Cassis

 
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 5. Painful Morning

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Aoi
The GazettE - 2e Guitariste


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MessageSujet: 5. Painful Morning   Ven 11 Déc - 1:05

    Le soleil entrait à peine dans la chambre. Les rideaux étaient fermés, mais quelques rayons réussissaient quand même à s'infiltrer dans la pièce. Tout était calme, silencieux. Au contraire, cette nuit, les gémissements et le froissement des draps avaient emplis l'atmosphère de la chambre de Kyo, chanteur de Dir en Grey. Il était encore dans le grand lit dont la majorité des draps étaient éparpillés dans tous les sens. Dans ses bras, son invité commençait à bouger légèrement, émergeant très lentement d'un sommeil profond causé par une flagrante dépense d'énergie.

    Aoi ouvrit péniblement les yeux. Son regard de charbon se promena quelques secondes sur le décor avant de se poser finalement sur Kyo. Les souvenirs de la veille lui revinrent rapidement en mémoire. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il avait couché avec Kyo... et pas qu'une fois. Ce même Kyo qui dormait encore paisiblement à ses côtés.

    Aoi observa un instant ce corps nu près de lui. Petit ? Oui, Kyo l'était. Mais, ça ne voulait pas dire pour autant qu'il en était moins intéressant. D'immenses tatouages recouvraient une grande superficie de son corps, principalement ses bras. D'un doigt Aoi en suivait les contours alors que l'autre remuait doucement, mais sans se réveiller. Il ne craignait pas un réveil fracassant avec Ruki, même s'il ne le connaissait pas encore très bien. Il savait qu'il saurait le calmer très vite... C'était chose simple quand on avait les bonnes cartes en main.

    Le doigt du jeune homme traça les contours d'une tête de mort qui siégeait en bas de l'épaule droite du chanteur. Il descendit jusqu'au mamelon, qu'il caressa brièvement, puis au ventre, joliment dessiné. C'est à ce moment que le blond ouvrit les yeux en grognant. Ses yeux marrons se posèrent sur Aoi, qui l'observa un instant sans réagir, craignant tout de même une mauvaise réaction.

    Mais rien... Kyo lui fit un petit sourire avant de poser son regard sur le réveil matin.


    - T'inquiète pas, je ne compte pas m'éterniser.

    Un hochement de tête du chanteur lui fit comprendre qu'il ne lui en tiendrait pas rigueur, de toute façon. Mais, si l'homme espérait remettre le couvert ce matin, il se mettait bien le doigt dans l'oeil. Aoi se sentait de nouveau léthargique, presque absent. Mais, plutôt que de demander quoi que ce soit, Kyo se leva en soupirant, probablement encore un peu fatigué, tout comme Aoi l'était encore, et se dirigea vers la salle de bain sans un mot. De toute façon, lui non plus n'avait pas du tout envie de parler...

    Il avait gémit le nom de Ruki alors que c'était Kyo qui le caressait. Si ça ce n'était pas pitoyable... Aoi soupira en roulant sur le côté afin de regarder le réveil-matin à son tour. Il était à peine neuf heure du matin, quelle poisse. Il aurait bien aimé dormir un peu plus longtemps, mais apparemment, Morphée s'était ligué contre lui.

    Aoi se redressa. Assit dans le lit, il promena son regard noir autour de la pièce, à la recherche de quelques vêtements qu'il avait traîné à la chambre en sortant de la salle de bain hier soir. Heureusement, ils étaient tous dans un tas au même endroit. Malheureusement - parce qu'il y avait toujours une autre face à la médaille... - ils étaient encore trempés... même sa veste, puisqu'il l'avait lancé avec le reste avant d'aller rejoindre Kyo dans le lit.

    Ce même Kyo ressortit de la salle de bain alors que debout, un peignoir enfilé pour cacher sa nudité, Aoi pliait ses vêtements pour les transporter jusqu'à sa chambre, un air visiblement découragé peint sur le visage.


