loger dans le dos du jeune homme. Il le caresser doucement, s'amusant vraiment de cette situation. Pourquoi ? Peut-être qu'il aimait torturer un peu son petit péché capital. Ou peut-être que c'était seulement parce qu'il avait l'impression de réellement faire de l'effet à ce coeur de pierre ? Quoi que pour le coup, son coeur à lui n'était pas mieux. Il ne comptait pas promettre monts à merveilles à Lust. Mais, l'avoir auprès de lui - et juste lui - était quelque chose qui, présentement, lui faisait énormément envie.
   
- C'était un "oui" un peu étrange, ça...
   
Il rigole, demandant :
   
- Tu aimerais ça, dis-moi ? Pas là, pas maintenant. Mais un soir, calme, détendu, après un bon repas... un bain, comme tu l'entends... Tu as des goûts de prince, non ?
   
Lust grogne un peu, pour la forme, venant cette fois chasser une bonne fois pour toute la main baladeuse. Il préférait quand c'était LUI qui minaudait... Et il saurait le rappeler à Ryo quand il se serait un peu calmer... Lui aussi il pouvait titiller les envies du blond s'il le voulait ! Et il saurait se venger de ces quelques "coups bas". Oui oui, rien de moins ! Néanmoins, un petit sourire satisfait passe sur les lèvres de Lust alors qu'il fait remarquer :
   
- Un bain ? Tu es comme Mary Poppins ? Tu le cache dans ton sac à mystères...?
   
Il hausse les épaules avant de poursuivre :
   
- Ce que j'aimerais, c'est que tu t'enlèves de la tête que tu obtiendras quoi que se soit de moi sans contre-partie. Tu oublis que je suis une "pute" qui n'offre aucune "exclusivité".
   
ha oui, fallait rajouter "rancunier" sur la liste sans doute.
   
- Et toi un type pas riche. Ça résume bien le problème qui nous oppose !
   
Ryo fait la grimace, levant les yeux au ciel, ne minaudant plus du tout. Il pointe la très petite salle de bain et cinglant, fait remarquer :
   
- Tu penses que tous les mecs qui vont et viennent ici viennent chier dans ma chambre ?! Non mais t'es pas bien... Y a une salle de bain plus grande au bout du couloir et une autre en bas. c'est au choix. Moi au moins, j'me gèle pas les couilles la nuit pour aller sur le trône.
   
Il se lève du lit en grondant, se dirigeant à nouveau vers la fenêtre.
   
   
- Dommage, mon coeur. Quand je serai riche... Ouais, j'te laisserais bien ma carte Visa or. Mais visiblement, tu veux tout tout de suite. C'est un peu triste... Surtout en songeant aux jolis cris tout ce qu'il y a de plus sincères que je te ferais pousser au beau milieu de la nuit !
   
Lust ouvre la bouche et grimace. Amis de la poésie, bonsoir ! Ce type n'avait vraiment AUCUNE classe ! Il avait du sang sur ses vêtements, ne possédait aucune manière, vivait dans la même baraque qu'il ne savait pas combien d'autre type dont un connard grand luxe, était pauvre -ce qui était une vrai tare en soit pour Lust- n'avait même pas de téléphone portable... Et pourtant il venait encore flirter avec lui. Mais il avait un problème psychologique ou quoi ? ou bien c'était le traumatisme de ce qui s'était passé dans la ruelle... Oui c'est ça, c'était le choc... Obligé. Le syndrome de Stockholm là, un truc du genre...
   
- Ne soit pas prétentieux, surtout si tout n proportionnel...
   
Lust à un petit mouvement en réaction à ses propres mots, pinçant les lèvres alors qu'il se rend compte trop tard que là, par exemple, c'était le bon moment pour réfléchir avant de parler. Ce mouvement consiste à reculer brièvement tout en levant une main pour préciser :
   
- Pas mon visage !
   
au cas ou quoi... néanmoins il profite d'une minute pour ajouter :
   
- Tu m'insulte bien toi... C'est un juste retour de flamme...
   