    - Laisse-les ici. Je demanderai à ce qu'on les apporte dans ta chambre tantôt.

    Le guitariste lâcha les vêtements aussitôt ces mots prononcés. Il se releva en serrant le peignoir contre lui, comme si soudainement, il était gêné d'être nu devant Kyo. Ce dernier eu un petit rire moqueur, mais n'ajouta rien, au plus grand soulagement d'Aoi.

    Le brun s'avança vers le petit Japonais, un petit sourire triste aux lèvres.


    - Merci...

    Il ne le remerciait pas pour les vêtements, mais plutôt pour la soirée qu'ils avaient eu ensemble. Aoi s'approcha du blond et, se penchant vers lui, il déposa un petit baiser sur ses lèvres. Kyo ne bougea pas d'un centimètre et, alors que Aoi était sur le point d'atteindre la porte, il ajouta seulement :

    - Attention, tu pourrais te perdre.

    Le guitariste se tourna vers lui, lui lançant un regard confus, mais déjà, Kyo était retourné à la salle de bain, vaguant probablement à ses occupations matinales. Se perdre ? Où ? Dans l'hôtel ? C'était ridicule... Qu'est-ce qu'il avait bien pu consommer ?

    Levant les yeux au ciel, Aoi sortit de la chambre en passant une main dans ses cheveux. Au même moment, une petite silhouette avançait rapidement en sa direction, probablement pour aller vers les ascenseurs. Ils relevèrent la tête en même temps et les yeux d'un noir d'ébène rencontrèrent ceux d'un gris d'acier.

    Aoi stoppa net lorsqu'il vit Ruki. La porte se referma derrière lui toute seule et fut bien le seul son qui perça le mur de silence qui s'était installé. Aoi déglutit avec difficulté, observant Ruki sans rien dire. Soudainement, il se sentait mal, très mal... coupable, même. Pourquoi avait-il l'impression d'avoir trompé Ruki ? C'était insensé ! Le petit blond ne voulait même pas de lui dans sa vie !


    - Bon matin, Ruki.

    Ces mots, Aoi les entendit en même temps que le chanteur et pourtant, c'est lui-même qui les avait prononcé. Mais, il n'avait même plus conscience de ce qui l'entourait. Il ne voyait que Ruki... et l'orage d'émotions qui grondait dans ce petit corps sans qu'il ne puisse mettre un mot sur elles pour les décrire.

    Avant, il savait toujours ce qui se passait dans la tête de Ruki. Depuis quelques jours, c'était le chaos total... Et maintenant ? Qu'est-ce que le blond allait pensé de ce qu'il voyait ? Aoi qui sortait en peignoir de la chambre de Kyo, son "double" presque copie conforme de l'industrie de la musique japonaise... et en plus, avec un suçon dans le cou... et peut-être plus, il n'en était plus trop certain.

    Vraiment, la journée commençait très très mal...
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Ruki
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MessageSujet: Re: 5. Painful Morning   Ven 11 Déc - 6:43

    "Maintenant tu fais ce qu'il faut pour régler la situation". C'était ce que Reita venait de lui dire pas plus de vingt minutes au par avant. C'est à dire qu'il s'était fait prendre en get happens ce matin quand, vers huit heure -heure pourtant matinale compte tenu de leur soirée-, il avait déboulé dans un salon commun où ils avaient prit pour habitude de se retrouver quand un peu de compagnie leur disait.

    Kai et Reita l'attendaient de pied ferme. Ou disons plutôt qu'ils avaient profité du fait qu'Aoi n'était pas là ? Probablement. Uruha n'était pas là non plus, sans doute encore entre les bras de morphée.

    En tout cas, Ruki en avait doucement prit pour son grade à propos de son tempérament des derniers jours. Et pour celui de la veille au soir aussi ou plutôt ce matin très tôt.

    Quand après une demie heure trois quart d'heure il avait commencé à être évident que Kyo et Aoi ne réapparaîtraient plus parmi eux, Ruki n'avait pu s'empêcher de se sentir trahit une seconde fois. Doublement même pour l'occasion. En fait, c'était sans doute les sous entendu idiot de Die et de Toshiya qui l'avaient mit mal à l'aise. En tout cas, il avait à peine tenu dix minutes de plus devant ces blagues et renversant son verre avec mauvaise humeur il avait finit par rentrer à l'hôtel.

    Bref... Ce matin, avant même qu'il ait pu avaler quoi que se soit en guise de petit déjeuner, les deux garçons lui avaient rappelé qu'ils formaient un groupe et que peu importe ce qui se passait entre Aoi et lui ces derniers jours, il fallait que ça cesse. Ruki leur pourrissait l'ambiance, il le savait bien et c'était quelque chose qu'il faisait réellement malgré lui.

    En quittant Aoi ce "matin là", Ruki était retourné affolé dans sa chambre, en lutte avec lui même. Et le médecin partit, trois points de suture plus tard, le chanteur s'était couché, passant sa couette jusque par dessus sa couette. Il avait guetté le guitariste à sa porte, espérant quelque chose, il ne savait pas quoi, mais rien.

    Son coeur était bouleversé. Il ne comprenait pas. Aoi lui avait qu'il l'aimait avec une sincérité évidente mais les mots n'avaient pas eu de sens logique pour lui. Parce qu'il n'avait rien vu venir, parce que c'était la première fois qu'il s'en rendait compte et parce qu'ainsi révélé au réveil, le secret avait eu du mal à se frayer un chemin convenable.

    Ruki n'avait pas été prêt à l'entendre et il aurait fallu y mettre plus de forme et surtout, des explications. Son coeur avait battu à tout rompre alors qu'il lui avait laissé l'occasion de lui en fournir. Qui sait ce qu'il attendait ? En tout cas, loin de lui en donner, Aoi lui avait au contraire demander à lui de parler, d'ajouter quelque chose, comme si c'était sa faute, comme si c'était à lui de trouver une solution au problème. Alors il avait fuit.

    Et seul dans son lit, apeuré et perdu, il se sentait complètement abandonné par le brun. Celui là même qui disait l'aimer et qui pourtant le laissait tout seul avec ses doutes, ses inquiétudes et ses démons.

    Ruki avait passé une journée horrible, ne se rendant probablement pas compte que celle d'Aoi n'avait pas du être beaucoup plus agréable. Tout ce qu'il voyait c'était sa propre solitude après cette soirée et cette nuit plus qu'appréciable. Alors quand ils avaient du se revoir, les jours suivant, Ruki avait été infâme.

    Mais ce comportement, qu'on se le dise, n'était pas purement gratuit. La vérité c'est qu'il se sentait vulnérable d'avoir été ainsi mis à nu et dépouillé de sa capacité de raisonner. Alors il rabaissait Aoi dès qu'il en avait l'occasion, cherchant comme un moyen de garder la tête haute. En dehors de l'eau.

    Il souffrait encore de la révélation bizarrement et cette dernière lui brûlait la poitrine. Littéralement. Et le seul moyen pour apaiser la douleur avait semblé être cette rancune qu'il lui jetait en bloc.

    "Maintenant tu fais ce qu'il faut pour régler la situation."

    La voix de Reita cogna dans sa tête. Ruki était d'accord sur le principe. Même que ça lui avait donné un brin de courage de se faire harponner de cette façon mais quand il s'était à nouveau retrouvé devant la porte de la chambre d'Aoi, il avait sentit ses bonnes résolutions fondrent comme neige au soleil.

    Il était là mais pour lui dire quoi ? "Excuse moi ?" son orgueil blessé le lui interdisait encore. S'il s'excusait, le chanteur se mettait en péril. Du moins c'est l'impression qu'il avait. Il s'exposait à Aoi, risquant... Il ne savait quoi.