Ryo se tourne vers Lust, bras croisés. Mais il n'est plus énervé. Alors soit, le commentaire l'emmerde royalement, mais il ne s'élance même pas pour frapper Lust. Cependant, de voir ainsi réagir le petit homme lui fait plaisir. Il hausse les épaules, commentant sèchement :
   
- Eh bien maintenant je saurai quoi viser. Et si tu t'avise de m'insulter encore une fois, j'te fait une belle balafre sur ce joli visage, c'est compris ?! Peut-être que je t'ai insulté, mais tu sembles oublier qui a le plus les moyens de faire regretter à l'autre ses paroles.
   
Il laisse planer un petit silence pendant un moment avant de reprendre, insultant à son tour :
   
- En tout cas, j'sais pourquoi t'es devenu une pute. T'es vraiment pas brillant, hein...
   
Malgré les menaces de Ryo, qu'il enregistre très bien, c'est la dernière partie qui retient le plus son attention, il pousse le blond, cherchant à le faire chuter du lit :
   
- Tu devais pas aller chercher mes affaires au lieu de dire des conneries ?!
   
   
Ryo donne un coup franc de son avant-bras sur les bras qui le poussent. Il saisit un petit poignet dans sa main certes pas super grande, mais serre fortement, ne le relâchant sûrement pas après quelques secondes, continuant plutôt à serrer encore et encore... Ce petit allait apprendre les manières.
   

- T'as quel âge ?! On t'a déjà appris à respecter tes aînés, le mioche ??
   
Oui bon... il était probablement trop vieux pour se faire traiter de gamin, mais soit...
   
Un "aïe" douloureux et un peu exagéré au début franchit les lèvres de Lust alors que Ryo serre son poignet comme s'il cherchait à le lui briser. D'autres petits "aïe aïe aïe" suive pour encourager Ryo à le lâcher alors qu'il commence à trépigner, ayant cette fois sincèrement mal au bras.
   
- 24, j'ai 24ans, lâche moi tu me fais mal ! En plus fais pas comme si t'avais 50ans non plus...
   
   
Ryo gronde, relâchant le jeune homme quelques secondes après le dernier de ses cris. 24 ans... un gamin quoi. Il avait bien eu raison !
   
- Je te demande pas la mer à boire, okay ?? Je te demande même pas d'être gentil avec moi ou de me chouchouter pendant les prochains jours. Mais t'avise plus de m'insulter, c'est clair ?!

Lust vient frotter son poignet douloureux dans sa main en envoyant un petit regard en biais à Ryo. Non mais ça va pas de lui faire un truc pareil ? Il allait avoir un bleu il était sûr !
   
- Et il a quel âge Conan le barbare...?
   
Il évite de prononcer le "miniature" qui aurait dût suivre...
   

Ryo lance un regard en coin à Lust. Allons donc.. Conan et puis quoi encore ? Quoi que c'était cool l'allusion ! Sa bibliothèque débordait de livres de Conan le barbare ! Bah ouais, il lit... Faut pas croire que parce qu'il est un mec de la rue, il sait que dire "ouga ouga!" quand il voit un livre ! Finalement, il croise les bras, se redressant de toute sa - petite - grandeur tout en annonçant sans complexe aucun :
   
- 37 ans.
   
Il ne les faisait pas, il le savait très bien. Et c'était d'autant plus gratifiant !
   
Bordel. 37ans ? Sans rire, Lust est surprit. Autant parce que l'homme en face de lui ne les fait pas que parce que...
   
- Et t'es toujours tout seul à 37 balais...?
   
Ceci dit, cette fois, il retient sa langue, bien que visiblement, l'exercice lui soit particulièrement difficile. Fallait pas lui lancer des perches comme ça...
   
- Quand tu disais "si j'étais plus jeune", à propos de l'autre connard, tu rigolais pas hein...