    Frappant presque à contre coeur, il attendit une réponse. Une réponse qui ne vint pas. En même temps, jetant un regard à sa montre, il se rendit compte qu'il n'était encore que neuf heure. Lui était "déjà" debout, ce qui était surprenant, mais disons qu'il dormait mal dernièrement. Très mal.

    Il frappe encore, plus fort, mais pas de réponse. Ruki se détourne et retourne vers les ascenseurs prêt à rejoindre ses deux autres compagnons, plein de bonne foi. Il aurait essayé, c'est tout ce qui comptait non ?

    Les mains dans les poches de son pantalon, passé avec une chemise un rien criarde dont il a le secret, Ruki ne se presse pas mais il ne traîne pas non plus, des fois qu'Aoi viendrait à ouvrir sa porte tout de même. Et quand il entend une porte s'ouvrir devant lui il lève un regard curieux. Un Dir en Grey matinale ?

    Mais celui qui lui fait face n'a rien d'un Dir en Grey et Ruki se sent glacé jusqu'aux os. La porte de la chambre claque et avec un rapide effort de mémoire, le blond se rappel qu'il s'agit de celle de Kyo. Il est comme foudroyé. Die et Toshiya avait plaisanté sur le sujet mais il ne les avait pas cru. Aoi n'aurait pas pu faire ça. N'aurait pas pu "lui" faire ça, même s'il avait été abominable ces derniers jours.

    On ne pouvait pas réellement s'envoyer en l'air avec une personne après avoir dit quelques jours plus tôt "je t'aime" à une autre n'est ce pas ?

    Pourtant Aoi est devant lui, ébouriffé, en peignoir de bain... Et dans son cou une marque violette sans équivoque.

    - Bon matin, Ruki.

    Les pupilles anthracites le regardent, écarquillées, horrifiées peut être même alors que le chanteur blêmit. Sa tête lui tourne et il se raccroche à un chariot de ménage pour ne pas tomber.

    Peu importe d'où lui vient cette douleur qui l'a traversé de part en part, elle ne s'est pas contenté d'être physique. Son âme elle même est complètement meurtrie.

    "Bon matin" ? "BON MATIN" ?

    Il a envie d'exploser, littéralement. De peine, de colère et surtout, surtout, il finit par se figer dans la déception. La rancune aussi.
    Comme il l'a fait plusieurs matins avant celui là, il articule un "menteur". Mais celui là n'est ni crié ni hurlé. En fait il a été à peine audible. Mais il sait qu'Aoi l'a entendu, pas besoin de se répéter.

    Ruki à la nausée, qu'est ce qu'il doit faire ? Se réjouir de n'être plus l'objet de l'attention d'Aoi ? Malheureusement contrairement à ce qu'on pourrait penser, ça ne lui fait pas plaisir. Pas le moins du monde. Alors c'est une réplique acerbe qui sort de sa bouche et elle est douloureuse pour lui même :

    - "Je vois que tu t'es remit de tes émotions."

    La trahison est violente. Dire que lui était encore là, tous les jours, à réfléchir au sens de cette déclaration d'amour que le guitariste lui avait faite.
    Il réalise néanmoins les ressemblances qu'il a avec le chanteur de Dir en Grey :

    - "A moins que tu cherches juste à me remplacer d'une façon... Ho mon dieu !"

    Sa main se plaque sur sa bouche alors qu'il étouffe un sanglot de rage et de peine. Mais il se reprend vite et accuse le coup. Encore.

    - "Ca ne me regarde pas !"

    Il ne veut pas savoir en réalité.

    Sa voix est montée un peu plus dans les aiguës qu'il ne l'aurait voulu au départ. Heureusement qu'il n'a rien dans les mains parce qu'il le lui aurait jeté dans la figure. Ca faisait peut être "répétitif" mais ça l'aurait certainement soulagé.