Ryo décroise les bras, pris au dépourvu par les affirmations et questions débiles que peut bien lui lancer soudainement Lust. Il s'emporte un peu ,mais cette fois de façon peut-être plus comique qu'autre chose, principalement de par sa petite taille alors qu'il s'énerve tout seul, dans son coin, à s'agiter.
   
- Mais quoi ?! C'est pas une tare que d'être seul ?? Tu veux quoi ?! Que j'aie une femme et cinq enfants ?! Un chien peut-être ?! Eh ! Je suis un warumono moi ! J'ai pas le temps de prendre soin d'une armée autre que la mienne ! Non mais c'est quoi ces préjugés de merde ?! Et puis j'suis pas si vieux ! C'est dans ta tête de gamin que tu trouves que 37 ans c'est vieux ! Je suis dans la fleur de l'âge ! Et puis j'suis sacrément sexy si tu veux tout savoir ! Alors que toi, tu vas peut-être ressembler à une vieille prune toute desséchée à 37 ans !!
   
Lust reste un instant silencieux et surprit et finalement, contre toute attente... Il éclate de rire. Mais vraiment, sincèrement, se tenant même les côtés à s'en plier en deux. Il se ferait pipi dessus tellement il trouve ça trop drôle de voir Ryo s'énerver tout seul et essayer de défendre sa petite personne célibataire. Il larme de rire glisse sur la joue de Lust alors qu'il revient s'asseoir avant d'en tomber tellement il gigote, mort de rire.
   
- C'est... C'est trop... C'est...
   
Il hoquette de rire, n'arrivant visiblement pas à formuler ne serait ce que le début de sa phrase. Finalement, il parvient à se maîtriser un peu, inspirant de façon longue et expirant plus ou moins fortement.
   
- Je trouve ça vraiment trop mignon comme façon de réagir.
   
Et pour une fois, c'était tout à fait honnête !
   
Ryo s'arrête net de bouger lorsque soudainement, à sa plus grande surprise, Lust... éclate de rire !! Comment pouvait-il rire alors que lui-même était en train de s'énerver grave ?! Il était con ou quoi ?? Il aurait dût avoir peur !! Mais non, monsieur riait ! Et pas rien qu'un peu ! Un peu plus et il en crevait, le bougre ! Et aux paroles qui finalement se font entendre, une petite exclamation colérique et outrée franchit les lèvres de Ryo. Il pointe un doigt accusateur vers Lust, criant :
   
- Je ... ne ... suis... PAS.... mignon !!!!
   
Mignon !!! Et puis quoi encore ?! Il allait essayer de lui mettre une petite robe et les chaussures qui vont avec ?! Non mais ! Il n'avait plus six ans, bordel ! C'était quoi cette envie qu'avaient les gens de lui dire qu'il était mignon alors qu'il tuait des hommes !
   
- Ne dis plus jamais ce mot en ma présence !! C'est que des conneries ! Non mais t'es con ou quoi ?! J'suis sexy, viril, fier ! Mais pas mignon !!!
   

_________________
♠♥♦♣


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MessageSujet: Re: 2. Je ne suis pas mignon !   Lun 13 Sep - 23:20

Lust hausse les épaules, quelques bribes de rire franchissant encore par intermitence ses lèvres alors que ses yeux sont encore brillant de larmes de plaisir. Ca faisait un moment qu'il ne s'était pas laisser surprendre à rire de bon coeur comme ça. Dire que c'était avec un assassin qui l'insultait, avait déjà porté la main sur lui et avait menacé de le faire encore... Y avait vraiment un truc qui tournait pas rond chez lui, quelque part Ryo avait raison ! Et le pire, c'est que plus il s'énervait à lui expliquer qu'il n'était pas mignon, plus Lust était convaincu du contraire et riait à nouveau. Ca devenait limite nerveux à ce niveau là et en dehors de la chambre, si on les entendait, on devait probablement se poser des questions. mais aucune importance. Finalement il lève une main, venant récupérr sous sa paupière quelques lignes de mascara qui avaient légèrement coulé et il hoche positivement la tête :

- Oui... Oui si tu veux. Mais c'est pas une insulte que d'être mignon. C'était même plutôt un compliment.