    Son regard gris coule encore sur la silhouette en peignoir blanc et sur la marque violacée qui fait ressortir la pâleur du guitariste. Pourquoi ne s'est il pas au moins donné le coup de sortir tout habillé ? Il se sent tellement rageux qu'il serait prêt à penser qu'Aoi l'a fait exprès.

    - "Je venais..." balbutie t-il.

    Allez, s'il le dit, ça satisfera au moins Reita, Kai et Uruha.

    - "Je venais m'excuser pour mon comportement..."

    Puis serrant les poings, luttant avec sa colère pour ne pas la laisser sortir il laisse néanmoins échapper :

    - "Mais je vois que c'était inutile."

    Il est sur ses gardes et, sauvage, il avertit Aoi du regard qu'il serait de bon ton de ne pas essayer de l'approcher. Si Ruki semble "presque" calme en apparence, c'est un vrai volcan à l'intérieur et gare à l'éruption...

    Au moins les choses étaient claires entre eux maintenant...



(Finalement j'aime bien torturer psychologiquement ton perso en lui faisant croire qu'il s'il avait été plus sage en restant dans sa chambre les choses auraient pu peut être s'arranger avec Ruki Rolling Eyes )
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Aoi
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MessageSujet: Re: 5. Painful Morning   Ven 11 Déc - 12:39

    Aoi fit un pas vers le petit chanteur blond. Pourquoi ? Aucune idée. Mais, quoi qu'il en soit, il stoppa net avant même d'avoir fini son mouvement. Tout en Ruki semblait le « convaincre » de ne pas l'approcher. Son petit corps tendu semblait être prêt à déverser sa colère en une violence aigüe alors que ses yeux lui lançaient des éclairs qu'Aoi ne pouvait ignorer.

    Puis, ce petit mot, un simple petit mot murmuré, mais avec tant de rage, tant de haine, qu'il lui déchira le coeur. Menteur ? Tout sauf ça... Et pourtant, Ruki l'accusait sans cesse de l'être. Mais, faisait-il vraiment quelque chose pour l'empêcher de le penser ? Pas vraiment, non...


    - Je vois que tu t'es remit de tes émotions.

    Faux. Est-ce qu'il y avait une phrase qui pouvait être plus fausse ? Ruki avait-il constamment tord dans ce qu'il pensait face à lui ? Mais le pire... C'est qu'il avait tord uniquement à cause des agissements d'Aoi. Le guitariste secoua doucement la tête de gauche à droite, mais ne répondit rien, encore sonné par cette rencontre inopinée.

    - A moins que tu cherches juste à me remplacer d'une façon... Ho mon dieu !

    Aoi recula à cette phrase. Il n'avait plus du tout envie d'aller rejoindre Ruki, de le prendre dans ses bras. Il voulait seulement s'enfuir. C'est peut-être pour ça que sa main encore sertie de bagues se posa sur la poignée, l'actionnant sans même y penser. Mais, rien ne se produisit. La porte close s'était verrouillée derrière lui.

    - Ca ne me regarde pas !

    Aoi posa une main sur ses lèvres charnues, celle qui avait quelques secondes auparavant faiblement tenté d'ouvrir la porte de la chambre de Kyo. S'il avait réussi, il s'y serait probablement engouffré. Devant Kyo, il n'aurait plus su quoi faire. Mais au moins, il n'aurait pas eu à soutenir le regard enragé et triste de Ruki.

    - Ce n'est p...

    Il se tut. « Ce n'est pas ce que tu penses ». Il ne pouvait pas dire ça, parce que ça revenait, cette fois, à mentir pour de bon.

    - Je venais... Je venais m'excuser pour mon comportement... Mais je vois que c'était inutile.