Ryo hoche vivement la tête de gauche à droite. Il s'approche de Lust et, sans lui laissant le temps de réagir, il se hisse sur ses cuisses, déposant un baiser sur la joue pâle, là où une larme brillait encore. Et pas une larme de tristesse. Fallait avouer que même s'il était encore énervé, c'était agréable...

- Chez moi, c'est une faiblesse. Ne dis plus jamais ça. Je ne suis pas un faible. Je suis le plus fort ici.

Et personne n'avait le droit de le contester. Avant que le jeune homme ne le repousse, Ryo se relève, s'éloignant à nouveau. Il lance un petit regard noir à Lust, mais ne dit rien un moment, revenant à la fenêtre. Hiroshi est encore là, à tenter de faire du pied à une de leur dernière recrue. L'adolescent ne s'en laisse cependant pas compter. Et un petit sourire glisse sur les lèvres de Ryo. Si ce n'.était pas lui qui tuait Hiro, ce serait ce garçon. Ça serait mieux, en un sens. Ainsi, quelqu'un pourrait lui faire payer non seulement le fait d'être un salaud, mais toutes les saletés qu'il avait déjà faites et qu'il continuait à faire de bon coeur... Ryo se tourne vers Lust, s'appuyant à la fenêtre, calmé.

- Tu es beau et tu le sais. Mais quand tu ris, ton charme se décuple. On te l'a déjà dis ?

Lust avait cessé de rire, surprit par les mouvements que Ryo avait eu à son encontre. Et s'il avait imaginé prendre un coup au départ, c'est un geste tout en douceur que le blond à finalement envers lui, terminant de lui redonner son sérieux. Il ne bouge pas de sa place, observant Ryo qui va se poser près de la fenêtre. Visiblement, il aimait avoir l'oeil sur ses troupes non...? C'était sa petite famille...? Bref. A ce qu'il ajoute, Lust se fait un rien morose, haussant les épaules. Non, on ne lui avait jamais dit. Sans doute parce qu'il n'avait pas non plus réellement l'occasion de rire d'aussi bon coeur. Il se lève pour venir à son tour près de la fenêtre et lorsqu'il voit ce que Ryo observait, son regard s'assombrit légèrement. Il resonge à ce que Ryo à dit à propos des proxénètes qui étaient "pires" que lui. Mais lui avait bien un type pareil sous ses ordres alors... Enfin... Ce n'était probablement pas à lui de juger.

- Ce type me donne froid dans le dos...

Et ce n'était rien d'imager. Il avait beau se savoir plus âgé que ceux qui intéressait de connard, il ne s'en sentait pas moins très mal à l'aise.

- Et pourtant, j'en ai vu des tordus de toutes les sorte.

Il fait une pause avant de constater :

- Moi c'est ce genre de type que je passerais bien de vie à trépas si je pouvais.

Ryo soupire en tournant à nouveau la tête vers la fenêtre. Hiro met la main aux fesses d'Amane. Ce dernier lui offre un bon coup de poing dans le visage. Jugeant que ce qui deviendrait bientôt une guerre à l'interne a assez duré, il ouvre à nouveau sa fenêtre, insultant les deux plus bas, les traitant d'enfants, puis conseillant à Hiro de garder ses mains dans ses poches. Bordel... Ils étaient terribles quand ils s'y mettaient tous. Soupirant, il en revient à Lust.

- Moi aussi. Mais j'ai encore besoin de lui pour un moment. Alors il faudra faire avec...

Ouais... l'argent qu'il lui apportait régulièrement était des plus utiles. Il faudrait le garder en vie encore un petit moment. Au moins tant qu'ils ne seraient pas débarrassés de la pègre.

- J'sais que j'ai pas besoin de te le répéter, mais j'le fais : reste loin de lui. Makoto... Makoto, lui...

Il hésite avant de pointer une longue silhouette un peu maigre qui arrive pour séparer définitivement les deux idiots plus bas. Il repousse ses longs cheveux et relève le visage vers eux, un petit sourire aux lèvres. Ryo le lui renvoie.

- S'il y a un problème, tu vas voir Makoto.

Lust ne lâche pas le "spectacle" en bas de la fenêtre des yeux alors que Ryo lui parle de ce Hiroshi qu'il détestait copieusement pour sa part. Et c'était bien fait pour sa gueule ce coup de poing, même qu'un petit sourire moqueur se dessine sur ses lèvres. Il observe ensuit la longue silhouette de "Makoto", hochant positivement la tête pour dire qu'il s'en souviendrait.

- De toute façon c'est l'histoire de trois jours.

Ensuite... Difficile à dire. Déjà il se prendrait une volée de bois vert de Sakeguchi et ensuite la routine reviendrait. Ca faisait just bizarre de s'imaginer passer trois jours à ne rien faire du tout ! Et c'était au moins autant désagréable que sympa.

- Tu seras absent souvent ?

Ryo se retient de commenter sur le fait qu'en trois jours, il pouvait se passer beaucoup de choses... Il se contente d'hausser les épaules, pas convaincu, mais silencieux. Et une question vient. Une question qui le surprend mais qui, finalement, est des plus normales. Probablement que Lust ne voulait pas rester seul avec les autres mecs et c'était une réaction que n'importe qui aurait eu.

- Je m'absente généralement une bonne partie de la nuit et l'après-midi aussi. Sinon, je suis dans le coin.

Lust arque un sourcil surprit.

- Et tu dors quand ?

Ryo hausse les épaules, glissant une main dans ses cheveux blonds.

- Ben... en soirée, généralement. Ou quand j'ai pas le temps, je grapille quelques heures le matin.

Il hausse à nouveau les épaules, demandant :

- Et toi ? C'est quoi tes heures de travail ? Ça doit aussi être assez irrégulier...

Lust s'épaule au cadran de la fenêtre, observant l'extérieur de façon presque distraite, le regard posé sur le plus jeune du groupe qui est toujours là, bavardant avec Makoto, s'énervant visiblement un peu, probablement à propos de Hiroshi.

- En général entre 3h et 11h le matin on peut appeler ça des heures "creuses". A part quelques clients important de Sakeguchi, dégoter quelqu'un est très difficile. Et je trouve assez de quoi gagner ma vie dans le reste de la journée pour profiter de ces heures là.

Il soupire en haussant les épaules :

- Après oui, c'est irrégulir, forcément. Si je pouvais avoir une clientèle régulière se serait plus simple. Mais le gran manitou à peur qu'un client ne s'émourache et lui voles ses faiseurs de miracle alors...! Et si je vais chercher un autre patron, il se vengera... La seule solution serait de me tourner vers la mafia mais...

Nouveau soupire, il tourne la tête vers Ryo un instant, un petit sourire aux lèvres avant d'en revenir à l'extérieur :

- Là tout ce que je risque avc Sakeguchi en cas de soucis, genre là avec 3 jours d'absences, c'est une volée de coups. Et pas le visage bien sûr, histoire que je puisse rester sur le marché. Avec les yakuza, ça ferait vraiment trop mal. Sakeguchi il a besoin de moi. Pour la mafia, je ne suis rien du tout. Avec ou sans moi, ça ne fait pas de différence pour eux.

Kyo se fait un peu bougon, comme toujours lorsqu'on en vient à parler de la mafia face à lui, que ce soit en termes élogieux ou pas. Il ne les aimait pas, un point ces tous ! Ces idiots qui se prenaient pour les samouraï des temps modernes... Allons donc ! Plus personne ne devrait avaler ces conneries !!