    Aoi déglutit avec difficulté en regardant Ruki, l'étonnement et la tristesse peint de paire sur son visage. Comment... s'excuser pour son comportement de ces derniers jours ? Et... ils auraient peut-être... Ils auraient peut-être pu mettre les choses au clair... Non. Non, car de toute façon, Ruki ne l'aimait pas. Mais... il aurait quand même pu retrouver cette amitié perdue qui certes, faisait mal, mais avait au moins l'avantage de lui autorisé quelques moments agréables avec le beau chanteur.

    N'y tenant plus, Aoi fit un pas en direction du petit blond, puis un autre.


    - Ruki...

    Tenant fermement son peignoir, comme si sa vie en dépendait - alors que finalement, c'était peut-être plus son honneur... - Aoi s'arrêta en face de Ruki.

    - Je suis désolé...

    Un murmure, à peine audible, mais Ruki l'avait forcément entendu, puisqu'il était si près de lui. Si près qu'il aurait pu étendre un bras pour caresser la joue du beau petit blond. Et bon sang que ça le démangeait ! Mais, il continuait de tenir fermement son peignoir de ses deux mains, même si une aurait bien assez suffit.

    - J'aurais du savoir... que je ne pourrais pas te remplacer.

    Certes, c'était un fait. Aoi se sentait horrible, un monstre. Il avait cherché la chaleur des bras de Kyo pour remplacer Ruki, il n'y avait pas de doute possible. Même les deux principaux concernés s'en étaient rendu compte. Comment aurait-il pu en être autrement, de toute façon ? Tout le monde se « moquait » un peu de la ressemblance des deux chanteurs pendant cette tournée. Tout le monde les avait charrié là-dessus. Et ils avaient bien raison. Ils n'était pas pareil, certes, mais ils avaient des points communs assez impressionnants.

    Mais Ruki, son Ruki, celui qui se tenait devant lui, vibrant de colère, il ne pourrait jamais le remplacer et ça, Aoi l'avait compris... Peut-être trop tard ? Apparemment, oui.

    Sa main toujours plaquée sur sa bouche, tremblant de la tête aux pieds pour retenir un sanglot qui, finalement, ne semblait pas très coopératif, Aoi murmura avec une horreur qu'il réservait pour lui-même :


    - Je suis infâme...

    Et cette fois, le sanglot franchit la barrière de ses lèvres, même s'il tentait de le retenir.

    - Excuse-moi, Ruki...

    Encore et toujours des excuses... mais Aoi avait l'impression que plus rien ne rattraperait son geste. Ses gestes. Parce qu'il ne s'était pas contenté de se donner à Kyo une seule fois. Il avait poussé le vice à caresser ce corps inconnu pendant toute une nuit.

    Il ne se le pardonnerait jamais. Du moins, c'était l'impression qu'il avait présentement. Et Ruki, lui ?

    Aoi enleva doucement la main qui était plaquée sur ses lèvres. Il l'étira, peut-être pas totalement conscient de ce qu'il faisait, et, du bout des doigts, effleura la joue blanche et douce du jeune homme. Ce geste, loin de le rassurer, fit perler des larmes à ses yeux.
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Ruki
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MessageSujet: Re: 5. Painful Morning   Ven 11 Déc - 13:15

    Son corps entier semblait vibrer, comme la corde d'une guitare pincée qu'on aurait trop étiré. Et finalement, il se sentait un peu comment cet instrument de musique si cher à Aoi. La guitariste en jouait, avec plaisir certes, mais au bout du compte, il finissait toujours par la lâcher. Toujours.

    Et non contente de créer cette tension dans chacun de ses muscles, cette vibration l'enflammait. Il avait beau tenter de se contenir, c'était juste comme jeter un peu de seul dans de l'eau portée à ébullition : ça redevenait calme un quart de seconde avant de bouillir à nouveau, un petit peu plus fort.

    Qu'est ce qu'il s'était imaginé en venant là ? Qu'il aurait des réponses à ses questions ? Qu'il pourrait demander à Aoi de l'aider à y voir plus clair s'il le voulait bien ? Hé bien il semblait évident à présent que cette conversation n'aurait jamais lieu. Les autres membres du groupes pourraient bien dire ce qu'ils voulaient, il avait essayé.

    Mais ce n'était pas vers lui que le guitariste allait. Non, il tentait de retourner dans cette chambre qu'il venait tout juste de quitter, ses lèvres laissant s'échapper des informations incohérentes :

    - Ce n'est p...

    Ruki défia Aoi du regard mais ce dernier s'était interrompu tout seul. Ce n'était ps quoi ? Ce qu'il croyait ? Qu'il lui dise ! Même si c'était un mensonge, qu'il lui dise qu'il se trompait ! Valait mieux se leurrer que faire face à la réalité tout à coup. Qu'il mente encore ! Qu'il mente parce que Ruki se sentait de plus en plus isolé dans cette situation.

    Aoi et lui se déchiraient littéralement et comme c'était Ruki qui réagissait violemment, les autres se rangeaient près du guitariste, compatissant, lui reprochant son attitude violente. Quand aux Dir, inutile de dire que leur chanteur venait de chuter dans son estime.

    Son tort ? Avoir accepté de succomber au charme du guitariste. Il le détestait pour l'avoir fait. Le détestait d'avoir trouvé ça si facile.

    - Ruki...

    Son nom, à demi murmuré demi gémit, comme si ça lui faisait mal juste de le prononcer donna un petit frisson désagréable au chanteur qui ne broncha toujours pas, regardant le brun s'approcher à sa hauteur.

    Si Aoi savait se faire félin dans ses actes de séduction, Ruki lui mimait parfaitement le chat furibond et prêt à sauter à la gorge de quiconque tendrait une main dans sa direction. Il était toute griffe dehors présentement et Aoi devait être fou ou aveugle pour se mettre si prêt.

    - Je suis désolé... J'aurais du savoir... que je ne pourrais pas te remplacer.

    Finalement le brun n'avait pas du tout démentit alors. Il lui avouait que ce qu'il avait bien pu imaginer était tout à fait exacte. En même temps, s'aurait vraiment été se voiler la face que de croire autre chose...

    Le guitariste tremblait de toute sa hauteur tendis qu'il réprimait mal un sanglot qui faisait légèrement trembler sa voix habituellement si posée. En quelques jours, Aoi s'était métamorphosé. Ruki aussi. Et ni chez l'un ni chez l'autre le changement n'était réellement positif.

    Aoi devenait l'ombre de lui même pendant que Ruki se mettait à dos tout le monde, s'isolant dans une période ou au contraire il aurait eu besoin d'être soutenu.

    - Je suis infâme...

    Bien sûr qu'il était ! C'était un infâme petit menteur ! Et aussi...! Et aussi...! Une marie couche toi là, se vautrant dans le lit du premier venu ! Dire que Ruki avait également faillit faire partit de cette étrange collection qu'avait commencé Aoi... Jamais il ne l'aurais imaginé. Le chanteur portait bien trop d'estime au guitariste pour ça. Du moins avant...

    Le sanglot finit par échapper aux lèvres tremblantes mais pas moins invitantes. Pourtant, bien qu'il ne fut pas un coeur de pierre, Ruki ne broncha pas. Il hésitait, encore. Peut être l'émotion évidente d'Aoi ajoutait elle à ses démons personnels.

    - Excuse-moi, Ruki...

    Le regard de Ruki était perdu dans le vague, un peu comme s'il s'était soudainement déconnecté. Pourtant, lorsqu'il sentit les doigts d'Aoi passait si près de sa joue, il se reconnecta brutalement.

    - "Ne me touche pas !"

    D'un revers de main il avait dégagé celle d'Aoi et de l'autre, il l'avait giflé avec beaucoup de violence.