- C'est tous des cons. Pas que la mafia. Ton Sakeguchi aussi c'est un con. Même moi je frappe pas mes hommes quand ils doivent prendre deux ou trois jours pour eux !

Il soupire, glissant une main autour des hanches de Lust pour l'attirer à lui, mais sans pour autant minauder ou essayer d'en prendre avantage. Il demande toutefois :

- Tu vas me le donner un jour ton prénom ?

Lust vient passer un bras autoirs du cou de Ryo (et pas Kyo Razz), levant une main pour passer le bout de son index le long de l'arrête droite du nez. Il ne cherche cependant pas à minauder pour cette fois, haussant finalement les épaules :

(ah oué, fallait bien que ça m'arrive au nombre de fois où je l'écris)

- Non, c'est pas très important. On est pas copain Ryo. Je suis ici contre gré malgré tout. Au mieux on pourrait avoir une relation "profesionnelle" et tu n'en veux pas. Et même là il faudrait te contentr de "Lust".

Les seuls à connaître son prénom c'étaint ses parents, son frère et Sakeguchi à qui il était obligé de remettre ses tests HIV tous les mois.

- Pourquoi est ce que "Lust" ne devrait pas te suffire ?

Ryo hausse les épaules, poussant un petit soupir. Il avait fermé les yeux en sentant les doigts de Lust sur son visage. Il les rouvre.

- Parce que tu es plus qu'un stupide péché capital qui te force à te donner nuit et jour à des hommes qui n'en ont rien à battre de l'homme que t'es.

Il y a un bref silence pendant lequel Lust observe le visage de l'homme entre ses bras et finalement il vient poser ses mains sur les avant bras de Ryo, se désolidarisant de lui pour revenir jusqu'au lit ou il se réinstalle, assit en tailleur, un coussin entre ses bras. Il obsrve un instant le reste de la pièce plutôt que de se réinteresser à ce que Ryo lui dit, hésitant, et finalement il soupire avant de demander, esquivant cette conversation.

- Tu vas chercher mes affaires quand ? Prend moi un truc à mettre qui te plaît au moins, que j'ai une chance de te faire regretter ton entêtement...

Le jeune homme accentu sa phrase d'un petit clin d'oeil même si le coeur y est moyennement. Ces trois jours étaient les plus long de toute sa vie et pourtant, ils n'avaient qu'à peine commencé !

Ryo soupire lorsqu'à nouveau, Lust se montre pressé d'avoir ses effets personnels. Pourtant, il n'en avait pas besoin ,non ?? Il ne tique même pas à ce que le jeune homme ajoute, haussant les épaules. Si c'est ce qu'il veut... Se penchant vers la fenêtre, Ryo y frappe trois petits coups consécutifs. Il fait signe à Makoto de monter lorsque celui-ci lève le visage vers lui.

- J'y vais là. Makoto va venir te tenir compagnie. Sois gentil avec lui... Vraiment. C'est un chic type.

Lust affiche un petit air vexé :

- Je suis toujours aimable tu sauras !

Puis, avisant ls quelqus "différent" qu'ils avaient eu, il tempère :

- Avec ceux qui le sont aussi ou qui paient du moins...

Ryo lève les yeux au ciel, se dirigeant sans plus attendre vers la porte qu'il ouvre. Il tombe sur Makoto qui attend sagement près de celle-ci. Un petit sourire aux lèvres, il lance un regard qui veut tout dire : pas touche. Makoto va respecter ça, il le sait. Se tournant vers Lust, il répète, avant de quitter les lieux :

- Je ne vais pas payer.

Lust se laisse retomber sur le matelas en souriant. En fait, ça avait beau l'emmerder superbement que Ryo ne veuille pas payer, il trouvait ça aussi très amusant. Ca changeait, c'était... oui, c'était drôle. Makoto entre dans la pièce et Lust lui sourit en réponse à ses propres sourire avant de revenir faire un clin d'oeil à Ryo, joueur :

- On verra...


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2. Je ne suis pas mignon !

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