    Son bras retomba le long de son corps alors qu'il fixait, légèrement incrédule, Aoi qui sous l'impacte avait reculé de quelques pas.
    Ruki tremblait comme une feuille en automne. Ses genoux fléchissaient très légèrement, signalant qu'il allait bientôt s'effondrer s'il ne bougeait pas.

    Il inspira plusieurs fois à pleins poumons.

    - "Je ne suis pas un de tes jouets..."

    Faisant quelques pas en arrière il porta une main à ses tempes douloureuses :

    - "Je ne suis pas Kyo."

    sa voix s'étrangla à ce moment là, laissant filtrer pour la première fois autre émotion que la colère. Cette gifle cinglante l'avait libéré d'elle pour quelques instants.

    - "Et je ne te pardonne pas..."

    Et sans attendre, il se détourna, se mettant à courir en direction de l'ascenseur direction... Direction n'importe où sauf ici.
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Aoi
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MessageSujet: Re: 5. Painful Morning   Ven 11 Déc - 22:44

    - Ne me touche pas !

    Aoi avait à peine eu le temps de réaliser ce qui se passait qu'un bruit fracassant parvint à ses oreilles. C'est seulement une fois qu'il eu entendu ce bruit qu'il réalisa que Ruki venait tout juste de le gifler. Il recula de plusieurs pas, sous le choc, la tête toujours légèrement tournée dans la trajectoire qu'elle avait suivit après l'impact.

    Malgré l'étrange picotement ressentit sur sa peau, Aoi avait encore du mal à réaliser ce qui s'était passé. Il avait l'impression que le temps s'était figé, tout bêtement. Ruki avait levé la main sur lui.. Ruki l'avait frappé. Lentement, Aoi tourna la tête vers le petit blond, hébété et blessé.


    - Qu'est-ce que tu es devenu...?

    Un murmure, mais qui voulait tout dire. Ruki n'était pas violent, pas comme ça. Hors, à présent, l'homme qui se tenait devant lui débordait de rage et de violence. Aoi fit un nouveau pas vers l'arrière. D'une main, il tenait encore son peignoir fermé. L'autre, quant à elle, était posée sur sa joue.

    - Je ne suis pas un de tes jouets... Je ne suis pas Kyo.

    Bon sang, mais il l'avait bel et bien compris, ça ! Aoi laissa échapper un sanglot en posant à nouveau sa main sur la poignée de la porte de Kyo, mais cette fois, seulement pour reprendre son équilibre. Ses jambes tremblaient, menaçant de l'abandonner à tout moment.

    Ses joues étaient humides, les larmes perlant abondamment de ses yeux. Ruki ne semblait toutefois pas les voir, tourné vers son propre malheur. Mais, n'était-ce pas là ce que Aoi faisait aussi ? Ils n'avanceraient probablement jamais de cette manière, mais présentement, cette constatation n'effleurait pas l'esprit d'Aoi. Il avait l'impression d'avoir trahit le jeune homme et ça, il ne pourrait jamais se le pardonner.


    - Et je ne te pardonne pas...

    Aoi ferma les yeux alors que Ruki se dirigeait vers les ascenseurs. Il renifla en essuyant ses larmes grâce à l'une des manches de son peignoir. Il entendit des pas en arrière de la porte, mais rien de plus. Kyo avait probablement entendu des cris...

    - Je vais bien...

    Tout dans la voix d'Aoi disait le contraire, mais il entendit tout de même les pas s'éloigner. Le guitariste soupira de soulagement. Il ne tenait vraiment pas à avoir une petite discussion de ce genre avec Kyo. En fait, il ne tenait pas non plus à le revoir pour l'instant.

    Le Japonais se redressa et, sans demander son reste, se dirigea rapidement vers sa chambre. Les autres allaient bientôt se lever et il ne voulait voir personne. Tout ce qu'il voulait, c'était rester enfermé dans sa chambre... et c'est exactement ce qu'il ferait.
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5. Painful Morning

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